D’où viennent les Hébreux ?

Dans un article précédent, on se demandait d’où venaient les Hébreux s’ils n’avaient pas échappé à l’esclavage en Egypte grâce à Moïse et s’ils n’avaient pas conquis Canaan sous la conduite de Josué ?

La réponse est très simple, les Hébreux sont des Cananéens, ils n’ont rien conquis, ils ont toujours vécu dans la région. Ils honorent les mêmes dieux que les autres habitants des lieux : El, le père des dieux, Baal dont le nom signifie « seigneur »et qui recouvre plusieurs dieux suivant son aspect, et Ashéra, une déesse qui deviendra l’épouse de Yahvé sur certaines représentations. La Bible ne cache pas ce polythéisme qu’elle attribué à de mauvais rois.

Comment les Hébreux sont entrés dans l’Histoire

Depuis l’expédition de Thoutmosis III au XVe siècle avant notre ère, Canaan est sous le contrôle des pharaons d’Egypte. Ils ont construit des bastions le long du littoral où stationnent des soldats. De petites cités indépendantes contrôlent les campagnes environnantes où se sont développés des villages.

A partir du XIVe siècle avant notre ère, un changement s’opère. Les cités disparaissent sans qu’il y ait eu conquête externe. L’étude du site d’Haçor, au nord de la Palestine, est très instructive à cet égard : la ville haute a été incendiée et les statues décapitées, mais les fouilles n’ont pas retrouvé d’armes. Par contre, la ville basse où s’entassait le peuple est restée intacte. Les archéologues chargés des fouilles, sous la direction de Mme Zukermann, en déduisent que la ville a été détruite lors d’une révolte sociale.

On a une preuve directe de ces révoltes dans les tablettes trouvées à Tell el-Amarna à 200 km au sud du Caire. Cette ville a été construite par le pharaon Aménophis IV plus connu sous le nom d’Akhenaton, mais moins célèbre que son épouse principale Néfertiti et son fils Toutankhamon. Les archives trouvées à Tell el-Amarna nous renseignent sur la situation politique et sociale de Canaan. Ces tablettes, au nombre de 382, sont écrites en akkadien (la langue de Sumer) en utilisant des caractères cunéiformes.

Le roi de Jérusalem (Urushalim en akkadien) se plaint de la non-intervention du pharaon lors de révoltes :

« Regarde : Turbasu a été tué à la porte de Silé et le roi (le pharaon) n’a rien dit. Regarde, Zimrida, le roi de Lakish a été frappé par des serviteurs traîtres et le roi n’a rien dit, il n’a pas bougé »

La détérioration des conditions climatiques qui ont provoqué de mauvaises récoltes et des disettes est-elle à l’origine de ces révoltes ? L’arrivée des Peuples de la Mer et l’affaiblissement des empires hittite au nord et égyptien, ont-ils fait naître un sentiment de liberté qui s’est transformé en révolte contre les puissants ? Au milieu de XXe siècle, on attribuait ces changements politiques aux Apirous (ou Habirous), qui ont vite été assimilés aux Hébreux, confirmant ainsi l’histoire biblique et la conquête de Josué. Aujourd’hui, les historiens pensent que le terme Apirous, mentionné dans les stèles de Tell el-Amarna ne désigne pas un peuple, mais un état de rébellion. Les Apirous formaient des bandes de nomades marginalisés, qui offraient parfois leurs services comme mercenaires. D’ailleurs, le roi de Jérusalem alors occupée par les Jébusiens, ne demande que dix soldats au pharaon pour maintenir l’ordre dans sa cité.

Quoi qu’il en soit, l’archéologie constate un regroupement de population en hameaux sur les hauts plateaux pour échapper à la crise, se distanciant ainsi des cités-États. Ces réfugiés forment des clans qui s’adonnent à l’agriculture et à l’élevage. Quand les récoltes sont bonnes, les éleveurs se sédentarisent, quand elles sont mauvaises, ils repartent en transhumance avec leurs troupeaux. Ce sont ces clans qui sont à l’origine des Hébreux.

Leur mode de vie va donner naissance à un peuple solidaire et égalitaire, ce qui pourrait faire croire que la crise est survenue suite à des inégalités sociales que les Hébreux ne veulent plus reproduire. La Bible semble confirmer cette voie :

  • A l’aube de leur autonomie, les Hébreux n’ont pas de chef. Lorsque la situation exige une coordination de plusieurs clans, ils nomment temporairement un juge. Le plus célèbre juge de la Bible est Samson séduit pas Dalila.
  • Si un homme endetté ne peut rembourser son créancier, il peut, lui ou un membre de sa famille être placé en esclavage. Mais au bout de 7 ans, il sera libre. : « Lorsque tu acquerras un esclave hébreu, son service durera 6 ans, la septième année, il s’en ira libre, sans rien payer ». (Ex. 20, 2). On notera qu’en ancien hébreu, le même mot désigne un esclave et un serviteur. Il en est de même en arabe, où ABD a les deux sens. Abdallah peut signifier « serviteur de Dieu » ou « esclave de Dieu« .
  • Les fuyards, qu’ils soient esclaves ou assassins (sans préméditation), sont protégés. Six villes refuges, distantes d’environ 50 km ont été désignées : « Quiconque frappe quelqu’un et cause sa mort sera mis à mort. S’il ne l’a pas traqué mais que Dieu l’a mis à portée de sa main, je (Dieu) te fixerai un lieu où il pourra se réfugier ». (Ex. 21, 12-14).
  • Lorsque les Hébreux voudront se choisir un roi, à la fin du XIe siècle, le prophète Samuel fera un long discours pour montrer les inconvénients de la royauté ou plutôt les problèmes entraînés par une inégalité sociale. Le roi et sa cour vivront aux dépens du peuple :
    « Tel sera le droit du roi qui va régner sur vous. Il prendra vos fils et les affectera à ses chars et à sa cavalerie et ils courront devant son char. Il les établira chefs de mille et chefs de cinquante ; il leur fera labourer ses champs, moissonner sa moisson, fabriquer ses armes de guerre et les harnais de ses chars. Il prendra vos filles comme parfumeuses, cuisinières et boulangères. Il prendra vos champs, vos vignes et vos oliviers les meilleurs et les donnera à ses serviteurs. Sur vos semences et vos vignes, il prélèvera la dîme et la donnera à ses eunuques et à ses serviteurs. Les meilleurs de vos serviteurs, de vos servantes et de vos jeunes gens ainsi que vos ânes, il les prendra et les fera travailler pour lui. Il prélèvera la dîme sur vos troupeaux. Vous-mêmes deviendrez ses serviteurs. Ce jour-là, vous crierez à cause du roi que vous vous serez choisi, mais YHWH ne vous répondra pas, ce jour-là ». (1S : 8, 11-17).
    Malgré cette mise en garde, Saül deviendra roi. David, puis Salomon lui succéderont.

Vers 1200, après les invasions des Peuples de la Mer, l’Égypte et l’empire hittite (Turquie) perdent de leur influence. Le vide laissé par les peuples dominateurs du Croissant Fertile va faire place à de nouveaux acteurs : les Philistins, issus des Peuples de la Mer, vont occuper le littoral de Canaan et les tribus des hauts plateaux vont se développer et former une société égalitaire d’hommes libres. Les Hébreux entrent dans l’Histoire. Ils vont conserver la culture cananéenne, mais se contenter d’un habitat modeste, sans palais.

C’est donc un concours de circonstances qui a propulsé les Hébreux à la tête d’un État. La morale est sauve, les Hébreux n’ont pas occupé Canaan à la suite d’une épuration ethnique comme le suggère la Bible. Ils n’ont fait que prendre le pouvoir dans un pays, dévasté, où ils ont toujours vécu.

Pour se défendre face aux Philistins et aux autres peuples nés de l’instabilité, comme les Araméens, les Hébreux vont former deux royaumes vers le Xe siècle avant notre ère. Au sud, le petit royaume de Juda, qui a hérité de terres arides et d’un désert, au nord, le royaume d’Israël qui, favorisé par des terres riches, arrivera à rivaliser avec ses voisins, la Phénicie à l’ouest (le Liban actuel), Aram-Damas au nord (la Syrie) et Ammon à l’est.


Moïse au delà du mythe

La légende : ce qu’en dit la Bible

Pas moins de quatre livres sur les cinq du Pentateuque (la Torah) sont consacrés à Moïse : l’Exode, le Lévitique, les Nombres et le Deutéronome (deuxième loi en grec). Les livres de la Bible n’ont pas été écrits pour former un tout. Chaque livre se lisait individuellement : ils étaient écrits sur des rouleaux de peaux. Ce n’est qu’au IVe siècle de notre ère que 39 d’entre eux furent rassemblés.

Le récit commence 430 ans après l’entrée des Hébreux en Egypte, fuyant la famine, à l’invitation de Joseph, alors vizir de Pharaon. Le clan se composait de 80 personnes, avec à leur tête, le patriarche Jacob-Israël. « Pharaon » n’est pas nommé dans la Bible.

430 ans après, la situation a bien changé, d’invités, les Hébreux sont devenus esclaves et se sont multipliés. Leur nombre inquiète Pharaon qui décrète que chaque nouveau-né mâle devra être mis à mort.

Un garçon est né dans la tribu de Lévi. Sa mère ne peut se résoudre à le tuer, elle confie l’enfant aux eaux du Nil. C’est la fille du pharaon qui découvre la corbeille de papyrus étanchéifiée par du bitume et de la poix. Moïse, puisque c’est de lui qu’il s’agit, grandira donc à la cour du pharaon.

Un jour, il tue un Égyptien qui maltraitait un Hébreu. Ayant été reconnu, il s’enfuit vers le pays de Madian où il est accueilli par Réhuel ou Jéthro (suivant les livres). Moïse reste 8 ans au service de Jéthro et épouse sa fille Séphora (Tsippora en hébreu qui signifie « petit oiseau« ).

Les Hébreux d’Égypte appelèrent leur dieu à l’aide. Celui-ci les a entendus, il charge Moïse de les délivrer du joug égyptien et de les conduire vers le pays de Canaan qui avait été promis à la descendance d’Abraham. Moïse hésite, il doute de lui-même. Mais Dieu le rassure : il sera à ses côtés, il lui révèle même son nom : YHWH, « Je suis celui qui est ».

Moïse part vers l’Egypte pour demander à Pharaon de libérer les Hébreux. Il est aidé dans sa tâche par son frère Aaron. Pour convaincre Pharaon, Dieu provoque des calamités sur l’Egypte. Pharaon ne pliera qu’après la dixième : la mort de tous les nouveaux-nés. Les Hébreux enfermés chez eux en prière échappent à la colère divine. Cette attente de la délivrance est encore fêtée chaque année, c’est la Paque célébrée le 14 du mois de nisan, le premier mois du printemps.

Les Hébreux peuvent partir, c’est ce qu’on appelle l’Exode. Les Égyptiens leur donnent même de l’or et des vêtements. Une colonne de 600.000 hommes, plus leur famille et des animaux, s’ébranle vers le désert qui sépare l’Egypte de Canaan. Immédiatement Pharaon regrette son geste et lance ses troupes à la poursuite des Hébreux massés devant la « Mer des Joncs« . Les eaux de celle-ci s’écartent pour laisser passer les Hébreux et se referment sur les troupes égyptiennes.

Maintenant, il faut traverser le désert. Moïse va y recevoir les instructions de Yahvé (YHWH) : les dix commandements. Alors qu’il est sur le mont Sinaï face à Dieu, les Hébreux impatients façonnent une idole, un veau d’or, qu’ils vénèrent avec la bénédiction d’Aaron, le frère de Moïse. On notera que la loi hébraïque ne compte pas que 10 commandements, mais 613 prescriptions et interdits.

A son retour, Moïse, de rage, brise les tables de la loi qu’il a reçues de Dieu et ordonne de tuer 3.000 Hébreux. Il devra remonter sur la montagne pour y recevoir de nouvelles tables. Les Hébreux se remettent en marche, précédés de la nuée divine et d’un coffre où sont enfermées les tables de la loi : l’Arche d’alliance.

La traversée du désert pèse sur les Hébreux qui regrettent le temps où ils étaient heureux (?) en Egypte. A l’approche de Canaan, Moïse envoie 12 éclaireurs pour évaluer la situation. A leur retour, seuls deux d’entre eux sont enthousiastes à l’idée de retrouver la terre de leurs ancêtres. Suivant l’avis des autres, les Hébreux refusent de passer le Jourdain et de conquérir la terre que Dieu leur destine. Ce refus provoque la colère de Yahvé qui les condamne à errer pendant 40 ans dans le désert et à n’entrer à Canaan que lorsque tous ceux qui ont connu l’Egypte seront morts. Moïse n’entrera donc pas en terre promise, c’est Josué qui prendra la tête des Hébreux pour conquérir Canaan. Ce sera un massacre, un génocide, une épuration ethnique comme Yahvé l’a ordonné : tous les hommes, toutes les femmes et les enfants doivent être tués et les idoles détruites : « Quant aux villes de ces peuples que YHWH te donne en héritage, tu n’en laisseras rien subsister de vivant. » (Dt. 20, 18).

Cette carte est extraite de l’Atlas historique mondial de Christian Grataloup (Les Arènes) que je recommande chaleureusement.
Ce qu’en dit l’archéologie

J’ai déjà tenté, en vain, de retrouver le pharaon qui a tenu tête à Moïse. On ne retrouve rien dans les archives égyptiennes ni dans l’archéologie du pays des pharaons. Je vais donc m’intéresser à l’errance dans le désert et à la conquête de Canaan.

… sur la traversée du désert

Les archéologues n’ont mis à jour aucune trace du passage dans le désert d’une colonne de près de deux millions de personnes qui vont y rester 40 ans. C’est bien de deux millions de personnes dont on parle, une colonne de plus de 30 km de long ! Notons que Memphis qui était la capitale de Ramsès II n’abritait pas plus de 100.000 habitants. Comment les Hébreux ont-ils survécu ? De quoi se sont-ils nourri ? Où se sont-ils abreuvé ?

On pourrait penser qu’il est normal de ne trouver aucune trace dans le désert d’un événement qui s’est passé il y a plus de 3.000 ans. L’archéologie a fait d’immenses progrès. Ainsi, vers 1457 avant notre ère, soit avant Moïse, le pharaon Thoutmosis III quitte l’Égypte pour contrer une coalition ennemie qui se rassemble à Megiddo, dans le nord de la Palestine. C’est la toute première bataille documentée de l’Histoire. Il traverse en 10 jours les 250 km du désert du Sinaï à la tête de 10.000 hommes. Quatre mille animaux complètent l’armée : des bœufs pour le trait, des ânes pour le bât et des chevaux pour tracter les chars. Cette armée consomme 60.000 litres d’eau par jour, soit quatre camions-citernes actuels. La logistique ne suit pas, elle a précédé la colonne : des jarres ont été enterrées préventivement. C’est probablement suite à cette expédition que les Égyptiens laissèrent des garnisons en Canaan pour contrôler la zone.

Aujourd’hui, on retrouve encore des traces de cette armée. Mais rien des Hébreux. Les fouilles des villes citées n’ont rien donné.

… sur la conquête de Canaan

On peut se poser une question essentielle : pourquoi les Hébreux se rendent-ils à Canaan pour échapper aux Égyptiens alors que ceux-ci contrôlent la région.

Situation du Proche Orient sous Ramsès II. Cette carte est issue de l’Atlas historique mondial de Christian Grataloup (Les Arènes)

Suivant le récit biblique, les Hébreux, sous la conduite de Josué, passent donc le Jourdain et attaquent la ville de Jéricho dont les murailles d’effondrent au son des trompettes. Puis ils conquièrent toutes les villes de Canaan, massacrant la population. Heureusement pour la morale, cette histoire n’est qu’un mythe. Jéricho a bien été détruite, mais par un tremblement de terre. À l’époque qui nous occupe, celle du bronze récent (1500-1200 avant notre ère), elle avait été reconstruite mais la ville n’était plus fortifiée. La ville d’Ai, également mentionnée dans le Livre de Josué, avait été détruite vers 2400 avant notre ère.

L’archéologie ne trouve donc aucune preuve de l’arrivée massive ou non de conquérants extérieurs. De plus, vers le XIe siècle avant notre ère, la population de Canaan ne s’élevait qu’à 45.000 habitants répartis dans quelques dizaines de hameaux. Qu’étaient donc devenus les centaines de milliers d’Hébreux ?

Y a-t-il d’autres sources ?

Aucune source autre que la Bible ne parle de Moïse. Paradoxalement, alors que quatre livres lui sont consacrés et que son nom est le plus cité de la Bible, Moïse n’est jamais mentionné dans les 35 autres livres de la Bible, sauf dans deux psaumes récents (77,21 et 105,26). L’Exode, lui, est évoqué incidemment dans le livre d’Osée et celui d’Amos, mais Moïse n’y est pas mentionné. C’est Dieu qui conduit les Hébreux.

Pourtant moi, je suis YHWH, ton dieu depuis le pays d’Egypte… Moi je t’ai connu au désert (Osée 13,4-5).
Et moi (Dieu) je vous ai fait monter du pays d’Egypte, et pendant 40 ans, menés dans le désert pour que vous possédiez le pays de l’Amorite (Amos, 2-10).

A partir du IIIe siècle avant notre ère, quelques auteurs grecs (Manéthon, Hécatée d’Abère, Lysimaque, Apion), probablement au contact des communautés juives ayant fui l’invasion babylonienne, ont interprété différemment l’Exode. Pour eux, il ne s’agit pas de la fuite de centaines de milliers d’esclaves, mais de l’expulsion de quelques lépreux des terres d’Egypte. Sous la conduite de Osarseph/Moïse, ils ont fondé Jérusalem. Même Tacite a propagé cette idée. Cette animosité envers les Juifs fait vraisemblablement suite au repli sur elles-mêmes des communautés juives exilées et à leur actes de purification, comme s’ils ne voulaient contaminer personne ou se protéger d’une maladie.

Que nous apprend l’analyse des textes de la Bible ?

L’analyse des livres de la Bible révèle certains détails qui nous permettent de dater le texte. Ainsi, les Hébreux travaillent à la construction de deux villes Pi-Ramsès (bâtie sous Ramsès II) et Pithom (Per-Atou). Cette dernière n’est connue qu’au VIe siècle, fondée par le pharaon Nékao II, contemporain des derniers rois de Juda, avant l’invasion babylonienne. Ce récit n’a donc pu être écrit qu’à cette époque… au plus tôt.

Les Hébreux fabriquent des briques en terre. Cette technique est utilisée essentiellement par les Babyloniens. Pi-Ramsès, redécouverte récemment, était bâtie en pierre.

L’histoire de Moïse, abandonné dans les eaux du Nil, est identique à celle de Sargon, roi fondateur de l’Empire akkadien au deuxième millénaire, histoire populaire dès le VIIe siècle chez les Assyriens et les Babyloniens. On remarquera qu’il n’y a pas de bitume en Egypte, mais bien dans les pays riches en pétrole, comme la Mésopotamie.

L’histoire de Moïse a donc été mise par écrit lors de la captivité de l’élite juive à Babylone, ou lors de la période perse qui a suivi. Moïse est le prédicateur du monothéisme qui ne se propagera qu’à partir du Ve siècle avant notre ère. Son histoire démontre qu’il faut avoir confiance en Yahvé, malgré les vicissitudes infligées au peuple élu pas toujours reconnaissant faut-il le dire.

Le retour des exilés de Babylone ne s’est pas fait sans heurts avec la population restée sur place. Cette résistance aux nouveaux venus, qui étaient restés plus de 50 ans en exil, nous a probablement valu les épisodes de la conquête sanglante de Canaan.

Moïse n’est donc pas un personnage historique, c’est la figure mythique du fondateur d’une nation liée à la croyance en un dieu unique.

On peut maintenant se poser une autre question : d’où viennent les Hébreux s’ils n’ont pas échappé à l’esclavage en Egypte grâce à Moïse et s’ils n’ont pas conquis Canaan sous la conduite de Josué ? Et quand Yahvé est-il devenu leur (seul) dieu ? Je tenterai de répondre à ces questions dans les prochains articles.