La figure de Jésus telle qu’imposée par le dogme chrétien a été construite au IVe siècle de notre ère, dans le monde romain, au concile de Nicée (325) sous le contrôle de l’empereur, Constantin.
Elle n’est nullement le reflet des évangiles.
La première question à se poser concerne la présence de l’empereur.
Traditionnellement, d’après son contemporain, Eusèbe de Césarée, il voulait arbitrer un différend sur la nature de Jésus entre Arius et Athanase (voir l’article). Mais il n’était pas chrétien, bien qu’il se soit fait baptiser sur son lit de mort et la religion chrétienne n’était pas majoritaire dans l’empire. Sa présence est donc peu compréhensible, sauf qu’il est pontifex maximus (grand pontife), le grand prêtre, titre religieux le plus élevé dans l’Empire. Il est chargé de surveiller la bonne observance des pratiques religieuses des citoyens et d’organiser les festivités.
On peut penser qu’il voulait contrôler l’importance que l’on accordait à Jésus, qui ne devait pas impacter la puissance de l’empereur. Donc Jésus ne devait pas être un contestataire du régime romain, il a donc été crucifié pour des raisons religieuses, contre l’avis du procurateur romain. En faire le fils de Dieu le mettait sur un pied d’égalité avec l’empereur. Jules César, Auguste, Claude, Vespasien, Titus, etc. étaient les fils de Dieu. Le moins embarrassant était peut-être d’en faire un dieu parmi tous les dieux du panthéon romain. Il est au même niveau que les fils de Jupiter, de la même substance, donc pas humain.
Quels étaient donc les enseignements de Jésus dans les évangiles ?
On peut considérer que les évangiles sont le reflet d’un christianisme primitif, bien qu’ils forment un empilement de traditions, de couches éditoriales successives et de visions théologiques différentes. Par contre, le noyau de l’enseignement ressort avec une cohérence surprenante.
L’idée maîtresse de la prédiction est « le Royaume de Dieu arrive« … ou est-il déjà là mais pas pleinement réalisé : « Le Royaume de Dieu est au milieu de vous (Luc 17:22). Comment comprendre « le Royaume de Dieu » ? Ce n’est pas l’idée de résurrection auprès de Dieu après la mort. Mais les interprétations varient : est-ce une réalité spirituelle, une transformation intérieure ou est-ce une dimension sociale et communautaire, un renversement des valeurs où les derniers seront les premiers ? Les premiers chrétiens en ont eu une interprétation eschatologique, ils y voient l’intervention imminente de Dieu dans l’histoire, « la venue du Fils de l’homme sur les nuées » (Mt 24:30).
Conséquence de l’arrivée du Royaume de Dieu, il faut changer de vie… maintenant. Le « repentez-vous » des Évangiles ne doit pas être compris comme « regrettez vos fautes », c’est « changez de perspective, réorientez votre vie ». L’éthique radicale qui découle de cette annonce implique plusieurs axes, révolutionnaires pour l’époque :
- L’amour inconditionnel des autres, y compris ses ennemis.
- La priorité absolue aux démunis, aux marginaux : les pauvres, les malades, les exclus.
- Le rejet du légalisme religieux et des pratiques conformistes au profit de la compassion.
- Le rejet des richesses et du pouvoir.
Cette position est une critique virulente des autorités religieuses qu’il accuse de détourner la foi. Jésus ne cherche pas à créer une nouvelle religion, mais à réformer le judaïsme de l’intérieur. Ne dit-il pas : « Ne croyez pas que je sois venu pour abolir la loi ou les prophètes ; je suis venu non pour abolir, mais pour accomplir » (Mt 5:17).
Et après la résurrection
On doit se demander quel enseignement supplémentaire Jésus a pu dispenser à ses disciples, après avoir été aux Enfers et avoir ressuscité ? Et là, silence. Les évangiles sont muets, de même que les Actes des Apôtres.
La seule information qui filtre est évasive : il enseigne tout ce qu’il a prescrit (Mt. 28, 16-20), il parle du Royaume (Luc 24, 36-53).
Pourquoi ces informations vagues, comment justifier ces silences ?
La réponse officielle, celle de l’Église, est reprise de l’Évangile de Jean (21:25) : « Jésus a fait encore beaucoup d’autres choses ; si on les écrivait en détail, je ne pense pas que le monde même pût contenir les livres qu’on écrirait. » Bel échappatoire : tout n’a pas été consigné par écrit.
Moins prosaïquement, on peut avancer deux hypothèses.
Les auteurs des évangiles n’ont jamais rencontré les apôtres. Et ces apôtres n’ont pas cru bon de préciser les actions de Jésus après la résurrection lors de leur prêches.
Ou il n’y a jamais eu de résurrection, comme le laissent penser les plus anciennes copies de l’Évangile de Marc qui s’arrêtent au verset 16:8 : « Elles sortirent et s’enfuirent [du tombeau vide] tout tremblantes et bouleversées ; et elles ne dirent rien à personne car elles avaient peur« .
Conclusion
En 300 ans, on est passé d’un réformateur de la religion de la Judée à un dieu dans une Trinité. Celui qui voulait accomplir les Écritures est devenu le dieu fondateur d’une nouvelle religion.
Oublié le Royaume de Dieu… qui n’est pas arrivé, à sa place, l’Eglise a proposé le retour du Messie. Le judaïsme a repris la même idée. Quand il viendra, car pour les juif, il n’est pas venu, tous les juifs devront rentrer à Sion. Ils sont encouragés par les évangéliques américains pour qui le retour de tous les juifs provoquera le retour du Messie (Jésus). Même combat, mais objectif différent : pour les évangéliques, lors du retour de Jésus-Christ, la moitié des juifs se convertira, l’autre moitié sera anéantie. Mais en attendant, évangéliques et juifs sympathisent.
NB : tout ce paragraphe a été banni par l’intelligence artificielle qui corrige l’orthographe.
