Le vaccin anticovid est-il halal ?

Cet article est inspiré d’un sujet de la télévision belge

C’est la question qu’a posée Joko Widodo, le président de l’Indonésie, le pays qui compte le plus de musulmans. Pour les musulmans, la question est vitale : pour se prémunir d’une maladie mortelle, faut-il risquer la « damnation éternelle » ?

Pourquoi le vaccin ne serait-il pas halal ? Certains vaccins utilisent de la gélatine fabriquée à partir de déchets animaux, dont des porcs. Ce sont les vaccins dit protéiques comme par exemple celui de la rougeole.
Après examen minutieux de la composition du vaccin chinois Sinovac, le Conseil théologique d’Indonésie l’a déclaré halal. Dans un article précédent, j’avais déjà fait référence à ce Conseil théologique qui devait statuer sur les prières à bord de la station orbitale ISS qui accueillait un Indonésien musulman (voir « la prière en question« ).

Aucun vaccin contre le/la Covid ne contient de gélatine, ce ne sont pas des vaccins protéiques.
Le roi du Maroc, Mahommed VI, a montré l’exemple en se faisant vacciner en public avec un autre vaccin chinois, le Sinopharm. Le président indonésien, rassuré, a fait de même.
Au 15 septembre 2021, l’Indonésie comptabilisait plus de 4 millions d’infections et près de 140.000 morts.

Les imams des pays arabes comme l’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis et le Bahreïn de même que le Pakistan ont également déclaré les vaccins halal.

Néanmoins, dans plusieurs pays, certains imams influents estiment qu’une fatwa, une loi islamique qui stipule que les vaccins sont halal est nécessaire pour décider les hésitants. C’est le cas de l’imam anversois Nordin Taouil, qui prévient que « Certains musulmans ne veulent pas être vaccinés parce qu’ils sont influencés par des théories conspirationnistes prétendant que le vaccin n’est pas autorisé par les autorités religieuses ».

Peut-on se faire vacciner durant le ramadan ?

Autre préoccupation : le ramadan. Les imams semblent d’accord à ce sujet : les vaccins, quels qu’ils soient, n’interfèrent nullement sur l’observation du jeûne, ils ne rompent pas le jeûne car ils n’ont aucun effet nutritionnel.

Et les médicaments sous forme de gélule ?

Les gélules sont faites avec de gélatine. Donc, elles peuvent potentiellement contenir des résidus de porc, et elles s’avalent comme un aliment. Les musulmans doivent-ils les proscrire ?

Les juristes de l’Organisation islamique des sciences médicales font remarquer que la nécessité l’emporte sur la prohibition. C’est pourquoi l’insuline pour le traitement du diabète, qui peut être fabriquée à base de pancréas de porc, est autorisée. Donc, les gélules comme médicaments sont halal.

Les mêmes juristes ont également jugé que les nombreux traitements chimiques pour produire la gélatine la rendent pure (istihala), et par conséquent autorisée. Les gélules comme complément alimentaire sont donc également halal.

11 septembre : 20 ans déjà

Cet article est inspiré du dossier « Les États-Unis et le Monde. 2001-2021, le grand tournant » paru dans le magasine l’Histoire de septembre 2021.

Article connexe :
La naissance du djihad moderne et la montée de Ben Laden : « 1979 : que le djihad commence« 

Conséquences du 11 septembre

Sous le coup de l’émotion des attentats qui ont fait près de 3000 morts et 16000 blessés, les États-Unis, par la voix de leur président, George Bush, ont déclaré la guerre au terrorisme (war on terror) et débuté la traque de Ben Laden, jugé responsable, protégé par les talibans qui régnaient sur l’Afghanistan. Cette guerre totale les conduira au Pakistan, en Irak (de 2003 à 2011 sous mandat de l’ONU), au Yémen, dans la Corne de l’Afrique et aux Philippines… sans grands résultats.
Dès le 18 septembre, quand le Congrès a voté le recours aux armes, la parlementaire californienne Barbara Lee a justifié son opposition en déclarant : « qu’elle refusait de cautionner une guerre sans stratégie de sortie ni cible précise. » La proposition a été votée à la majorité… moins une voix.

L’attaque de l’Afghanistan n’est pas une guerre des États-Unis, mais bien de l’OTAN : l’article 5 de la charte atlantique a été invoqué. Il déclare que s’attaquer à un membre est considéré comme une agression contre tous les membres.

La dérive

45 jours après l’attaque terroriste, le Patriot Act a été voté. Il fragilisait l’État de droit : il permettait au FBI d’accéder à la correspondance privée et aux comptes bancaires sans décision de Justice ; la NSA pouvait mettre n’importe qui sur écoute ou perquisitionner sur base d’un soupçon ; la CIA pouvait détenir et interroger des présumés terroristes sans limite de temps.

Plus la traque s’éternisait, plus les mesures se renforçaient. Ainsi, des interrogatoires « agressifs » vont être autorisés sans en référer au Congrès. La décision a été prise en petit comité : par le vice-président de Bush, Dick Cheney, le secrétaire à la Défense, Donald Rumsfeld, le ministre de la Justice, John Ashcroft et le directeur de la CIA, George Tenet.

Ces décisions, prises hors du cadre légal, vont mener à des abus comme la torture dans la prison d’Abu Ghraïb (Irak : 2004), le massacre de civils à Haditha par des marines en novembre 2005 ou l’exécution de 17 civils sur la place Nisour à Bagdad en septembre 2007 par une compagnie privée de sécurité, la Blackwater.

Le Patriot Act avait été voté pour une durée de quatre ans. Il a été remplacé en 2015 par son frère jumeau, le USA Freedom Act. On se demande de quelle liberté on parle !

Sous la présidence d’Obama (2009-2017)

Barack Obama va tenter de changer de stratégie… d’occupation, car il n’a toujours pas de stratégie de sortie des guerres entreprises par son prédécesseur : George Bush (2001-2009).
Il réduit drastiquement le nombre de militaires au sol, qu’il remplace par des agents de sécurité privés. Avant son mandat, en 2007, il y avait déjà 180.000 agents privés pour 160.000 soldats pour en Irak.

Il accentue l’utilisation des drones, la technologie devient un acteur important de la guerre. Les drones n’empêchent pas les bavures. Ainsi un citoyen américain a été abattu par un drone. C’était probablement un terroriste, mais l’opinion publique américaine s’est mobilisée contre cette exécution sans jugement. Qui décide de la peine de mort ?

L’administration Obama a donné son feu vert au projet Maven dont l’objectif est de rendre les drones tueurs autonomes. Un programme de reconnaissance faciale décide de la cible à atteindre. Est-ce un de ces drones qui a envoyé un missile lors d’un mariage dans la province de Kandahar en Afghanistan tuant 37 personnes ? Des dégâts collatéraux ? Et ce n’est pas la seule bavure en Afghanistan, au Yémen, en Irak et même au Pakistan.
Google a quitté du projet en 2018 à la suite de ses errements.

Dans sa traque contre Ben Laden, Obama ne va pas hésiter à violer l’espace aérien de pays amis comme le Pakistan.

Vingt ans de guerre pour rien

La réaction aux attentats de 11 septembre a coûté 6000 milliards de dollar, 7000 morts du côté américain, 350.000 civils tués (ce chiffre est contesté) et 40 millions de réfugiés.

Notons que 6000 milliards sur 20 ans, soit 300 milliards par an représente 0,015% du PIB° des États-Unis et 42% de leurs dépenses militaires.

Et toutes ces dépenses en vies humaines et en matériel pour rien ! Al Qaïda est toujours actif, une nouvelle organisation terroriste a vu le jour : DAESH. Les talibans ont repris le contrôle de l’Afghanistan et y appliquent toujours une charia d’un autre âge.
L’Irak est totalement déstabilisé : un nouveau despote dirige le pays où règne la corruption. Il faut savoir que la première mesure prise par les Américains a été de limoger tous les fonctionnaires et les militaires appartenant au parti de Saddam Hussein, le parti Baas. En 1945, dans l’Allemagne vaincue, les fonctionnaires, nazis ou non, avaient été maintenus à leur poste pour faire redémarrer le pays.

L’Iran a tiré profit des guerres. Malgré l’assassinat en janvier 2020 du général iranien Qassem Soleimani, tué par un drone américain à sa sortie de l’aéroport de Bagdad, son plan de désenclavement de l’Iran a été mené à bien. Il voulait créer un front chiite au Proche Orient, du Hezbollah libanais pro-iranien à l’Iran en passant par la Syrie et l’Irak où le Hezbollah irakien s’est constitué suite à l’invasion américaine. L’Iran contrôle toute une bande de territoire.

Qu’est-ce qui n’a pas fonctionné ?

Il est plus simple de voir ce qui a fonctionné : les invasions ont été très rapides, Kaboul a été libérée en novembre 2001 et Bagdad est tombée moins d’un mois après le début de la guerre.
Mais après… les États-Unis n’avaient aucune stratégie. Les Afghans et les Irakiens devaient leur tomber dans les bras pour les remercier de leur avoir apporté la démocratie. C’est tout le contraire qui s’est produit. En traînant pour mettre fin aux pillages et pour rétablir l’électricité, l’eau et le ramassage des immondices, les Américains se sont fait des ennemis des Irakiens les plus enthousiastes.

Quant à la démocratie, on en est loin. Les États-Unis entretenaient l’illusion que des élections libres allaient engendrer un gouvernement démocratique. Au lieu de cela, les électeurs ont pu choisir les corrompus qui allaient s’enrichir des millions de dollars que les États-Unis allaient déverser sur leur pays.

En Afghanistan, ils ont commis une autre erreur. Ils ont voulu ignorer que le Pakistan était l’allié des talibans. Les États-Unis et la France ont continué à livrer des armes aux Pakistanais qui les transféraient en Afghanistan. Ces deux pays étaient pourtant au courant puisqu’en 2001, lors du retrait des talibans de Kaboul, ils avaient découvert des armes livrées au Pakistan dans les caves des bâtiments occupés par les talibans.

La fin de la guerre

Le 31 août 2021, les troupes américaines ont quitté l’Afghanistan. La situation n’a pas évolué en 20 ans, les talibans sont de nouveau au pouvoir. Ils ont négocié le départ des troupes américaines à Doha, au Qatar… sans compensation. Avec le retrait des troupes, les civils Américains et leurs collaborateurs ont essayé de s’extirper de l’Afghanistan. On a vécu les mêmes scènes de chaos, de bousculades, de drames que lors de l’évacuation de Saïgon en 1973. A Kaboul, au moins, les États-Unis n’ont pas oublié de soldats. Au Vietnam, une dizaine de soldats avaient été oubliés dans l’ambassade. Tout s’est bien terminé pour eux, après quelques négociations, un hélicoptère a pu les évacuer par le toit.

En Irak, bien que les militaires se soient officiellement retirés en 2011, il reste toujours des conseillers chargés de former la police et l’armée… en plus des sociétés privées de sécurité.

Un autre ennemi

La guerre est terminée, les Américains continuent à commémorer les attaques du 11 septembre. Ils restent convaincus que leur pays est le garant de la liberté dans le monde et qu’il agit toujours dans le respect du droit international. Jamais ils ne s’interrogent sur les causes de la tragédie de 2001. Or aujourd’hui, les causes sont toujours présentes et plus vivaces que par le passé, car la population de plusieurs pays ont subi l’effroi des bombardements intensifs et l’occupation d’une armée étrangère. Le problème n’a pas disparu, il s’est aggravé. Le sentiment de vengeance reste vivace dans les deux camps.
De plus, si l’Occident considère l’évacuation de l’Afghanistan comme une défaire politique, les ennemis des États-Unis la considèrent comme une défaite militaire : une milice islamique a fait mordre la poussière au géant américain. Tout devient possible.

Les Américains veulent oublier le Moyen-Orient trop lointain, ils sont passés à autre chose, ils se sont déjà trouvé un nouvel ennemi : la Chine. Un sondage Gallup de mars 2021 révèle que 50% des citoyens américains voient la Chine comme une priorité absolue de la politique étrangère à mettre en place par Jo Biden. De plus, 80% d’entre eux considèrent la Chine comme un ennemi, au mieux un adversaire, qui effraie par son pouvoir militaire, technologique et économique.

Or si l’on compare les effectifs militaires des deux pays, la Chine est loin de posséder un armement comparable aux États-Unis. (La Chine est 4 fois plus peuplée que les États-Unis). Elle n’entre pas dans la course aux armements qui a causé la chute de l’URSS qui vivait au-dessus de ses moyens pour égaler les États-Unis en puissance militaire.

                              Chine                       États-Unis
Dépenses annuelles            205 milliards de $          705 milliards de $ 
Soldats actifs                2,2 M (0,15 % population)   1,4 M (0,42%)
Porte-avions                  2                           11
Navires de guerre             777                         490
Ogives nucléaires             280                         6450
Avions                        3260                        13233

Notes

Le PIB d’un pays est la richesse produite par ce pays en un an. Le PIB peut être calculé comme suit (du point de vue des entreprises) : la somme des salaires payés + les bénéfices + la plus-value boursière + les rapports des immeubles (bâtis ou non) + l’accroissement des stocks – les subventions.

L’Opus Dei. Ange ou démon ?

L’Opus Dei (Œuvre de Dieu), également appelé Prélature de la Sainte Croix est une institution de l’Église catholique fondée en 1928 en Espagne par Jose Maria Escriva de Balaguer. Elle compte près de 90.000 membres, des prêtres en minorité (moins de 2.000) et des laïcs.

Cette organisation a comme objectif de « promouvoir la sainteté au milieu du monde ».

Elle a fait l’objet de différentes controverses, notamment en ce qui concerne son aspect secret, son influence politique et l’étendue réelle de ses moyens financiers.

L’Opus Dei vu par lui-même

Vu les polémiques dont l’institution fait l’objet, laissons d’abord s’exprimer sa porte-parole : Béatrice de La Costa : « Le principal message de l’organisation est que chacun peut transformer son travail, ses loisirs et sa vie de famille en des moments de rencontre avec Dieu. Chacun peut mettre ses pas dans les pas du Christ et y trouver le vrai bonheur. Les membres sont appelés à transmettre le grand message d’amour du Christ à son entourage. »

« Les membres sont des gens heureux qui racontent autour d’eux la merveilleuse aventure de leur vie quotidienne ». Et voilà pour la publicité.

Qui est le fondateur : Jose Maria Escriva de Balaguer ?

Escriva de Balaguer est un prêtre espagnol qui a vécu la guerre civile d’Espagne (1936-1939) du côté des généraux auteurs du coup d’État et particulièrement de Franco. Pour lui, le communisme c’est le Diable. Il est viscéralement anticommuniste et antisémite. Il aurait dit : « Hitler contre les Juifs, Hitler contre les slaves, c’était Hitler contre les communistes ».

A la fin des années 60, il achète un titre de noblesse. Le petit prêtre devient le marquis de Peralta.

Il était très proche du cardinal Wojtyla qui deviendra pape sous le nom de Jean-Paul II en 1978, trois ans après la mort de Escriva de Balaguer. Ce pape transforma le mouvement en « prélature« , c’est-à-dire en « diocèse extraterritorial » : l’Opus Dei dépend directement du pape et ses membres n’ont aucun compte à rendre aux évêques. C’est le même Jean-Paul II qui canonisera Escriva de Balaguer en 2002, quelques années après sa mort, le voilà saint.

Aujourd’hui l’Opus Dei est dirigé depuis 2019 par Fernando Ocariz, théologien né en 1944, en France, sa famille ayant fui la guerre civile espagnole.

Organisation et prosélytisme

Sans entrer dans le détail, l’opus Dei comprend quatre grandes catégories de membres :

  • les numéraires, clercs ou laïcs qui s’engagent à la pauvreté, la chasteté et l’obéissance. Ils vivent en communauté dans les locaux de l’organisation.
  • les agrégés font les mêmes vœux, mais ne vivent pas en communauté.
  • les surnuméraires sont des laïcs qui vivent dans le monde mais contribuent financièrement. Ils représentent 70% des membres.
  • les coopérateurs sont des sympathisants, qui ont les mêmes devoirs que les surnuméraires… mais ils ne doivent pas être baptisés dans la foi catholique (ils peuvent être protestants).

Les membres doivent suivre un « plan de vie » qui comprend surtout des prières quotidiennes, des lectures, la confession et des chants. En se levant, ils disent « serviam« , « je vais servir« . La plupart s’infligent des mortifications suivant en cela la pensée du fondateur qui dans son livre « el camino » (le chemin) a écrit : « Bénie soit la douleur, aimée soit la douleur, sanctifiée soit la douleur ».

L’Opus Dei est très présent sur les campus universitaires où il recrute des jeunes qui deviendront cadres ou dirigeants politiques.

L’Opus Dei rencontre de grands succès en Italie, en Espagne et en Amérique latine. Aux Etats-Unis, on compte 3000 membres et son siège à New York est un bâtiment de 17 étages sur Lexington Avenue, n° 243. Une soixantaine d’autres centres ont ouverts dans le pays, la plupart sur des campus universitaires.

L’Opus Dei est présent à Bruxelles et à Strasbourg, en contact direct avec la Communauté européenne. Son journal, Europe Today, est même financé par la CEE. Dans ce journal, il défend les positions les plus réactionnaires de la droite catholique. Dans le n° 124 d’août 1994, on peut lire : « Les méthodes naturelles de contrôle de naissance sont efficaces à 99% tandis que les méthodes artificielles ne le sont qu’à 50% ». Bien entendu, l’abstinence est sûre à 100%.

Le culte du secret

Un des grands reproches fait à l’Opus Dei est son manque de transparence. Dans ses constitutions secrètes rédigées en 1950, mais divulguées en 1982, on peut lire : « Que les membres sachent bien qu’ils devront toujours observer un silence prudent quant aux noms des autres associés et qu’ils ne devront jamais révéler à quiconque qu’ils appartiennent eux-mêmes à l’Opus Dei« .

L’Opus Dei a justifié cette loi du silence par « l’humilité collective » et « l’efficacité apostolique« .
Vu ce manque de transparence, il est mal aisé d’identifier les membres effectifs de l’organisation, mais il est plus aisé de reconnaître ses sympathisants.

En Belgique, l’Opus Dei a investi l’Institut Robert-Schumann, une école de journalisme qui forme des « journalistes catholiques sûrs » et l’Université Catholique de Louvain où il avait installé deux résidences pour les étudiants. Mais c’était sans compter sur le nouveau vice-recteur, le Père Gabriel Ringlet qui a refusé de renouveler le bail des résidences tant que l’Opus Dei trichera sur son identité. Il justifie la décision du conseil d’administration comme suit : « L’Opus Dei ne vise que l’élite de la société ce qui est inacceptable pour notre université. La quête de la perfection a quelque chose de très orgueilleux et de malsain. Je ne peux accepter une religion qui lave plus blanc que blanc… la couleur des sépulcres ! Car au bout du chemin, on trouve toujours l’exclusion et le racisme. En ces temps de montée de l’extrême droite, on ne se prémunit peut-être pas assez contre les dictatures spirituelles.« 

Une pieuvre invisible

L’Opus Dei de par le monde s’étend par l’intermédiaire de sociétés écrans. On la nomme la « mafia blanche ». Elle s’est partiellement dévoilée avec la scandaleuse affaire Matesa, un homme d’affaires espagnol qui a détourné des sommes colossales. Le scandale, suivi de « suicides » et de faillites a éclaboussé la Banque du Vatican. Matesa, avant d’être retrouvé mort, avait avoué financer les activités de l’Opus Dei.

Plusieurs ministres de gouvernements de droite en France et en Espagne sont ou étaient pour le moins sympathisants de l’Opus Dei. On pense à Raymond Barre, ancien premier ministre français, qui a témoigné lors du procès en béatification de Escriva de Balaguer, attestant qu’il avait « détecté en lui des signes de sainteté ».

Plusieurs familles royales d’Europe ont des sympathies pour l’Opus Dei. La famille royale de Belgique appartient au « renouveau charismatique« , un mouvement traditionaliste proche de l’Opus Dei. Citons également la famille royale d’Espagne dont les enfants ont été éduqués par des précepteurs de l’Opus Dei, la famille de Habsbourg et de l’archiduc d’Autriche.

Dans les années 90, les PDG des sociétés AXA et AGF, des groupes Schneider et Renaut ont donné des conférences dans les locaux de l’Opus Dei à Paris.