L’arche d’alliance

Cet artefact n’est mentionné que dans la Bible. Je vais donc citer abondamment le texte de cet ouvrage. Je tiens à rappeler que la Bible n’est pas un récit historique. Elle reprend l’ensemble des légendes et des mythes fondateurs constituant le patrimoine culturel des juifs. Dans cet article, il va surtout être question de l’Exode qui, sous la conduite de Moïse, a mené les Hébreux de l’esclavage en Egypte à la terre promise : Canaan… après une errance de 40 ans dans le désert !
On peut se référer à trois articles pour approfondir ce sujet :

Moïse rencontre Dieu

Lors de traversée du désert, Moïse rencontre Dieu (YHWH) au sommet d’une montagne. Durant 40 jours et 40 nuits, Dieu lui donne des instructions pour la construction d’un ensemble d’objets sacrés, dont l’arche d’alliance, sanctuaire où il pourra résider parmi son peuple (Ex. 25, 8). Il décrit, de façon très précise, les objets nécessaires aux cérémonies, les rites, les habits des prêtres, les sacrifices, etc… cette longue description occupe les chapitres 25 à 31 du livre de l’Exode. A la fin de l’entrevue, Dieu remet à Moïse deux tables « du témoignage« , tables de pierre écrites de son doigt (Ex. 30, 18). On n’en sait pas plus, elles contiendraient la loi, les dix commandements. Remarquons que ce ne sont pas moins de 248 obligations et 365 interdits qui constituent la Loi d’après certains rabbins… mais personne n’arrive à ce nombre en décortiquant la Bible.
A son retour au camp de base, Moïse a la désagréable surprise d’assister à une orgie : les Hébreux ont construit un veau d’or qu’ils honorent par des chants et des danses. De rage, Moïse brise les deux tables de pierre que Dieu lui avait remises, en témoignage de leur rencontre (Ex. 32, 19).

Après avoir détruit l’idole et massacré 3000 Hébreux, Moïse retourne sur la montagne où Dieu l’attendait. Dieu pardonne et Moïse redescend avec deux nouvelles tables sur lesquelles il a écrit lui-même « les paroles de l’alliance, les dix paroles » (Ex. 34, 29). Ce sont les termes du « contrat » entre Dieu et son peuple.

La construction de l’arche
Reconstitution de l’arche d’alliance

Les objets du culte peuvent alors être fabriqués. L’arche mesurait 125 cm sur 75. Elle était faite de bois d’acacia, recouverte d’or à l’intérieur et à l’extérieur. Son couverte était orné de deux chérubins se faisant face : « c’est entre les deux chérubins qui sont sur l’arche du Témoignage que je donnerai mes ordres pour les Israélites ». (Ex. 25, 22)
Le mot chérubins ne doit pas nous induire en erreur, ce ne sont pas des angelots. Si en hébreu, l’expression signifie « ceux qui communiquent », en Assyrie, c’étaient des taureaux ailés à tête humaine.

L’arche va maintenant accompagner les Hébreux dans leur longue marche vers Canaan. On y enferme les tables de pierre rapportées par Moïse. Lors des étapes, elle est déposée sous une tente, mais pas n’importe quelle tente. Elle est soutenue par des colonnes de bois d’acacia plaqué d’or. Les trois couches de toile qui la recouvre sont posées sur des murs en bois d’acacia maintenus par des socles d’argent. La tente, appelée « tabernacle » dans la traduction latine de la Bible, est entourée d’une palissade pour délimiter l’aire sacrée, accessible uniquement aux officiants choisis dans la tribu de Levi (les lévites).

On peut s’étonner que des anciens esclaves disposent de tant d’or et d’argent, en plein désert. La Bible répond à cette légitime interrogation. Alors que YHWH a dévasté l’Égypte par les pires catastrophes, les Hébreux « demandèrent aux Égyptiens des objets d’argent, des objets d’or et des vêtements. YHWH fit que le peuple trouvât grâce aux yeux des Égyptiens qui les leur prêtèrent. Ils dépouillèrent ainsi les Égyptiens » (Ex. 15, 35-36).

L’arche précède les armées lorsque les Hébreux partent conquérir Canaan. Puis la Bible va rester muette sur la destinée de l’arche jusqu’à la création de la royauté deux ou trois siècles après l’installation des tribus en terre promise. Je rappelle que rien dans ces récits n’est corroboré par l’Histoire ou les recherches archéologiques.

Le temple de Salomon accueille l’arche

L’arche ressort de sa résidence à Silo pour, de nouveau, suivre les armées du roi David. Lors d’une défaite des Hébreux, elle sera même capturée par les Philistins qui, constatant les malheurs qu’elle apportait, la rendirent aux Hébreux. Il est vrai que quiconque la fixait ou la touchait était frappé de mort à l’exception des lévites.

Un jour qu’il résidait à Jérusalem qu’il venait de prendre aux Jébuséens, David s’étonna, devant le prophète Nathan, d’habiter une maison de cèdre alors que Dieu (dans son arche) habitait une tente de toile (Samuel livre 2 : 7, 2). Il fut donc décidé, sur l’ordre de Dieu consulté par le prophète, de construire une maison de cèdre pour abriter l’arche. Ce n’est pas à David que reviendra cet honneur, mais à son fils Salomon (-970 à -931). Un temple fut donc bâti qui accueillit l’arche. Ce temple comportait trois pièces : le vestibule, la salle principale contenant le chandelier à 7 branches, une table sur laquelle 12 pains étaient disposés et un autel à encens (d’après Flavius Josèphe, la Guerre des Juifs, livre 5). La dernière pièce était le Saint du saint, il contenait l’arche, c’était la demeure de Dieu (voir mon article : du temple à l’église).

L’arche disparaît

Une fois installée dans le temple, l’arche disparaît… du texte biblique. Le temple sera détruit par les Babyloniens de Nabuchodonosor en 586 avant notre ère. Le second livre des Rois donne la liste des objets emportés par les Chaldéens (25, 13-17), mais pas de trace de l’arche. Lorsque le temple fut rebâti en -515, le Saint du Saint resta vide. Ni le grec Antiochus en -143, qui a emporté tout ce qui était or ou argent, ni Pompée en -63, qui profana le temple, n’ont parlé de l’arche. Pompée s’est même étonné du vide qui régnait dans le temple.

Où se cache-t-elle ?

Le second Livre des Macchabées au IIe siècle avant notre ère (qui n’est pas un livre canonique juif, mais bien chrétien) raconte que le prophète Jérémie, contemporain de la prise de Jérusalem par le Chaldéen Nabuchodonosor, emmena les objets du culte et les cacha dans une grotte du mont Nébo (actuellement en Jordanie), là où était mort Moïse. Mais la grotte se referma et personne ne connaît plus son emplacement.

Le Talmud de Jérusalem affirme que l’arche a été enfouie sous le temple par le roi Josias (-640 à -609). On se demande bien pourquoi. C’était le plus pieux des rois de Juda. Un autre passage du même Talmud nous dit que Jérémie l’aurait enterrée sous un magasin de bois.

En fait, l’arche aurait quitté le temple de Salomon bien plutôt… d’après une tradition éthiopienne. Salomon aurait fait don de l’arche à la reine de Saba dont il aurait eu un fils, Ménélik. L’arche serait dans l’église Myriam Seyon a Aksoum… mais personne ne peut la voir.

Conclusions

Est-ce que cet artefact a existé ou est-ce une légende ? Et si on changeait de point de vue ?
A la même époque, les peuples de la région (Proche Orient), les Phéniciens, les Nabatéens de Pétra, les Bédouins des déserts étaient accompagnés dans leurs déplacements par une pierre, où résidait l’esprit de leur dieu. Cette pierre s’appelle bétyle en français, mot venant de l’hébreu Beth El, la maison de Dieu. Les nomades adorent leur dieu à travers ce bétyle, les sédentaires lui construisent un temple.

Et si l’arche était un coffre dans lequel des Hébreux transportaient leur bétyle lorsqu’ils étaient nomades. Le texte biblique parle bien de « pierre de témoignage » et de « maison de Dieu« . Lorsque les Hébreux se sont sédentarisés, le temple a remplacé le bétyle. Il est donc normal que l’arche disparaisse du texte biblique lorsque Salomon la dépose dans le temple. Elle a terminé sa mission, Dieu a une nouvelle demeure.

On constate le même transfert dans l’islam. Les bétyles que les Bédouins transportaient lorsqu’ils venaient en pèlerinage à La Mecque ont été remplacé, une fois que l’islam s’est imposé, par un seul bétyle, la pierre noire, encastrée dans la Kaaba. Était-ce le bétyle de la tribu de Mahomet ? Umar, le deuxième calife aurait déclaré : « Si je n’avais pas vu le Prophète le faire (embrasser la pierre), jamais je ne l’aurais fait« .

Curiosité

Certains la cherchent, d’autres expliquent sa puissance : Robert Charroux (1909-1978), adepte de l’archéologie mystérieuse, y voit un générateur électrique de 500 à 700 volts, d’autres en ont fait un moyen de communiquer avec Dieu, les chérubins faisant office de haut-parleurs, c’est en effet ce qu’explique la Bible.

Du temple à l’église

Cet article a été inspiré par le dossier spécial paru dans La Monde de la Bible » n° 233 d’août 2020.

Le(s) temple(s) de Jérusalem

Au début du premier siècle de notre ère, les Judéens, les juifs de la diaspora et les étrangers, Grecs ou Romains, s’émerveillaient devant l’édification du nouveau temple de Jérusalem. Ces travaux avaient été décidés, en 20 avant notre ère, par le roi Hérode. Hérode, surnommé le Grand, à cause des travaux gigantesques qu’il a entrepris (villes, forteresses, palais). Il était Iduméen, c’est à dire Arabe. Sa famille avait été convertie de force quelques décennies auparavant. Il respectait néanmoins les convictions de ses sujets.

En y regardant de plus près, le temple était de dimensions modestes. C’est son environnement, l’esplanade, les murs de soutènement et les escaliers monumentaux qui lui donnait sa grandeur.

Le temple proprement dite est la bâtisse cubique qui émerge

En fait, le temple n’était pas accessible aux fidèles, seuls les prêtres y pénétraient et le saint des saints, la dernière chambre, où résidait l’esprit de Dieu, n’était visitée qu’une fois l’an par le grand prêtre, lors de la fête du Yon Kippour, le Grand Pardon, lorsqu’il venait demander grâce à Dieu pour les fautes d’Israël. Elle était accessible par un escalier et dissimulée par un voile. C’est le temple égyptien qui lui a servi de modèle : les fidèles restaient à l’extérieur du temple, dont la dernière salle, obscure et basse, contenait la statue du dieu que personne ne pouvait voir, exceptés les prêtres. Lors de la procession du dieu sur le Nil, sa statue était recouverte d’une pièce d’étoffe, le dissimulant aux regards de la foule. Faut-il y voir l’origine de la non représentation de YHWH… à une période récente, car les archéologues découvrent, encore aujourd’hui, des statues du dieu et de « son » Ashéra, une déesse cananéenne ?

Le temple embelli par Hérode est le second temple, inauguré en 516 avant notre ère. Le premier temple qui aurait été construit par Salomon (-970 à -931), le fils du roi David, a été détruit en 586 avant notre ère par les Babyloniens de Nabuchodonosor. Ce temple est décrit dans les moindres détails dans le premier Livre des Rois de l’Ancien Testament. Le roi phénicien de Tyr a envoyé à Salomon, un spécialiste du bronze, Hiram, qui s’occupera de la décoration. La construction du temple aurait occupé des milliers d’ouvriers pendant sept ans.

Les deux colonnes à l’entrée du premier temple ont pour nom Jakin et Boaz

Les archéologues n’ont retrouvé aucun vestige de ce temple. Ce qui n’est pas étrange en soi, Jérusalem a été maintes fois détruite et reconstruite. Mais ce qui est troublant, c’est qu’on retrouve des traces de la ville des Jébuséens, qui occupaient le site avant les Hébreux. Un autre problème se pose : la densité de population au temps de Salomon. Pour les historiens, Jérusalem n’aurait compté que 1500 habitants à cette époque répartis sur 6 hectares et l’ensemble d’Israël, pas plus de 40.000 dont 5.000 dans la région de Jérusalem (territoire de Juda). Où trouver les 153.000 d’ouvriers dont parle la Bible ? Le Coran répond à cette question dans les versets 12 et 13 de la sourate 34, qui fait référence, entre autres, à un bassin de bronze de 4,40 m de diamètre (appelé la « mer d’airain ») qui trônait devant le temple :

« … Certains djinns (NB : des êtres de feu) travaillaient sous ses ordres avec la permission de son Seigneur. Et nous aurions voué au supplice du brasier (NB : ?) quiconque parmi eux se serait éloigné de notre ordre. Ils fabriquaient pour lui tout ce qu’il (NB : Salomon) désirait : des palais, des statues, des plateaux comme des marmites bien ancrées. Ô famille de David, œuvrez par gratitude… »

Le temple et la franc-maçonnerie

La franc-maçonnerie est très influencée par la symbolique du temple de Salomon. Outre les deux colonnes Jakin et Boaz qui décorent la plupart des temples maçonniques, la légende d’Hiram, fils d’une veuve, qui est devenu, pour les francs-maçons, le maître d’oeuvre du temple préside aux rites de passage au grade de maître.

Temple maçonnique. A l’avant-plan les deux colonnes Jakin et Boaz
Le temple et les premiers chrétiens

Jésus aurait connu le temple de Jérusalem en construction. Celui-ci a été inauguré en 63… sept ans avant sa destruction par les armées romaines (voir mon article sur la destruction du temple). Dans les évangiles, les parents de Jésus le présentent au temple, qui a toujours été accessible, pour racheter leur premier né. Le rachat est fixé à un pigeon et un agneau pour l’holocauste. Or Joseph et Marie ne sacrifient que deux pigeons, ce qui était toléré pour les familles pauvres ( Lévitique 12, 6-8).

Plus tard, si Jésus se rend au temple, ce n’est ni pour prier, ni pour sacrifier. Il enseigne ou sème la pagaille (voir mon article sur le procès de Jésus). L’Évangile de Jean (4, 20-24) fait même dire à Jésus lors de sa rencontre avec une samaritaine :

Croyez-moi, femme, l’heure vient où ce n’est ni sur cette montagne (NB : le mont Garizim, sacré pour les samaritains) ni à Jérusalem que vous adorerez le Père… Mais l’heure vient, elle est là, où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité : tels sont en effet les adorateurs que cherche le Père. Dieu est esprit et c’est pourquoi ceux qui l’adorent doivent adorer en esprit et en vérité.

Par contre, les Actes des Apôtres, autre livre du Nouveau Testament, nous montrent les apôtres Pierre et Jean se rendre fréquemment au temple pour prier, après la mort de Jésus. Jacques, frère de Jésus, aurait eu des cals aux genoux à force de prier. Il se rendait tous les jours au temple nous dit Flavius Josèphe.

Aux premiers temps du christianisme

Comment les premiers chrétiens honorent-ils Dieu ? Nous connaissons leurs pratiques grâce au Didachè (l’enseignement), un petit livre de la fin du Ier siècle sous-titré « Doctrine du Seigneur transmise aux nations par les douze apôtres ». Ce livre a été (re)découvert en 1873.

Les chrétiens se réunissaient dans des maisons privées ou des synagogues s’ils restaient juifs. La réunion commençait par des confessions spontanées. Suivait une prière, à réciter trois fois par jour : le « Notre Père« . On enchaînait par l’Eucharistie (qui signifie « action de grâce »), appelé aussi la « communion« . Les fidèles buvaient tout d’abord le vin en récitant une prière « Nous te rendons grâce, ô notre Père, pour la sainte vigne de David… » puis partageaient le pain : « Nous te rendons grâce, …, pour la vie et la science… ». L’Eucharistie était un repas en soi, le Didachè poursuit par : « Après vous être rassasiés, rendez grâce ainsi…« . Le repas se terminait par « Maran Atha, amen » : Seigneur vient, qu’il en soit ainsi. On écoutait ensuite les prophètes, s’il s’en trouvait un dans l’assemblée. Un prophète était une personne qui portait la parole de Dieu.
Le mot « église » vient de « ekklesia« , l’assemblée en grec.

Il n’y a donc pas de hiérarchie parmi les premiers chrétiens. L’assemblée est dirigée par un ancien, le presbytre (presbuteros). La bonne tenue est assurée par le surveillant, l’évêque (episcopos). Comme on le voit, la religion s’est développée, non pas dans le monde juif, mais grec.

Les premières églises (bâtiments)

On a l’habitude de dire que les chrétiens persécutés dans l’Empire romain, se terraient et qu’il fallut attendre l’empereur Constantin (272-337) pour voir des églises s’ériger un peu partout suite à son édit de tolérance. Rien n’est plus faux. Les chrétiens vivaient au grand jour et fréquentaient des édifices publics (voir mes articles sur les martyrs). Ces édifices étaient construits sur le modèle des basiliques romaines, des lieux de rassemblement couverts, comme des marchés. On trouvait même des chrétiens parmi les conseillers des empereurs… persécuteurs.

Relisons deux chroniqueurs chrétiens qui ont abondamment documenté les persécutions de IVe siècle… dont ils sont sortis indemnes.

(Lactance : De la mort des persécuteurs de l’Eglise) … l’église de Nicomédie (NB : la capitale de l’Empire d’Orient avant la construction de Constantinople) est bâtie sur une éminence que l’on peut voir du palais. Ils disputaient entre eux s’ils feraient mettre le feu à l’édifice sacré. Mais l’opinion de Dioclétien (NB : l’empereur) prévalut, il eut peur que l’embrassement ne se communiquât à plusieurs grandes maisons qui étaient voisines de l’église et qu’ainsi une grande partie de la ville ne fût brûlée.

(Eusèbe : Histoire ecclésiastique, livre VIII – sous Dioclétien) : Tout cela s’est en effet passé à notre époque, quand nous avons vu de nos yeux les maisons de prière rasées et détruites de fond en comble, les divines et saintes écritures livrées au feu… (NB : Eusèbe était présent partout où l’on persécutait ????).

(Eusèbe : Histoire ecclésiastique, livre X – sous Constantin) : … on voyait les maisons de prière se relever de nouveau de leurs ruines, et monter à une hauteur sans limite et recevoir une splendeur plus grande que celles qui avaient autrefois été ravagées.

Constantin fit construire le Saint Sépulcre à Jérusalem (à gauche), sur les emplacements supposés du tombeau de Jésus et de son lieu de crucifixion. A Bethléem, il fit élever la Basilique de la Nativité (plan à droite) sur le lieu présumé de la naissance de Jésus. Il a choisi le version de l’évangile de Matthieu qui le fait naître dans une grotte au détriment de la version de Luc, qui faisait résider la famille de Jésus à Bethléem avant d’aller s’installer à Nazareth (voir mon article sur l’invraisemblable naissance de Jésus)

Le temps de reliques

Après le Ve siècle, les églises vont se multiplier un peu partout. Elles vont devenir le lieu de culte des saints qui sont des intercesseurs en liaison avec Dieu. » Pas de lieu de culte sans relique« . Un miracle et la fortune de l’église est assurée : des centaines de pèlerins vont converger vers elle. Si les saints (martyrs) manquent, comme en Gaule, on les invente : un moine a été tué lors de l’invasion des peuples germaniques, il devient le saint patron de la paroisse. Clotilde, la femme de Clovis est faite sainte, Sigismond, un roi burgonde assassiné par sa famille, vient compléter la galerie des saints. Des centres de distribution des reliques voient le jour. On n’hésite pas à puiser dans les catacombes, ces carrières qui avaient servi de cimetières aux siècles précédents.

L’église devient un lieu saint

Au IXe siècle, les églises sont sacralisées. La première célébration de l’Eucharistie en fait un édifice sacré. C’est à cette époque que les églises vont adopter un clocher dont l’origine est controversée : certains historiens y voient un emprunt aux minarets des mosquées.

Un nouveau miracle

Vers 1140, l’Eucharistie devient un miracle permanent. Le vin et le pain (l’hostie) se transforment réellement en sang et en corps du Christ, ce n’est pas un symbole, c’est réel. L’Eucharistie assure la présence réelle de Dieu lors des messes. Etre chrétiens, appartenir à l’Eglise, oblige de se rendre à l’église. De nombreuses « hérésies » s’élèveront contre ce nouvel acte de foi, dont l’hérésie cathare. Notons que de nos jours, le vin de messe (que seul le prêtre boit) est du vin blanc ! Plusieurs raisons sont évoquées :

  • Il ne tache pas les linges d’autel, généralement très coûteux, ni le linge pour essuyer le calice et réduit donc les frais d’entretien.
  • Il est plus facile à boire tôt le matin à jeun.
  • Il ne colore pas la barbe blanche des vieux prêtres, qui avaient souvent l’air de vampires au sortir de la messe.

Il me revient que le Vatican utilise toujours du vin rouge… italien comme il se doit.

Le Dôme du Rocher

Un voile de mystère entoure cet édifice parmi les plus photographiés au monde.
Qui l’a construit et quand ? Cette question peut paraître saugrenue dès lors que j’ai affirmé dans un article précédent qu’il était l’oeuvre du calife Abd al-Malik (685-705). Et pourtant un doute subsiste.
Quel est ce rocher que protège la coupole ?
Pourquoi a-t-il été construit ?
Quel était son aspect originel ?

Le Dôme du Rocher avec à l’arrière plan la coupole de la mosquée al-Aqsa.

Comme chacun le sait le Dôme du Rocher est situé à Jérusalem, sur l’Esplanade des Mosquées pour les musulmans, sur le Mont du Temple pour les juifs. Bien qu’étant à Jérusalem, l’esplanade est gérée par le WAQF, une fondation religieuse islamique contrôlée par la Jordanie. Ainsi, sans précaution archéologique, en 1999, le WAQF a déplacé 400 camions de déblais pour rénover la mosquée Marwan qui se trouve sous la mosquée al-Aqsa et les a versé dans la vallée du Cédron. Cinq ans plus tard, des archéologues ont entrepris des fouilles de sauvetage en analysant ces déblais. Des milliers d’objets retraçant l’histoire mouvementée du site ont ainsi pu être récupérés.
Depuis 1998, les visites du Dôme ont été « suspendues ».


Mosquée Marwan aussi appelée (à tort) les écuries du roi Salomon

Qui a construit le Dôme du Rocher ?

Les inscriptions sur les arcades ne laissent aucun doute, la date de l’inauguration est indiquée : 72. Cette année de l’ère musulmane correspond à 691/692 de notre ère, soit durant le règne d’Abd al-Malik. Alors pourquoi douter ? L’inscription porte également le nom du calife bâtisseur : al-Mamun (786-833). Que vient faire ce calife en 72 ? Si on considère comme date de départ du calendrier non pas la date de l’Hégire, mais la prise de pouvoir de la dynastie des Abbassides dont fait partie al-Mamun, on obtient 72 + 750 = 822… juste sous le règne de ce calife ! Mystère ? Non, usurpation, car sur l’inscription de la porte est (dont je parle plus bas), le même calife, al-Mamun, a fait graver la date de 216, soit 831/832 de notre ère.

Aucun pèlerin chrétien ayant visité Jérusalem ne mentionne le Dôme du Rocher donc ne permet de dater effectivement l’édifice. Néanmoins, on attribue sa construction à Abd al-Malik. Son fils Walid a fait construire la Mosquée al-Aqsa sur la même esplanade. Elle se situe sur le côté sud. Si le Dôme n’avait pas existé, il aurait centré la mosquée. De plus, depuis l’occupation de Jérusalem (Aélia à l’époque) par les Arabes en 638, l’édification d’un « temple » était projetée. Théodore, un contemporain de l’événement s’offusque que l’archidiacre Jean, marbrier de son état, se soit enrôlé pour la construction. En 670, un évêque franc, Arculfe, y voit lors d’un pèlerinage un édifice fait de planches et de poutres. A-t-il vu les échafaudages précédant la construction ?

Quelle est l’origine du Rocher ?

La signification de ce rocher a évolué au fil du temps. Au départ, il semble avoir été le rocher sur lequel Dieu s’est reposé avant de remonter au ciel. Ensuite, il fut la pierre sur laquelle Abraham s’apprêtait à sacrifier son fils Ibrahim, pour les musulmans, … ou Isaac, pour les juifs.


Le rocher à l’intérieur du Dôme

Les juifs ont emboîté le pas aux musulmans en changeant leurs traditions :

  • Ainsi, le rocher est devenu le « rocher de la fondation » qui se trouvait sous le saint des saints dans le temple… alors que ni les textes anciens, ni la Bible n’en parlent.
  • Et le mont sur lequel l’esplanade a été construite a été rebaptisé « Mont Moriah » car dans la Bible, c’est sur ce mont qu’Abraham a offert son fils Isaac en sacrifice… alors qu’à l’origine, ce mont s’appelait le Mont Sion, mentionné plusieurs fois dans la Bible. Ainsi dans le psaume 74 : « Souviens-toi de ce mont Sion où tu fixas ta résidence ! » . Le mont Sion a été « déplacé » vers une autre colline de Jérusalem !

Au IX° siècle, le rocher prend une tout autre signification : c’est l’endroit où Mahomet pris appui pour monter au ciel lors de sa visite nocturne à Jérusalem. La Sira nous conte cet événement : alors qu’il habitait La Mecque, Mahomet fut réveillé par l’ange Gabriel qui l’emmena la nuit vers Jérusalem sur le dos d’un animal fabuleux, Buraq, cheval à tête de femme, sorti tout droit de la mythologie perse. Cette légende a pour origine le verset 1 de la sourate 17 : « Gloire à celui qui a fait voyager de nuit son serviteur du lieu de prière sacré vers le lieu de prière éloigné dont nous avons béni l’enceinte pour lui montrer nos merveilles. » Ce verset ne parle ni de Mahomet, ni de Buraq, ni de l’ange Gabriel pas plus que de La Mecque ou de Jérusalem. On remarquera que la mosquée construite à Jérusalem s’appelle « Mosquée al-Aqsa » qui en arabe signifie « Mosquée éloignée »… le tour est joué !

Mais d’où vient cet amas rocheux ? Pour élucider le mystère, il nous faut remonter dans le temps.

Vers 515 avant notre ère, les Judéens, revenus d’exil de Babylone avec le consentement des Perses qui ont vaincu les Babyloniens (Chaldéens), construisent un temple à Jérusalem. En 63 avant notre ère, le général romain Pompée est à Jérusalem. Il est venu aider le protégé de Rome à conquérir le trône de Judée. Il pense que les juifs vénèrent une tête d’âne. Pour en avoir le cœur net, il profane le temple et dans le saint du saint, ne trouve rien. Il est vide. S’il avait vu un amas rocheux, il aurait pensé que les juifs vénéraient une pierre, comme les bédouins arabes qui se déplaçaient avec une pierre symbolisant la présence de leur dieu. Mais rien !

En l’an 19 avant notre ère, un autre protégé de Rome, le roi Hérode le Grand, entreprend de bâtir le plus grand temple de l’empire romain. Plus par vanité que par ferveur religieuse. Le temple reposera sur une plateforme de 480 mètres sur 280 construite sur le mont Sion (le mont du Temple). Les travaux dureront 82 ans. Soit dit en passant, si Jésus a été au temple à Jérusalem, il n’a pu le voir qu’en construction, celle-ci s’est achevée en 63 de notre ère… mais le service religieux n’avait jamais été interrompu. Dans le temple d’Hérode, toujours pas d’amas rocheux, mais une esplanade parfaitement plane.

Ce temple n’a pas fait la gloire de la Judée très longtemps. Suite à une révolte des Judéens, il est détruit par le futur empereur romain Titus en 70.
En 133-135, l’Histoire se répète, nouvelle révolte, nouvelles destructions. Mais cette fois, l’empereur Hadrien rase la ville et construit une ville romaine qu’il appellera Aelia Capitolina. Aelius est son nom de famille et il place la ville sous la protection de Jupiter Capitolin en lui consacrant un temple qu’il fait bâtit sur l’esplanade probablement avec les matériaux du temple juif. Le temple est consacré à Jupiter, Junon et Minerve. On ne voit pas pourquoi les Romains auraient laissé un amas rocheux dans leur temple.

Emplacement du temple de Jupiter projeté sur l’esplanade actuelle.

Au IV° siècle de notre ère, des fanatiques chrétiens détruisent le temple. Lors de l’arrivée des Arabes à Jérusalem, l’esplanade est considérée comme un dépotoir, c’est ce que nous disent Théodore, un contemporain, ainsi que les chroniqueurs musulmans : Tabari (IX°s) (« Dieu a envoyé un prophète sur la décharge publique… ») et al-Bahri (XI°s) (« A cette époque, c’était une décharge publique »).

Que peut-on déduire de l’origine de ce « rocher » ? Il est très probable que ce soit les ruines du temple romain, lui-même construit avec les restes du temple juif.

Pourquoi l’édifice a-t-il été construit ?

On n’a pas de document d’époque décrivant l’usage de cet édifice. On sait que ce n’est par une mosquée : une grotte a été creusée sous le bâtiment pour servir de lieu de prière. Mais cette grotte n’est pas d’origine. Au X° siècle, un auteur musulman, al-Yaqubi prétend que le Dôme du Rocher devait remplacer la Kaaba à La Mecque comme lieu de pèlerinage, car à cette époque, La Mecque était aux mains de l’anti-calife al-Zubayr.

C’était très probablement un lieu de pèlerinage, mais pas comme celui de La Mecque, avec un cérémonial bien défini, mais un lieu de pèlerinage comme le Saint Sépulcre que les chrétiens visitent en se recueillant. Il faut se replacer dans le temps. L’islam n’est pas encore la religion formatée et rigide qu’elle deviendra à partir de la seconde moitié du IX° siècle : les hadiths (les paroles du Prophète) n’existent pas, pas plus que la charia et les cinq piliers de l’islam. C’est une religion en devenir, qui se cherche. C’est la religion d’Abraham, qui a donné naissance au judaïsme et au christianisme, mais quelle forme lui donner… elle n’a pas de clergé. A ce moment de l’histoire, cette nouvelle religion aurait pu prendre le même chemin que le mormonisme qui est devenu l’Eglise de Jésus-Christ des saints des derniers jours, née en 1830. C’est une religion, basée sur la Bible, révélée par le livre d’un prophète : Mormon (personnage mythique ayant vécu de 311 à 385… aux Etats-Unis).

Le pèlerinage à La Mecque qui attire des centaines de milliers de musulmans est un phénomène très récent qui date de la prise de pouvoir de la famille Séoud conseillée par les religieux wahhabites vers 1930. A cette époque on ne dénombrait que 50.000 pèlerins par an. C’est le voyage par avion qui a drainé les foules.

La Mecque est probablement un lieu de pèlerinage très ancien, fréquenté par les bédouins qui venaient implorer leurs dieux leur réclamant de l’eau. A La Mecque ? Cette cuvette aride ! A certaines périodes, des pluies torrentielles dans les montagnes environnantes inondent la cuvette. En 1630, la Kaaba fut emportée par les flots. Encore aujourd’hui, les pèlerins doivent dévaler en courant la colline d’Arafa vers la plaine de Mina pour simuler le flux des eaux. La dernière inondation date de 2014. En 2018, une tempête perturba le pèlerinage, le voile couvrant l’édifice s’envola. Vu les travaux d’infrastructure, les inondations sont de plus en plus fréquentes malgré les aménagements et le drainage.

Inondations de 1941

La Kaaba est donc un édifice pré-islamique qui servait probablement à entreposer les bétyles symboliques des bédouins. La Sira ne rapporte-t-elle pas que Mahomet y détruisit 360 idoles ?

En conséquence, le Dôme du Rocher n’est pas un édifice à la gloire de l’islam, mais est destiné aux chrétiens « orthodoxes » pour leur montrer leurs erreurs. Le dogme du christianisme actuel dit nicéen ou chalcédonien a été défini aux conciles de Nicée (325) et de Chalcédoine (451) : il n’y a qu’un seul dieu, mais il y a trois personnes en Dieu de même « substance » et qui n’ont pas été créés : le Père, le Fils et le Saint-esprit. Une de ces personnes, Jésus (le fils) a deux natures, l’une divine et l’autre humaine, chaque nature a sa propre volonté. Les Arabes de Syrie s’opposaient à ces arguties byzantines. Les inscriptions originelles du Dôme le prouvent. Voici la traduction de toutes ces inscriptions. Notez que rien n’est typiquement musulman dans ces textes, sauf la mention du prophète Mahomet, mis sur le même pied que Jésus.

Sur la face interne des arcades (face au rocher) sur 240 mètres :
Au nom de Dieu, le miséricordieux, le compatissant, il n’y a d’autre dieu que Dieu. Il est UN. Il n’a pas d’associé. A lui appartient la souveraineté et à lui la louange. Il donne la vie et donne la mort. Il a le pouvoir sur toute chose. Mahomet est le serviteur de Dieu et son messager. Dieu et ses anges déversent des bénédictions sur le prophète. O vous qui croyez, demandez des bénédictions sur lui et saluez-le dignement. Que dieu le bénisse et que la paix soit sur lui. O gens du livre, n’exagère pas ta religion, ne dit rien sur Dieu sauf la vérité. Le Messie Jésus (ou Jésus-Christ), fils de Marie, n’était qu’un messager de Dieu, c’était sa parole qu’il a transmise par Marie et son esprit. Alors, croyez en Dieu et en ses messagers, et ne dites pas TROIS. Cessez, c’est mieux pour vous. Loin de sa transcendance d’avoir un fils, il a tout ce qui est dans les cieux et sur la terre. Dieu se suffit. Jésus se contente d’être un serviteur de Dieu, comme les anges. Oh mon Dieu, bénis ton messager et ton serviteur Jésus, fils de Marie. La paix soit sur lui, le jour de sa naissance, le jour de sa mort et le jour où il ressuscitera. Tel était Jésus, fils de Marie, la vérité dont ils doutent. Il ne convient pas de donner à Dieu un fils. Gloire à lui. Dieu est mon seigneur et ton seigneur, alors sers-le.
Remarques : pour les musulmans, contrairement au texte, Jésus n’est pas mort, il est monté directement au ciel d’où il reviendra pour le jugement dernier. L’inscription parle du Messie Jésus, alors que pour les musulmans, il n’en est pas un. Est-ce une mauvaise traduction de Jésus-Christ ?
Le texte comporte des signes diacritiques ce qui prouve que la langue arabe était finalisée à la fin du VII° siècle.

Sur la face externe des arcades :
(1) Au nom de Dieu, le miséricordieux, le compatissant, il n’y a d’autre dieu que Dieu. Il est UN. Il n’a pas d’associé. Il est Dieu, UN, l’éternel, il n’a pas été engendré, il n’a pas engendré. Il est incomparable. Mahomet est le message de Dieu, que la bénédiction de Dieu soit sur lui. (2) Au nom de Dieu, le miséricordieux, le compatissant, il n’y a d’autre dieu que Dieu. Il est UN. Il n’a pas d’associé. Mahomet est le messager de Dieu. Dieu et ses anges déversent des bénédictions sur le prophète. O vous qui croyez, demandez sa bénédiction et saluez-le dignement. (3) Au nom de Dieu, le miséricordieux, le compatissant, il n’y a d’autre dieu que Dieu. Louange à Dieu qui n’a pas de fils, ni de partenaire, ni de protecteur. Louez-le avec magnificence. Mahomet est le messager de Dieu, que Dieu le bénisse ainsi que les anges et les prophètes. Que la paix soit sur lui, que Dieu ait pitié de nous. (4) Au nom de Dieu, le miséricordieux, le compatissant, il n’y a d’autre dieu que Dieu. Il est UN. Il n’a pas d’associé. A lui la souveraineté et les louanges. Il donne la vie et la mort. Il a le pouvoir sur toute chose. Mahomet est le messager de Dieu, que Dieu le bénisse. Qu’il intercède lors du jugement dernier pour son peuple. (5) Au nom de Dieu, le miséricordieux, le compatissant, il n’y a d’autre dieu que Dieu. Il est UN. Il n’a pas d’associé. Mahomet est le messager de Dieu, que Dieu le bénisse. Le dôme a été construit par le serviteur de Dieu (= Abdullah) al-Mamun, commandeur des croyants, en l’an 72. Que Dieu l’accepte de lui et en soit content. Amen, Seigneur des mondes, Dieu soit loué.
Remarques : c’est volontairement que le même texte se répète plusieurs fois, car si les inscriptions intérieures se voient en un coup d’œil, celles des arcades extérieures ne sont visibles qu’au fur et à mesure que l’on se déplace dans le déambulatoire. Comme il y a plusieurs portes d’entrée, on ne sait pas où commence le texte.
L’arabe s’écrit de droite à gauche, sauf les nombres. 72 n’est pas écrit 27.

Inscriptions de l’entrée est

Inscriptions sur plaque de cuivre de l’entrée est :
Au nom de Dieu, le miséricordieux, le compatissant. Louange au vrai Dieu, le vivant, l’éternel, maître des cieux et de la terre, lumière des cieux et de la terre, pilier des cieux et de la terre, l’UN, l’éternel. Il n’a pas engendré et n’a pas été engendré. Personne ne peut se comparer à sa gloire. Dieu donne la vie à qui il veux, il la retire s’il veut. Gloire à Dieu, le miséricordieux, le compatissant… Bénis Mahomet ton serviteur, ton prophète, accepte qu’il intercède en faveur de ton peuple, qu’il soit béni et que la paix soit sur lui. Que Dieu préserve la vie d’Abdullah al-Mamun, commandeur des croyants, frère du commandeur des croyants Abu Ishaq, fils du commandeur des croyants al-Rashid. Que Dieu lui donne longue vie. Ce travail a été effectué par Salih ben Yahua, affranchi du commandeur des croyants dans le mois de rabi al-Akhir de l’année 216.
Remarques : la facture de l’inscription est plus grossière. La plaque a été posée à la demande d’al-Mamun mais Dieu n’a pas exaucé sa demande de longévité, il s’éteint en 218 de l’ère musulmane.

Inscriptions sur plaque de cuivre de l’entrée nord :
La plaque du portail nord porte des inscriptions identiques, mais elles ne sont pas signée.

Quel était son aspect originel ?

Il est fort probable que l’intérieur ait été conservé tel quel malgré quelques restaurations. Par contre, l’extérieur a été embelli à l’époque ottomane. Ainsi, des émaux et des inscriptions ont été ajoutées, elles sont l’oeuvre d’artisans émailleurs du quartier arménien de Jérusalem (sud-ouest) au XVI° siècle. Le toit, en feuille d’or, ne semble pas originel. Sur les peintures du XIX° et du XX° siècle, il est tantôt doré, tantôt gris. Quoiqu’il en soit, il a été restauré en 1994.