Et si Jésus était vraiment le messie

Voir l’article : « Le Messie« 

Dans cet article, je ne vais pas adopter le point de vue des Églises chrétiennes qui ont fait de Jésus un messie, le fils de Dieu, et Dieu lui-même en 325, au Concile de Nicée (voir l’article « La nature de Jésus« ). C’est de cette époque, le IVe siècle, que datent les exemplaires des évangiles qui nous sont parvenus. Comme on le sait par le philosophe grec Celse, les textes inclus dans le Nouveau Testament ont été constamment modifiés pour les adapter à la doctrine en cours d’élaboration, on peut donc penser qu’ils ont été rectifiés une dernière fois après le concile (voir l’article « Les évangiles« ). Toute trace du Jésus historique a donc été effacée pour laisser place à un Jésus spirituel, le Jésus de la foi.
Les évangiles ont totalement occulté le contexte historique de la mission de Jésus. Le premier siècle de notre ère en Palestine est une période troublée, depuis la mort d’Hérode en -4, les Juifs attendent impatiemment la venue d’un messie, un prêtre-roi qui les délivrerait de l’occupation étrangère. Les évangiles ont sciemment ignoré le sens du mot « messie » et ont fait de Jésus un sauveur des âmes non violent alors qu’il était peut-être un libérateur prêt à employer la force pour faire valoir ses droits. (Sur la violence dans les évangiles, voir l’article : « Et si Jésus n’avait pas existé« , comme « N’allez pas croire que je sois venu apporter la paix sur la terre ; je ne suis pas venu apporter la paix, mais le glaive (Mt. 10,34)« ).

Si les évangiles ont été modifiés, il reste des traces d’une vérité qu’on a voulu cacher. Pour répondre à la question en titre : « Et si Jésus était vraiment le messie« , il me faut répondre à trois questions en fouillant les textes du Nouveau Testament :

  • Jésus était-il un descendant du roi David dont le messie devait être issu ?
  • Jésus a-t-il été considéré comme le nouveau roi des Juifs ?
  • A la disparition de Jésus, une dynastie a-t-elle perpétué son message politique ?

Descendant du roi David

Les évangélistes Matthieu (1, 1) et Luc (3, 22) nous ont livré une généalogie de Jésus pour prouver qu’il était bien un descendant de David, donc un prétendant au trône d’Israël. Les deux généalogies ne concordent pas, sauf sur la présence de David. Matthieu insiste : « généalogie de Jésus, fils de David, fils d’Abraham » (Matt. 1, 1). Luc est moins affirmatif, « il était fils, croyait-on … de David… fils d’Adam, fils de Dieu ». Pour Luc, il est donc fils de David et fils de Dieu.

Quand Jésus entre à Jérusalem, monté sur une ânesse, la foule crie « Hasanna au fils de David ». Étrange monture, pourquoi une ânesse et pas un superbe étalon ? Pour respecter la prophétie du livre de Zacharie 9, 9 : « Dites à la fille de Sion : Voici que ton roi vient à toi, humble, monté sur une ânesse et un ânon, le petit d’une bête de somme » (Matt. 21, 5)

Le roi des Juifs

Dès l’entrée à Jérusalem, Jésus est donc perçu comme le roi des Juifs. Il va tout faire pour déclencher une révolte. Il s’attaque tout d’abord aux marchands du temple. Et que se passe-t-il lors de son arrestation sur le Mont des Oliviers ? « il [Judas] prit la tête de la cohorte et des gardes fournis par les grands prêtres… » (Jean 18, 3). Pourquoi déplacer une cohorte, de 500 légionnaires à 1000 auxiliaires pour arrêter un seul homme pacifique ? Y a-t-il eu un début d’insurrection qui amena à l’arrestation de Jésus ?

Ponce Pilate le condamne à mort, la mort réservée aux agitateurs, aux déserteurs et aux esclaves en fuite. Sur le titulus, la pancarte que l’on accrochait au cou des condamnés, il a fait écrire « Jésus le nazaréen, roi des Juifs« . Tous les évangiles sont d’accord sur le sens du titulus, mais citent tous un libellé différent. Pour l’Église, c’est de l’ironie ! Drôle de façon d’ironiser. C’est plutôt un avertissement : « Voici ce que Rome fait du roi des Juifs ». N’oublions pas que la période est troublée, des rois autoproclamés apparaissent à intervalles réguliers : Judas bar Ézéchiel à la mort d’Hérode, Judas de Gamala lors du recensement de Quirinus, « l’Égyptien » (vers 60), Theudas (vers 45), un autre Jésus (vers 65), Simon bar Gioras (en 70) et Bar Kochba (132-135).

A la naissance de Jésus, Luc nous raconte la venue de mages, devenus par la suite les trois rois-mages. Ils se présentent à Hérode et demandent : « Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? ». Ce qui déclenchera, toujours selon Luc, le massacre de tous les enfants de Bethléem. Notons que dans l’évangile de Luc, Jésus naît dans la maison de ses parents à Bethléem, pas dans une étable ou une grotte. Mais pourquoi Bethléem ? « Et toi, Bethléem, terre de Juda, tu n’es certes pas le plus petit des chefs-lieux de Juda : car c’est de toi que sortira le chef qui fera paître Israël mon peuple » (Luc 2, 6 citant le prophète Michée 5, 1).

Deux autres événements, rapportés par les quatre évangiles, sont troublants.
(1) Pourquoi Jésus se fait-il baptiser par Jean « en vue du pardon des péchés » (Marc 1, 4). Quels péchés le Fils de Dieu a-t-il commis ?
Jean est le cousin de Jésus par leur mère, il appartient à la tribu des lévites, descendant de Aaron, le frère de Moïse. Cette tribu fournit les prêtres du temple. Ne faut-il pas voir dans ce « baptême » la consécration de Jésus en tant que messie-roi, comme c’était la coutume : Samuel a consacré Saül, puis David. C’est après ce « baptême » que le ministère de Jésus commence.
La tradition de la consécration des rois par un prêtre s’est poursuivie en France où le prétendant au trône ne devenait roi qu’après avoir été oint dans la cathédrale de Reims.

(2) Lorsque Jésus demande curieusement à ses disciples qui il est d’après eux, Simon-Pierre avance timidement « Tu es le messie, le Fils de Dieu vivant ». Alors Jésus « leur commanda sévèrement de ne le dire à personne ». Pourquoi se cacher ? Sinon que l’heure de la révolte n’est pas encore arrivée.

Sa dynastie

A la mort de Jésus, c’est Jacques son frère qui prend la tête du mouvement nazaréen installé à Jérusalem, d’après les Actes de Apôtres. Les membres de ce mouvement, qui comprend les apôtres, se comportent en Juifs respectueux de la Loi. Pierre et Jean se rendent régulièrement au temple pour prier. Néanmoins ils sont arrêtés (ils s’échappent grâce à des miracles). Pourquoi ces arrestations sinon parce qu’ils font partie d’un mouvement séditieux dont se méfient les Romains. Si on accepte l’idée d’un Jésus prétendant au trône d’Israël, on comprend mieux les persécutions dont sont victimes les premiers « chrétiens » en Judée.

Jacques est lapidé… mais étrangement, les Actes des Apôtres n’en parle pas. Il a été assassiné lors de la vacance du procurateur romain. Ce n’est donc pas une initiative romaine, mais une décision d’Agrippa II, un descendant d’Hérode qui doit voir d’un mauvais œil un prétendant au trône.
C’est Jude, un autre frère de Jésus qui prend la succession de Jacques. Puis on perd la trace du mouvement. Paul occupe alors le devant de la scène et avec lui, l’idée d’un messie-roi est totalement occultée. Il s’était opposé violemment à Jacques au sujet du message délivré par Jésus.

La rancœur de Romains ne s’arrête pas après la victoire de 70 sur les révoltés juifs. L’empereur Domitien (81-96), le frère du vainqueur, Titus(empereur de 79 à 81), s’en prend également à la famille de Jésus.

Il y avait de la race du Sauveur les petits-fils de Jude qui lui-même était appelé son frère selon la chair. On les dénonça comme descendants de David. On les amena à Domitien, celui-ci craignait la venue du Messie, comme Hérode. (Eusèbe : Histoire ecclésiastique livre III, 20)

Domitien les interrogea puis les relâcha, d’après Eusèbe qui écrit 250 ans après les faits.

Conclusion

Tout ceci n’est qu’une hypothèse, mais elle a des bases solides. Paul ne dit-il pas dans 2 Corinthiens, 11,4 : « En effet, si le premier venu vous prêche un autre Jésus que celui que nous avons prêché…« . Paul savait-il que les apôtres regroupés à Jérusalem autour de Jacques, le frère de Jésus, enseignaient une autre vision de Jésus. Paul n’avait pas connu Jésus, il l’avait vu en songe. Il a occulté les prétentions politiques du groupe pour se concentrer sur le message spirituel. Ce glissement était nécessaire pour s’imposer dans l’Empire romain. Yeshua le messie-roi, le renégat crucifié par les Romains devenait Jésus-Christ, le Sauveur, l’agneau sacrifié par les Juifs.

Note : préfet ou procurateur

Une province sénatoriale était dirigée par un préfet, issu de l’ordre équestre, qui avait tous les droits, sauf celui de lever des impôts. A sa création en 6 ou 7 de notre ère, la Judée est une province sénatoriale. C’est pourquoi le recensement, pour établir l’impôt, a été fait par Quirinus, envoyé par le gouverneur de Syrie. La légion ne séjourne pas dans ces provinces. Les troupes sont constituées d’auxiliaires.

Une province impériale était dirigée par un procurateur qui avait le droit de lever des impôts. La Judée est devenue province impériale sous l’empereur Claude (41-54).

Ponce Pilate était donc préfet comme le confirme une inscription trouvée à Césarée. Tous les auteurs chrétiens lui donnent la fonction de « procurateur« , ce qui est une erreur.

Ponce Pilate préfet de Judée

Jacques, des apôtres de Jésus

Le nom des apôtres de Jésus ne semble pas avoir été un sujet très important pour les premiers chrétiens. Leurs noms ont vite été oubliés. Ainsi l’Évangile de Jean n’en cite que cinq. Et dans les évangiles synoptiques, la liste est constante à une exception près, Jude n’est cité que par Luc et est remplacé par Thaddée dans les autres évangiles :

  • Dans l’Évangile de Luc (6, 12-16) on trouve : Simon (appelé Pierre), André (son frère), Jacques, Jean, Philippe, Barthélemy, Matthieu, Thomas, Jacques (d’Alphée), Simon (appelé le Zélote), Jude (de Jacques) et Judas.
  • Dans l’Évangile de Marc (3, 13-19) : Simon (appelé Pierre), Jacques (de Zébédée), Jean (son frère), André, Philippe, Barthélemy, Matthieu, Thomas, Jacques (d’Alphée), Thaddée, Simon (le Zélote) et Judas.
    Il semble que cette liste ait été « retravaillée », car dans le récit du recrutement de Matthieu, le percepteur des taxes, Marc le nomme « Lévi d’Alphée » (Marc 2, 14). Ce qui ne simplifie pas les choses comme on va le voir.
  • Dans l’Évangile de Matthieu (10, 1-4) : Simon (appelé Pierre), André (son frère), Jacques (de Zébédée), Jean (son frère), Philippe, Barthélemy, Thomas, Matthieu, Jacques (d’Alphée), Thaddée, Simon (le Zélote) et Judas.

Pour sa part, l’Évangile de Jean ne donne pas de liste, mais cite, dans le texte : Simon-Pierre, André (son frère), Philippe, Nathanaël (un vrai Israélite), Thomas (dit Didyme).

Les Actes des Apôtres reprend la liste de l’Évangile de Luc, ce qui semble logique puisqu’on attribue aux deux textes le même auteur.
Les Actes sont plutôt une compilation qu’un texte écrit à une seule main. La livre comporte deux parties distinctes : (1) Pierre et Jean à Jérusalem et (2) les voyages de Paul. Ce sont des scènes juxtaposées plutôt qu’un récit continu. Dans la partie consacrée à Paul, on passe de la troisième personne du singulier (il) à la première du pluriel (nous).

Dans les Actes des Apôtres, on apprend que Judas a été remplacé par Matthias.

Jacques fils de Zébédée

Jacques, fils de Zébédée est aussi appelé Jacques le Majeur. C’est le seul apôtre dont les textes canoniques (le Nouveau Testament) nous livrent une vie « complète ». En effet, Jacques meurt dans les Actes des Apôtres. Ce qui est exceptionnel. Alors que les évangiles et les Actes des Apôtres ont été rédigés après la mort de la plupart des protagonistes, on ne parle que de la mort de Jacques… en une ligne :

A cette époque-là, le roi Hérode entreprit de mettre à mal certains membres de l’Église. Il supprima par le glaive Jacques, frère de Jean.

C’est bref, comme la biographie de Jacques : il fut un disciple de Jésus et a été exécuté par le glaive sous Hérode. Il s’agit ici d’Hérode Agrippa Ier, éduqué à Rome, où il fréquente les l’empereurs Caïus, dit Caligula et Claude. Caïus reçut ce surnom, qu’il détestait, lorsqu’il était enfant. Il accompagnait son père Germanicus sur les champs de bataille. On l’habillait comme un légionnaire ce qui lui valu le surnom de « petite godasse« .
Hérode Agrippa est le neveu d’Hérode Antipas, tétrarque de Galilée jusqu’en 39, et le petit-fils d’Hérode le Grand. Son nom latin est Marcus Julius Agrippa. Son amitié avec les empereurs l’a conduit aux plus hautes fonctions au Proche Orient, où il est devenu le maître de tous les territoires auparavant gouvernés par son ancêtre Hérode le Grand, dont la Judée en 41. Il est mort en 44. La mort de Jacques se situerait donc entre 41 et 44.

Mais Jacques va connaître une résurrection triomphale.
En 844, dans la Galice, au nord-ouest de l’Espagne, le roi d’Asturie, Ramire Ier (842-850), vient de subir une cuissance defaite devant le calife abd al-Raman II (822-852). Il s’est réfugié sur la colline de Clavijo. Là, il voit en songe un ange qui lui enjoint de tenter une offensive. Au cours du combat qui s’ensuit, un chevalier monté sur un cheval blanc, lance au poing, pourfend les Maures et assure la victoire des chrétiens. Ce cavalier n’est autre que saint Jacques surnommé depuis « Matamore« , le tueur de Maures.

Comment s’est-il retrouvé là ?
C’est saint Jérôme de Stridon (347-420), le traducteur de la Bible du grec en latin, grand pourvoyeur de légendes chrétiennes qui est à l’origine de ce miracle. Il a imaginé qu’avant de mourir à Jérusalem, Jacques serait allé évangéliser l’Espagne. Chaque contrée avait besoin d’un saint patron et Jacques était disponible.

Il aurait donc quitté l’Espagne après un bref et peu fructueux séjour avant de mourir à Jérusalem. Or, au IXe siècle, un ermite aurait été guidé vers un champ (campo) où tombaient des étoiles (estrella). A l’endroit de l’impact, dans un cimetière romain, il découvrit la tombe de saint Jacques. Compostelle était né.
A sa mort, son corps aurait été placé dans une barque en pierre, sans voile ni gouvernail. La barque aurait traversé la Méditerranée en 7 jours, passé les colonnes d’Hercule (détroit de Gibraltar), bifurqué à droite pour remonter vers le nord et aborder en Espagne à Iria Flavia (aujourd’hui Padron, la destination finale du pèlerinage de Compostelle… pour les courageux), port construit par l’empereur Vespasien, qui ne revêtira la pourpre que plus de 30 ans (en 68) après la mort de Jacques.

Jacques le Mineur, fils d’Alphée

La vie de Jacques le Mineur nous serait restée inconnue ou au mieux confuse (il est mort à plusieurs endroits !) si saint Jérôme de Stridon ne s’en était mêlé. Afin de respecter le dogme de la virginité perpétuelle de Marie, mis à mal par l’apparition des « frères de Jésus » dans les évangiles, il a fait des frères, des cousins. L’idée prend de l’ampleur au IXe siècle : on raconte que Marie aurait eu deux sœurs : la première appelée Marie et la seconde appelée Marie. Rien de très original.

La première, aussi appelée Salomé, a épousé Zébédée et a eu deux fils : Jean et Jacques (le Majeur, dont on vient de parler).
La seconde, aussi appelé Jacobé, est l’épouse d’Alphée dont elle a eu quatre fils : Jacques (le Mineur), Simon, Joset et Jude, soit les frères de Jésus dans les évangiles, qui deviennent alors ses cousins. Dans l’Évangile de Jean, elle est la femme de Clopas. On en conclut qu’Alphée s’appelait également Clopas.

Du coup, d’un personnage secondaire, Jacques émerge dans la lumière. Jacques le Mineur est Jacques le Juste, frère du Seigneur, qui dirigea la communauté de Jérusalem à la mort de Jésus. Il prit la tête du mouvement chrétien en essayant de lui garder une connotation juive. D’après Flavius Josèphe, dans le livre XX des Antiquités juives, il sera lapidé en 62.

Ayant appris la mort de Festus (60 à 62), l’empereur envoya Albinus (62 à 64) en Judée comme procurateur. Le roi enleva le pontificat à Joseph le grand-prêtre et donna la succession de cette charge au fils d’Anan, nommé lui aussi Anan…. [Il] était d’un caractère fier et d’un courage remarquable ; il suivait, en effet, la doctrine les sadducéens, qui sont inflexibles dans leur manière de voir si on les compare aux autres Juifs, ainsi que nous l’avons déjà montré. Comme Anan était tel et qu’il croyait avoir une occasion favorable parce que Festus était mort et Albinus encore en route, il réunit un sanhédrin, traduisit devant lui Jacques, frère de Jésus appelé le Christ, et certains autres, en les accusant d’avoir transgressé la loi, et il les fit lapider.

Le successeur de Jacques, si on en croit la tradition, ne sera personne d’autre que son frère Simon… un autre apôtre, nommé de Zélote. Donc, les derniers apôtres cités, Jacques, Simon et Jude seraient les frères de Jésus. J’ai consacré un article aux frères de Jésus.

Le professeur James Tabor (universités de Caroline du Nord et de Notre-Dame) dans son livre la « Véritable histoire de Jésus » va plus loin dans cette voie. Pour lui, Alphée ou Clopas serait le frère de Joseph et aurait épousé Marie, mère de Jésus, à la mort de Joseph. Les frères de Jésus seraient bien ses frères par la chair. Une dynastie constituée de ses frères aurait dirigé son mouvement à sa mort. Nous allons voir que cette théorie n’est pas sans fondement.
Si Simon était bien un zélote, il a dû prendre part à la guerre de 66-70 contre les Romains et la communauté de Jérusalem aura disparu.

Les Maries

Que disent les évangiles des différentes Maries (citations reprises de Wikipédia). Elles se trouvaient au pied de la croix lors du supplice de Jésus et elles ont accompagné son corps vers le tombeau.

  • Mt 27,56 : « Parmi les femmes qui étaient au pied de la croix, il y avait Marie de Magdala, Marie, mère de Jacques et de Joseph , et la mère des fils de Zébédée (Salomé). »
  • Mt 28,1 : « Marie de Magdala et l’autre Marie vinrent visiter le sépulcre. »
  • Mc 15,40 : « Il y avait aussi des femmes qui regardaient à distance, parmi elles Marie de Magdala, et Marie, mère de Jacques le petit et de Joset , et Salomé… »
  • Mc 15,47 : « Or Marie de Magdala, et Marie, mère de Joset regardaient où on l’avait mis.»
  • Mc 16,1 : « Lorsque le sabbat fut passé, Marie de Magdala, Marie, mère de Jacques , et Salomé, achetèrent des aromates, afin d’aller embaumer Jésus. »
  • Jn 19,25 : « Près de la croix se tenaient sa mère, la sœur de sa mère, Marie, femme de Clopas, et Marie de Magdala. »
  • Lc 24,10 : « Celles qui dirent ces choses aux apôtres étaient Marie de Magdala, Jeanne, Marie, mère de Jacques, et les autres qui étaient avec elles. »

On remarque que Salomé est nommé, par contre, on ne connaît pas le nom de la « mère de Jacques » et la mère de Jésus n’apparaît pas dans ces listes, sauf dans l’Évangile de Jean (en gras). Ce qui est très étrange. Sauf si Marie mère de Jacques et de Joset est aussi la mère de Jésus (passage souligné).

On m’opposera que Jésus sur la croix a confié sa mère à l' »apôtre qu’il aimait » et qu’il ne l’aurait pas fait si sa mère avait eu un mari ou un enfant pour prendre soin d’elle. Mais cet épisode n’est raconté que par le seul Évangile de Jean. Évangile dans lequel Jésus est crucifié le jeudi, lors que sa troisième visite à Jérusalem. Alors que les autres évangiles situent sa mort le vendredi, lors de son premier séjour à Jérusalem.
La vie de Jésus a été construite par la tradition à partir d’éléments disparates. Sa naissance a été empruntée à l’Évangile de Luc, son ministère à l’Évangile de Matthieu et ses dernières paroles à l’Évangile de Jean. La vie de Jésus est un récit théologique et hagiographique, pas une biographie écrite par un historien.

Que sont devenues les Maries ?

La légende raconte que Salomé, Jacobé et Marie de Magdala (Marie-Madeleine) ont pris place dans une barque en pierre, sans voile ni gouvernail (tiens, tiens) qui aurait accosté dans le sud de la France dans le village qui porte aujourd’hui le nom de Saintes-Marie de la Mer, en Camargue.
Leurs reliques ont été découvertes de 1448 par le roi René, comte de Provence, roi de Naples et de Sicile. Le tombeau de Marie de Magdala est vénéré dans une grotte, où elle se serait retirée, à Plan-d’Aups-Sainte-Baume dans le département du Var.

Pour ajouter à la confusion

Vers le IVe siècle, des listes des apôtres et des disciples ont fleuri dans le monde chrétien. Ces recensions sont largement différentes et nous laissent dans l’indécision la plus complète. Mais nous ne sommes pas les seuls à nous y perdre. Que penser de saint Épiphane de Salamine (315-403), père de l’Église, lorsqu’il arrive au neuvième apôtre :

9. Jacques surnommé Thaddée, frère du Seigneur selon la chair, …

10. Thaddée dit aussi Lebbée,  frère du précédent, surnommé Jude de Jacques…

11. Jude, frère du Seigneur, à la suite de Jacques son frère…

Jacques est nommé Thaddée, Thaddée est nommé Jude… et Jude comme l’appelle-t-on ?
Pour Épiphane, Jacques et Jude, de même que Thaddée, sont bien les frères de Jésus… saint Jérôme n’était pas encore passé par là.