Pétra – La Mecque

Qu’ont en commun le site touristique de Pétra en Jordanie, à 200 km au sud de la capitale Amman (l’ancienne Philadelphie grecque) et la ville sainte de l’islam, La Mecque, à plus de 1000 km au sud ?

Environs de Pétra

Les deux villes se situent en plein désert, dans une cuvette dominée par des collines rocheuses aux parois abruptes. La pluie y est rare, environ 100 mm par an, vite absorbée par le sol ou s’évaporant sous la chaleur. La Mecque a une température moyenne annuelle de plus de 40°. Pétra bénéficie d’une température plus clémente et plus contrastée, plus froide la nuit et moins chaude le jour : 30°. Dans la cuvette, quelques sources permettraient à quelques familles de survivre dans cet environnement hostile.

Mais à certains moments de l’année, les pluies se déversant sur les hauts plateaux environnants inondent la cuvette. Ainsi, à Pétra, 24 personnes ont été emportées par les flots en avril 1964, et en novembre 2018, 4000 touristes ont dus être évacués. A La Mecque, en 1620, la puissance des flots était telle que la Kaaba a été détruite. Des travaux d’égouttage récents préviennent actuellement les inondations. Mais en 2009, on dut déplorer 13 morts suite à la montée des eaux.

La Kaaba sous eaux vers 1950

Mais l’intérêt de la comparaison réside dans la différence entre les deux villes.

Pétra, le miracle du désert

Dans l’Antiquité, Pétra était la capitale des Nabatéens qui contrôlaient les routes commerciales entre l’est et l’ouest, le nord et le sud. Pétra était une ville florissante de 20.000 habitants. Pour réaliser ce miracle, les Nabatéens ont dû dompter les eaux. Ils ont construit 170 km de canalisation, recueillant les eaux de ruissellement dans des bassins de décantation puis dans des citernes, captant des centaines de milliers de m³ d’eau, par an, alimentant fontaines et bassins. Les boues récoltées par décantation servaient de fertilisant.

A droite une canalisation. A gauche des bassins de décantation.

Les Nabatéens nous ont laissé des monuments extraordinaires taillés dans la roche, des sanctuaires ou des tombeaux, en fait on n’en connaît pas l’usage. La taille se faisait de haut vers le bas. L’intérieur est très sommaire, deux trois pièces.

A droite, sanctuaire à l’entrée de la gorge (le Sik) conduisant à Pétra.

On trouve des monuments identiques à Hégra dans le nord de la péninsule arabique. Cette ville, bâtie à proximité d’une oasis, était une colonie de Pétra. Elle permettait de sécuriser la frontière sud du royaume et de contrôler le commerce sur la mer Rouge. Hégra était desservie par le port de Leukè Kômè, « le Port Blanc » en grec. Les marchandises : les épices, les étoffes, l’ivoire, l’or venaient d’Inde via le Yémen, appelé Arabia Felix (Arabie heureuse) par les Romains, auxquelles d’ajoutait la production locale d’encens.

Pourquoi le transport par voie maritime se termine-t-il au port d’Hégra pour se poursuivre par caravane vers Pétra, puis Gaza et la Méditerranée ? La Mer Rouge est une mer très chaude (plus de 20° en moyenne) en plein désert, soumise à un régime de vents changeants, surtout dans le nord. En 25 avant notre ère, le général romain Aelius Gallus tenta d’atteindre le Yémen par la mer à partir du port de Cléopatris, au sud de l’actuel canal de Suez. Il dut y renoncer. Il avait fallu attendre le début de ce premier siècle avant notre ère pour que les navigateurs découvrent comment naviguer dans le sud de la Mer Rouge.

Un peu d’histoire

Les Nabatéens étaient voisins des Hébreux. Ils ont même eu les honneurs des évangiles. Et Matthieu s’est de nouveau trompé dans la chronologie. Il avait déjà fait accoucher Marie pendant 11 ans ! Pour lui, Jésus était né sous Hérode le Grand, mort en -4, mais durant le recensement de Quirinus de l’an 7, lorsque la Judée est devenue une province sénatoriale romaine.

Ici, il s’agit de la mort de Jean le Baptiste. Accrochez-vous, c’est une histoire de famille. Jean avait été emprisonné par Hérode Antipas, un des fils d’Hérode le Grand, tétrarque de Galilée, parce qu’il avait critiqué son mariage avec Hérodiade. Hérodiade avait été la femme de son frère Philippe.
Lors d’une fête, Salomé, la fille d’Hérodiade, demanda la tête de Jean en échange d’une danse, lascive probablement (Mt. 14, 1-12). Ces événements se passaient avant la mort de Jésus, qu’on situe vers l’an 33.
Or pour ce mariage, Hérode Antipas avait répudié son épouse Phasaélis, la fille d’Aretas IV, le roi des Nabatéens. Ce dernier déclara alors la guerre à Hérode Antipas. Cette guerre eut lieu en l’an 36 de notre ère et vit la victoire des Nabatéens.

Pétra fut occupée par les Romains en 106, probablement à la mort du dernier roi nabatéen. Le royaume fut annexé sans violence à l’Arabie Pétrée qui avait comme capitale Bosra, au sud de la Syrie. La ville continua à prospérer.

Constructions romaines (?) à Pétra

En 363, un tremblement de terre endommagea une partie de la ville. En 446, une cathédrale y fut inaugurée. Que devint Pétra par la suite ? On perd sa trace au VIe siècle. Elle a été construite sur la faille séparant la plaque arabique de la plaque africaine, elle a peut-être disparu dans un nouveau tremblement de terre. Ou alors, sa population a été décimée par la peste qui a ravagé l’empire byzantin en 543. Les archéologues ont retrouvé des restes de repas dans la cathédrale, ce qui privilégierait la thèse de la peste. En cas de tremblement de terre, les habitants se seraient réfugiés dans les sanctuaires sculptés dans la roche et n’auraient pas cherché la protection directe de Dieu.

Quand le site fut abandonné, le système hydraulique n’a plus été entretenu et a fini par perdre son efficacité.

La Mecque

La Mecque n’a pas bénéficié d’un système hydraulique permettant l’installation d’une ville importante. Contrairement aux récits de la tradition musulmane, La Mecque n’a pas pu devenir une étape caravanière… sans eau.

Par contre, elle était probablement un lieu de rassemblement et de pèlerinage pour les Bédouins en raison des inondations de la cuvette. La Kaaba, monument pré-islamique, servaient de lieu de stockage des bétyles (beth = maison, el = dieu), la demeure de Dieu, qui accompagnaient les nomades dans leurs déplacements. La Sira nous raconte que Mahomet aurait détruit 360 idoles rassemblées dans la Kaaba.

De nos jours, les pèlerins miment toujours les trombes d’eau en dévalant le mont Arafat vers la plaine de Mina. Et deux pierres noires sont enchâssées dans les murs de la Kaaba. On prête à Umar, le deuxième calife, la réflexion suivante :

« Si je n’avais pas vu le prophète le faire (embrasser la pierre), je ne l’aurais jamais fait ».

La Mecque n’est pas citée dans la charte de Yathrib, elle apparaît deux fois dans le Coran officiel, mais ces deux versets sont contestés par les chercheurs :

« C’est lui qui dans la vallée de La Mecque a écarté leurs mains de vous, de même qu’il a écarté vos mains d’eux, après vous avoir fait triompher sur eux. Allah voit parfaitement ce que vous œuvrez. » (Co. 48, 24)

« La première maison qui ait été édifiée pour les gens, c’est celle de Bakka (La Mecque) bénie et une bonne direction pour l’univers. » (Co. 3, 96)

Ce sont les traductions officielles. Dans le premier verset, La Mecque traduit le mot « moka », qui signifie simplement vallée. Le nom du café vient d’une ville du Yémen. En arabe, La Mecque, c’est Makka. Le mot « Bakka » du second verset désigne aujourd’hui l’esplanade qui entoure la Kaaba.

La Mecque est interdite aux non musulmans et des panneaux signalétiques routiers indiquent clairement la direction que ceux-ci doivent prendre pour éviter la ville. Elle est également interdite aux femmes non accompagnées de leur tuteur. Ces interdictions ont été décrétées par les Saoudiens alliés aux religieux wahhabites qui ont pris le pouvoir en Arabie en 1932.

La ferveur pour le pèlerinage est un phénomène récent. La Mecque peut accueillir aujourd’hui 2 millions de pèlerins. Ils n’étaient que 20.181 à avoir demandé un permis en 1932 et 100.000 en 1950.

Autour de la Kaaba en 1953 (hors pèlerinage) et en 2010

L’afflux des pèlerins provoque de nombreux accidents dus essentiellement aux bousculades. Le pèlerinage est aussi un facteur de propagation des maladies infectieuses comme le choléra au XIXe siècle, le SRAS en 2003 et la grippe H1N1 en 2009.

Bilan des bousculades :
1990: 1426 morts
1994 : 1099 morts
1998 : 107 morts
2001 : 35 morts
2003 : 14 morts
2004 : 251 morts
2006 : 362 morts
Le pouvoir mobilise alors 100.000 personnes pour assurer le sécurité des pèlerins.
Malgré cela, en 2015 on dénombre 2.300 morts.

Abd al-Malik : l’apogée des Omeyyades

A la mort de Muawiya, après 20 ans de règne (en 680), un arrangement dynastique permit à son fils Yazid de devenir calife. Consternation parmi les factions rivales qui attendaient une élection par consensus comme le voulait la coutume dans les tribus. C’est le début de la deuxième guerre civile qui durera 12 ans et occupera 4 califes.

Dans le sud de la Mésopotamie (de l’Irak actuel), le fils d’Ali, Husayn, tenta de rassembler les partisans de son père parmi les tribus lakhmides rivales des Ghassanides de Syrie car soutien des Perses contre les Byzantins. Il n’en eut pas le temps, sa petite armée fut décimée à Karbala en 680, où il fut tué. Sa mort est toujours commémorée de nos jours par les chiites.

L’opposition du fils d’un compagnon de Mahomet a été plus sérieuse. Abd Allah ibn al-Zubayr, présenté comme petit-fils d’Abu Bakr, se proclama « commandeur des croyants ». Parti d’Irak, il avait conquis la majorité du califat quand Abd al-Makik succéda à son père Marwan en 685. ibn al-Zubayr avait rassemblé tous les disciples de Mahomet. Il fit frapper des pièces de monnaie dans lesquelles l’influence perse est manifeste.

Dès son accession au pouvoir, Abd al-Malik chargea son fidèle général al-Hajjaj ben Youssef de mater le dissident. l’Egypte, puis l’Irak furent reprises. ibn al-Zubayr se réfugia dans la péninsule arabique. Le dernier acte se déroula à La Mecque où le rebelle aurait péri, d’après la tradition. Des récits contradictoires circulent sur les faits.

Les récits de la conquête ont été écrits au IX° siècle, sous la dynastie des Abbassides qui pris le pouvoir en 750, anéantissant les derniers représentants omeyyades. Ceux-ci ont alors été présentés comme des usurpateurs, des tyrans impies.

  • ibn al-Zubayr aurait détruit la Kaaba pour y décrocher la pierre noire et la mettre en lieu sûr. Si les sédentaires bâtissent des temples pour y vénérer leur(s) dieu(x), les nomades les emportent avec eux. ibn al-Zubayr a-t-il perpétué la tradition ?
  • Les troupes d’abd al-Malik auraient assiégé la Mecque durant 8 semaines et détruit la Kaaba en lançant des projectiles sur les assiégés. Cette version est peu crédible quand on connaît la situation de La Mecque, une cuvette entourée de collines rocheuses, sans eau (sauf une source à faible débit), où rien ne pousse. Les attaquants ont une position idéale, ils dominent la ville. Les nombreux chantiers de La Mecque pour construire des hôtels de luxe et aménager les lieux de pèlerinage n’ont jamais mis à jour la moindre trace d’un rempart de protection de la ville.

Vers un Etat arabe

Jusqu’à l’accession au pouvoir d’abd al-Malik, les administrations grecque et perse étaient restées en place. Le nouveau calife va rénover l’administration : les fonctionnaires seront arabes, et les documents seront rédigés en arabe. On peut donc en conclure qu’à cette époque, la langue arabe écrite était standardisée et ne prêtait plus à interprétation. Les anciens fonctionnaires et même l’entourage non arabe du calife furent congédiés. Ainsi, Jean de Damas (Jean Damascène ou Mansour ibn Sarjoun) dont le père, collecteur d’impôt pour l’empereur byzantin, était resté au service des califes, se retira dans le monastère de Saint-Sabas près de Jérusalem où il rédigea un livre sur les hérésies. Malgré son éviction de l’entourage du calife, il garda de lui une image d’un homme juste et tolérant.

Dans son ouvrage, daté de 743, il parle de l’islam et du Coran qu’il semble bien connaître ainsi que de la Kaaba comme lieu de pèlerinage.

… et musulman

Si mon opinion est confirmée, les Omeyyades sont originaires de Syrie où les tribus étaient chrétiennes. Alors pourquoi ont-ils opté pour l’islam ?
La réponse est différente pour les dirigeants et pour citoyens.

Il faut se replonger dans l’époque. L’islam primitif n’a rien à voir avec ce qu’il est devenu au fil des siècles. Les hadiths, ces paroles de Mahomet, réelles ou inventées, n’ont pas encore été collectées, elles ne le seront qu’au IX° siècle. L’islam n’est pas encore une religion formaliste, le dogme n’est pas encore entièrement défini, mais les grandes lignes sont tracées : Mahomet a reçu le Coran, Jésus est un prophète qui n’a pas été crucifié, il faut embrasser la pierre noire de la Kaaba, le vin est proscrit… nous raconte Jean de Damas.

En abandonnant la religion chrétienne, les Omeyyades deviennent entièrement indépendants. En tant que chrétiens, ils étaient soumis à l’empereur byzantin, lui même aux ordres du pape de Rome (le schisme entre catholiques et orthodoxes n’était pas encore consommé). Ils devaient répondre de leurs actes auprès des patriarches et des évêques qui pouvaient les excommunier, les exclure de la communauté. Même s’ils n’adhéraient pas au dogme édicté à Chalcédoine en 451 (Il y a trois personnes en Dieu et Jésus est homme et dieu, il a deux natures et deux volontés), ils n’en étaient pas moins soumis à leurs évêques. En devenant musulmans, ils devenaient califes, représentants de Dieu sur terre, successeurs du prophète Mahomet, et commandeurs des croyants. Ils étaient tout puissants. La fonction de calife ira en se dépréciant au fil du temps, les docteurs en religion prenant de plus en plus d’importance.

C’est sous abd al-Malik que la première référence à Mahomet apparaît sur les pièces de monnaie. On y lit la chahada complète : « il n’y a qu’un seul Dieu et Mahomet est son prophète ».

Pour le commun des mortels, devenir musulmans permettait d’échapper à l’impôt de capitation (djizia) dû par tous les hommes non musulmans en âge de porter les armes. Les musulmans devaient eux s’acquitter de l’aumône, qui est un principe religieux (zakât). Cette « conversion » faisaient d’eux des citoyens de première classe.

Le Dôme (ou Coupole) du Rocher de Jérusalem.

L’oeuvre majeure d’abd al-Malik, toujours visible de nos jours est le Dôme du Rocher à Jérusalem, construit en l’an 72 du calendrier musulman, qui correspond à 691/692. Je lui consacrerai l’article suivant car cet édifice est plein de mystères.

1979 : que le djihad commence !

On peut parler d’un « effet papillon » : un événement local a eu des répercussions internationales. En 1979, une rébellion contre le pouvoir saoudien, jugé trop laxiste !, va amener à la création de groupes djihadistes comme Al Qaïda ou DAESH.

A la Mecque, en cette fin novembre 1979, le grand pèlerinage, le Hajj, touche à sa fin. 50.000 fidèles fréquentent encore la Grande Mosquée dont les récents travaux d’embellissement et d’agrandissement, ont été exécutés par la famille Ben Laden, proche de la famille royale. Le 20 novembre, plusieurs centaines de fondamentalistes islamistes armés font irruption dans la mosquée et prennent une centaine de fidèles en otage. Son chef, Juhaiman, est un opposant à la famille régnante à qui il reproche son laxisme, sa corruption, son luxe, son goût immodéré pour les images. Le portait des membres de la famille royale s’affiche sur les immeubles et leur photo est imprimée sur les billets de banque qui circulent dans la mosquée, suprême blasphème dans une religion où la représentation des personnes est proscrite.

billet

Juhaiman considère également la famille Séoud comme des usurpateurs, ayant chassé le chérif de La Mecque, gardien des lieux saints et « descendant de Mahomet », entre 1927-1932, avec l’aide des Britanniques qui avaient pourtant requis l’aide du chérif en 1917 (célèbre fait d’armes du lieutenant Lawrence). Mais la région de Riyad, fief de Séoud, prospectée dès 1930, se révélait riche en gisements pétroliers. Ils seront exploités à partir de 1937.

Le gouvernement saoudien reste indécis : comment déloger les rebelles alors qu’il est interdit de porter les armes dans les lieux saints : « Ne leur (les infidèles) livrer pas combat près de la mosquée sacrée » (Co. 2, 192). Les oulémas se réunissent en hâte et après de longues palabres ordonnent l’assaut. Le 22 novembre, la garde nationale attaque les rebelles, c’est un échec. 127 soldats sont tués et les rebelles se réfugient dans les caves de la mosquée, avec leurs otages.

Ce qui va suivre n’est pas très clair, différents versions circulent, suivant les sources gouvernementales, policières ou militaires. Ce qui est sûr, c’est que le roi Khaled ben Abdelaziz fait appel à ses alliés. Les Américains hésitent, la France s’engage. De source officielle française, trois membres du groupe d’intervention de la gendarmerie (GIGN) s’envolent vers Ta’if à 60 km au nord de La Mecque. Ils emmènent avec eux 300 kg d’un gaz incapacitant, le 2-chlorobenzylidène malonitrile (appelé aussi « CS », des initiales de Corson et Stoughton, chimistes qui ont synthétisé la molécule). Ils ont pour mission de former les gardes saoudiens pour l’assaut qui a lieu le 4 décembre et au cours duquel 244 rebelles sont tués. Une version non officielle affirme que l’assaut a été dirigé par le GIGN dont les membres avaient été convertis à l’islam lors d’une brève cérémonie. Mais cette version aurait été très mal perçue dans les pays musulmans.

Le 9 janvier 1980, Juhayman et 62 autres prisonniers sont, sans jugement, décapités en public dans différentes villes pour servir d’exemple.

Épilogue

Un vent de radicalisation va souffler sur l’Arabie Saoudite. Les cinémas sont fermés, les affiches publicitaires occidentales enlevées, la stricte séparation des femmes et des hommes dans les lieux publics est décrétée. Il est conseillé aux hommes de se laisser la barbe. La police religieuse, renforcée, veillera à l’application des nouvelles dispositions.

Le train de vie de la famille régnante ne sera pas modifié, mais elle va encourager le djihad : les jeunes sont invités à aider leurs frères musulmans à bouter hors d’Afghanistan les infidèles. Les Américains formeront les candidats et fourniront les lance-missiles, les Israéliens livreront les Kalachnikovs, les Saoudiens financeront le djihad : « Ô vous qui croyez, combattez ceux de vos voisins qui sont infidèles. Qu’ils vous trouvent durs. Sachez que Dieu est avec ceux qui le craignent. » (Co. 9, 123).

En octobre 1981, Amour El Sadate est assassiné par des anciens membres des Frères Musulmans dont le parti avait été interdit lors d’une purge nationale qui avait touché les communistes, les islamistes, les coptes, les féministes, etc. Les opposants radicaux vont se joindre au djihad.

Dans un premiers temps, les Saoudiens ont accusé l’Iran (chiite) d’avoir organisé la rébellion, ce qui s’est révélé inexact, il n’y avait aucun iranien parmi les assaillants. Qu’à cela ne tienne, il faut en finir avec l’Iran qui fait de l’ombre (religieuse) aux wahhabites saoudiens. On persuade Saddam Hussein d’attaquer son voisin, l’Arabie et le Koweït pourvoiront au financement. Le 22 septembre 1980, les troupes irakiennes passent la frontière. La guerre durera 8 ans.

A la fin de la guerre, le Koweït a l’outrecuidance de réclamer le remboursement des prêts consentis. Le première guerre du Golf commence… la région sera déstabilisée pour de nombreuses années. Le ailes du papillon ont brassé beaucoup trop d’air.