La civilisation judéo-chrétienne n’a jamais existé !

D’après le livre de l’historienne et chercheuse franco-tunisienne Sophie Bessis : La civilisation judéo-chrétienne : Anatomie d’une imposture, paru en 2025.
Dans cet ouvrage, l’auteur déconstruit le concept de « civilisation judéo-chrétienne », le qualifiant de mythe récent, de construction politique et d’« extraordinaire trouvaille sémantique ».
Elle soutient que cette formule, devenue omniprésente et hégémonique dans le discours public occidental depuis les années 1980, sert avant tout des objectifs idéologiques de réécriture historique et d’exclusion.

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L’invention de Satan

Actuellement (jusqu’au 8 novembre 2026) se tient au musée Thomas-Henry à Cherbourg, une exposition consacrée à l’Ange de la révolte, Satan dans les arts au XIXe siècle.
C’est l’occasion de se pencher sur la vision du bien et du mal dans la Bible.
J’ai déjà traite du mal dans la Bible dans les articles : Dieu, Satan et le Mal et Satan. Je vais donner un autre éclairage sur le sujet en retraçant la génèse du personnage de Satan.

Au XIXe siècle, les artistes vont illustrer les deux facettes de Satan.
Satan est tantôt vu comme l’adversaire de Dieu, le mal absolu, un personnage nécessaire pour effrayer l’Homme. C’est le tentateur qui écarte le fidèle du droit chemin, qui l’éloigne de l’obéissance au dogme.
Tantôt c’est un Prométhée « moderne », enseignant l’Homme et l’éloignant des dieux cruels et jaloux.

L’ange déchu par Alexandre Cabanel

Que lisons-nous dans l’Ancien Testament, la Bible hébraïque, la TNK (Tanak) .

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Polémique sur l’âge du mariage dans le Talmud

J’ai déjà consacré un article au scandale provoqué au Moyen Âge par le Talmud dans sa représentation de Jésus, magicien bâtard né de l’adultère, qui croupit en enfer dans des excréments. Cela n’a pas empêché Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne, de déclarer que les valeurs de l’Europe ont été puisées dans le Talmud (voir l’article et le discours). Ou l’art de parler sans connaître son sujet.

Il ne parlera pas de Jésus, mais d’un autre sujet scabreux : dans le traité Niddah 44 du Talmud, on y lit : « Une fille âgée de trois ans et un jour peut être acquise par relation sexuelle. »

C’est brutal. Quel est le sens de cette affirmation ?

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Mahomet et Aïcha

Aïcha est l’une des nombreuses femmes de Mahomet (voir). D’après la tradition, elle aurait été sa préférée. Elle est parfois appelée « la mère des croyants », bien qu’elle n’ait pas eu d’enfants. Mais le terme s’applique également à toutes ses épouses.

Brève chronologie

  • 570 : Naissance de Mahomet à La Mecque (NB : toutes les informations reflètent la tradition, car nous n’avons aucune source historique).
  • 614 : Naissance d’Aïcha à La Mecque, elle est la fille du compagnon du prophète Abou Bakr.
  • 621 : Elle épouse Mahomet, elle a 6 ou 7 ans.
  • 622 : Mahomet émigre avec ses fidèles à Yathrib (?) qui deviendra Médine, Madīnatu an-Nabî (la ville du prophète).
  • 623 : Le mariage est consommé, elle a 8 ou 9 ans, Mahomet en a 53.
  • 632 : Décès de Mahomet, Aïcha est veuve à 18 ans et interdite de remariage.
  • 668 : Décès d’Aïcha. Elle n’est pas citée dans le Coran.
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L’enseignement de Jésus… d’après les évangiles

La figure de Jésus telle qu’imposée par le dogme chrétien a été construite au IVe siècle de notre ère, dans le monde romain, au concile de Nicée (325) sous le contrôle de l’empereur, Constantin.
Elle n’est nullement le reflet des évangiles.

La première question à se poser concerne la présence de l’empereur.
Traditionnellement, d’après son contemporain, Eusèbe de Césarée, il voulait arbitrer un différend sur la nature de Jésus entre Arius et Athanase (voir l’article). Mais il n’était pas chrétien, bien qu’il se soit fait baptiser sur son lit de mort et la religion chrétienne n’était pas majoritaire dans l’empire. Sa présence est donc peu compréhensible, sauf qu’il est pontifex maximus (grand pontife), le grand prêtre, titre religieux le plus élevé dans l’Empire. Il est chargé de surveiller la bonne observance des pratiques religieuses des citoyens et d’organiser les festivités.
On peut penser qu’il voulait contrôler l’importance que l’on accordait à Jésus, qui ne devait pas impacter la puissance de l’empereur. Donc Jésus ne devait pas être un contestataire du régime romain, il a donc été crucifié pour des raisons religieuses, contre l’avis du procurateur romain. En faire le fils de Dieu le mettait sur un pied d’égalité avec l’empereur. Jules César, Auguste, Claude, Vespasien, Titus, etc. étaient les fils de Dieu. Le moins embarrassant était peut-être d’en faire un dieu parmi tous les dieux du panthéon romain. Il est au même niveau que les fils de Jupiter, de la même substance, donc pas humain.

Quels étaient donc les enseignements de Jésus dans les évangiles ?

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Jésus, le sauveur ?

Pourquoi ce point d’interrogation dans le titre ? Car ce statut de sauveur pose plus de questions qu’il n’en apporte de réponses. De quoi Jésus sauve-t-il ? Du “péché originel” ? D’une condamnation divine ? Ou simplement d’une vie sans sens ?
Pourquoi faut-il qu’il meure ? Est-ce Dieu qui exige un sacrifice sanglant ? Ou est-ce la violence humaine que Jésus dévoile en s’y exposant ? Les théologiens ne sont pas d’accord.
Est-il le sauveur pour tous ou uniquement pour les chrétiens ? Certains affirment que le salut est universel, d’autres qu’il exclut ceux qui refusent Jésus.
Analysons la question.

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Les juifs, le peuple élu ?

Bezalel Smotrich, ministre des Finances du gouvernement Netanyahu, a déclaré : « nous Juifs ne devons pas respecter les lois et les règles internationales car nous sommes le peuple élu« .

D’où vient cette croyance ? Dans la Genèse, …

YHWH dit à Abram : « Quitte ton pays et la maison de ton père, pour le pays que je t’indiquerai. Je ferai de toi un grand peuple, je te bénirai, je magnifierai ton nom ; sois une bénédiction »…
Abram partit, comme lui avait dit YHWH, et Lot partit avec lui… Ils se mirent en route pour le pays de Canaan. (Ge 12, 1-4)

Après s’être adressé à un couple (Adam et Ève), puis à la famille de Noé, et avoir essuyé deux échecs, Dieu jette maintenant son dévolu sur un clan nomade : un couple âgé, Abraham et sa femme Sarah, sans enfant, et leur neveu, Lot, qui a deux filles.

Cela fait-il des Juifs un peuple élu ? Cette proposition est un sophisme, un raisonnement qui, sous une apparence de vérité, est (délibérément) faux.
Et cela pour deux raisons : les Juifs ne forment pas un peuple et le clan d’Abraham n’est pas élu, mais choisi.

Expliquons-nous.

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La Torah a été falsifiée !

Dans le Coran

Plusieurs passages du Coran accusent les juifs et les chrétiens d’avoir falsifié leurs livres. C’est une des raisons qui justifient un nouveau message porté par un nouveau prophète : Mahomet.

  • Eh bien, espérez-vous (musulmans) que de pareils gens (les juifs) vous partageront la foi ? Alors qu’un groupe d’entre eux, après avoir entendu et compris la parole de Dieu, la falsifièrent sciemment. (Co. 2, 75)
  • Malheur donc à ceux qui de leurs propres mains composèrent un livre puis le présentent comme venant de Dieu pour en tirer un vil profit. (Co. 2, 79)
  • Il en est parmi les juifs qui détournent les mots de leur sens, et disent : « Nous avions entendu, mais nous avons désobéi ». (Co. 4, 46)
  • Et puis, à cause de la violation de leur engagement, nous les avons maudits et endurci leurs cœurs ; ils détournent les paroles de leur sens et oublie une partie de ce qui leur a été rappelé… Pardonne-leur car Dieu aime les bienfaisants (Co. 5, 13)

Confirmé dans la Bible hébraïque

Mais cette idée n’est pas neuve. La Bible hébraïque parle déjà de la falsification des écritures. Ainsi, dans le Livre de Jérémie, on peut lire (8:8)

Comment pouvez-vous dire : « Nous sommes sages
Et la Loi de YHWH est avec nous ! « 
Vraiment, c’est dans le mensonge que l’a changée
le calame [outil d’écriture] mensonger des scribes !

Qui est Jérémie ?

Jérémie serait un prophète qui aurait vécu la destruction du temple de Jérusalem par les Chaldéens (les Babyloniens) en 587 avant notre ère, ainsi que la déportation des élites judéennes vers Babylone.

Les prophètes étaient, à l’origine, des hommes de cour qui conseillaient les rois et les aidaient à prendre les grandes décisions en invoquant les dieux. Il n’était pas rare de voir des prophètes de différents dieux entrer en compétition pour s’attirer la bienveillance des rois. On retrouve la même fonction à Rome : les haruspices, les devins qui lisaient dans les entrailles des animaux sacrifiés.

Dans la Bible, les prophètes sont des personnages indépendants, solitaires ou ayant rassemblé autour d’eux quelques disciples. Ils sont la voix de YHWH : naturellement ou artificiellement par l’usage de psychotropes, de jeûnes ou de transes, ils entrent en contact avec Dieu et rapportent ses paroles. Ainsi, on lit dans l’apocryphe Esdras IV : « Je jeûnais sept jours… (5, 20) et … ne mangeant que des fleurs des champs… au bout de sept jours, j’eus un songe pendant la nuit…  » (12, 51 – 13, 1).
Le Livre de la Genèse, 20, 7, clarifie la fonction de prophète : « Il est prophète et il intercédera pour toi », grâce à sa relation privilégiée avec Dieu.

Un certain nombre de livres de la Bible portent des noms de prophètes, mais rien ne laisse penser qu’ils ont été écrits par eux, ni même de leur vivant : ces livres parlent simplement d’eux. L’existence de ces prophètes n’est cautionnée que par la Bible.

Le livre qui est attribué à Jérémie contient autant de notes biographiques que de prophéties. Il est décrit comme solitaire à cause de ses dons de prophétie, ce dont il se plaint.
Lors de l’occupation babylonienne, il adhère au parti de la collaboration, arguant que les malheurs des Judéens ne doivent être imputés qu’à leur dérive morale et religieuse, ce qui ne le rend pas populaire. Il finira ses jours en Égypte.

Présence chrétienne à Pompéi

L’éruption du Vésuve qui a enseveli la ville de Pompéi a eu lieu de 79 de notre ère, sous le principat de Titus, cet empereur qui a maté la révolte des Judéens provoquant l’incendie du temple de Jérusalem.
D’après des textes chrétiens, l’apôtre Pierre et Paul, auraient été exécutés à Rome sous l’empereur Néron, dans les années 60.

Avons-nous des preuves de la présence chrétienne à Pompéi ? Nous n’avons aucune preuve archéologique directe et indiscutable de la présence chrétienne. Trois indices sont avancés par les observateurs chrétiens. Voici ces arguments.

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