D’après un exposé d’Emmanuelle Tixier du Mesnil, professeure d’histoire médiévale à l’université Paris-Nanterre.

La main de Fatma est un bijou symbolique présent essentiellement au Maghreb. Il n’aurait rien à voir avec Fatima, la fille de Mahomet.
Son nom est d’origine coloniale. Les colons français qui ont occupé l’Algérie après 1830 lui ont donné ce nom. Pour eux, toutes les femmes, berbères ou arabes, s’appelaient « Fatma ». En arabe, on appelle ce symbole la khamsa (ce qui signifie le chiffre cinq) et il représente la protection contre le mauvais œil, celle qui s’étend plus particulièrement sur les femmes, notamment enceintes, et les enfants.
D’où vient ce symbole ? Est-il universel ?
On ne connaît pas l’origine du symbole. On retrouve des mains protectrices sur des ex-voto dans la synagogue de Doura Europos en Syrie et sur les stèles de Tanit, déesse de Carthage.

La khamsa n’est pas propre à l’islam, elle est portée par des juives et des chrétiennes.

Mais il semble que son aire de propagation soit le Maghreb. On ne retrouve pas ce symbole dans l’est de l’islam, en Asie. Les rigoristes considèrent la main de Fatma comme une superstition interdite aux croyants.
En Israël, les juives qui portent ce bijou sont originaires du Maghreb, ce sont des juives séfarades.
Que représente-t-elle ?
Pour interpréter ce symbole, on ne peut se fier qu’à la tradition.
Les cinq doigts de cette main symbolisent pour certains les cinq piliers de l’Islam :
- la profession de foi (il n’y a nulle autre divinité qu’Allah),
- la prière rituelle,
- l’aumône (la zakât),
- le jeûne (du mois de Ramadan)
- et le pèlerinage.
Ils pourraient également figurer les cinq membres de la famille du Prophète :
- Mohammed,
- sa fille Fatima,
- son genre Ali – 4e calife –
- et leurs deux fils, Hassan et Hussein.
Au Proche-Orient, ce n’est que dans les pays à majorité chiite, une voie de l’islam qui confère une place centrale à cette famille que l’on trouve la khamsa.

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