Moïse au delà du mythe

La légende : ce qu’en dit la Bible

Pas moins de quatre livres sur les cinq du Pentateuque (la Torah) sont consacrés à Moïse : l’Exode, le Lévitique, les Nombres et le Deutéronome (deuxième loi en grec). Les livres de la Bible n’ont pas été écrits pour former un tout. Chaque livre se lisait individuellement : ils étaient écrits sur des rouleaux de peaux. Ce n’est qu’au IVe siècle de notre ère que 39 d’entre eux furent rassemblés.

Le récit commence 430 ans après l’entrée des Hébreux en Egypte, fuyant la famine, à l’invitation de Joseph, alors vizir de Pharaon. Le clan se composait de 80 personnes, avec à leur tête, le patriarche Jacob-Israël. « Pharaon » n’est pas nommé dans la Bible.

430 ans après, la situation a bien changé, d’invités, les Hébreux sont devenus esclaves et se sont multipliés. Leur nombre inquiète Pharaon qui décrète que chaque nouveau-né mâle devra être mis à mort.

Un garçon est né dans la tribu de Lévi. Sa mère ne peut se résoudre à le tuer, elle confie l’enfant aux eaux du Nil. C’est la fille du pharaon qui découvre la corbeille de papyrus étanchéifiée par du bitume et de la poix. Moïse, puisque c’est de lui qu’il s’agit, grandira donc à la cour du pharaon.

Un jour, il tue un Égyptien qui maltraitait un Hébreu. Ayant été reconnu, il s’enfuit vers le pays de Madian où il est accueilli par Réhuel ou Jéthro (suivant les livres). Moïse reste 8 ans au service de Jéthro et épouse sa fille Séphora (Tsippora en hébreu qui signifie « petit oiseau« ).

Les Hébreux d’Égypte appelèrent leur dieu à l’aide. Celui-ci les a entendus, il charge Moïse de les délivrer du joug égyptien et de les conduire vers le pays de Canaan qui avait été promis à la descendance d’Abraham. Moïse hésite, il doute de lui-même. Mais Dieu le rassure : il sera à ses côtés, il lui révèle même son nom : YHWH, « Je suis celui qui est ».

Moïse part vers l’Egypte pour demander à Pharaon de libérer les Hébreux. Il est aidé dans sa tâche par son frère Aaron. Pour convaincre Pharaon, Dieu provoque des calamités sur l’Egypte. Pharaon ne pliera qu’après la dixième : la mort de tous les nouveaux-nés. Les Hébreux enfermés chez eux en prière échappent à la colère divine. Cette attente de la délivrance est encore fêtée chaque année, c’est la Paque célébrée le 14 du mois de nisan, le premier mois du printemps.

Les Hébreux peuvent partir, c’est ce qu’on appelle l’Exode. Les Égyptiens leur donnent même de l’or et des vêtements. Une colonne de 600.000 hommes, plus leur famille et des animaux, s’ébranle vers le désert qui sépare l’Egypte de Canaan. Immédiatement Pharaon regrette son geste et lance ses troupes à la poursuite des Hébreux massés devant la « Mer des Joncs« . Les eaux de celle-ci s’écartent pour laisser passer les Hébreux et se referment sur les troupes égyptiennes.

Maintenant, il faut traverser le désert. Moïse va y recevoir les instructions de Yahvé (YHWH) : les dix commandements. Alors qu’il est sur le mont Sinaï face à Dieu, les Hébreux impatients façonnent une idole, un veau d’or, qu’ils vénèrent avec la bénédiction d’Aaron, le frère de Moïse. On notera que la loi hébraïque ne compte pas que 10 commandements, mais 613 prescriptions et interdits.

A son retour, Moïse, de rage, brise les tables de la loi qu’il a reçues de Dieu et ordonne de tuer 3.000 Hébreux. Il devra remonter sur la montagne pour y recevoir de nouvelles tables. Les Hébreux se remettent en marche, précédés de la nuée divine et d’un coffre où sont enfermées les tables de la loi : l’Arche d’alliance.

La traversée du désert pèse sur les Hébreux qui regrettent le temps où ils étaient heureux (?) en Egypte. A l’approche de Canaan, Moïse envoie 12 éclaireurs pour évaluer la situation. A leur retour, seuls deux d’entre eux sont enthousiastes à l’idée de retrouver la terre de leurs ancêtres. Suivant l’avis des autres, les Hébreux refusent de passer le Jourdain et de conquérir la terre que Dieu leur destine. Ce refus provoque la colère de Yahvé qui les condamne à errer pendant 40 ans dans le désert et à n’entrer à Canaan que lorsque tous ceux qui ont connu l’Egypte seront morts. Moïse n’entrera donc pas en terre promise, c’est Josué qui prendra la tête des Hébreux pour conquérir Canaan. Ce sera un massacre, un génocide, une épuration ethnique comme Yahvé l’a ordonné : tous les hommes, toutes les femmes et les enfants doivent être tués et les idoles détruites : « Quant aux villes de ces peuples que YHWH te donne en héritage, tu n’en laisseras rien subsister de vivant. » (Dt. 20, 18).

Cette carte est extraite de l’Atlas historique mondial de Christian Grataloup (Les Arènes) que je recommande chaleureusement.
Ce qu’en dit l’archéologie

J’ai déjà tenté, en vain, de retrouver le pharaon qui a tenu tête à Moïse. On ne retrouve rien dans les archives égyptiennes ni dans l’archéologie du pays des pharaons. Je vais donc m’intéresser à l’errance dans le désert et à la conquête de Canaan.

… sur la traversée du désert

Les archéologues n’ont mis à jour aucune trace du passage dans le désert d’une colonne de près de deux millions de personnes qui vont y rester 40 ans. C’est bien de deux millions de personnes dont on parle, une colonne de plus de 30 km de long ! Notons que Memphis qui était la capitale de Ramsès II n’abritait pas plus de 100.000 habitants. Comment les Hébreux ont-ils survécu ? De quoi se sont-ils nourri ? Où se sont-ils abreuvé ?

On pourrait penser qu’il est normal de ne trouver aucune trace dans le désert d’un événement qui s’est passé il y a plus de 3.000 ans. L’archéologie a fait d’immenses progrès. Ainsi, vers 1457 avant notre ère, soit avant Moïse, le pharaon Thoutmosis III quitte l’Égypte pour contrer une coalition ennemie qui se rassemble à Megiddo, dans le nord de la Palestine. C’est la toute première bataille documentée de l’Histoire. Il traverse en 10 jours les 250 km du désert du Sinaï à la tête de 10.000 hommes. Quatre mille animaux complètent l’armée : des bœufs pour le trait, des ânes pour le bât et des chevaux pour tracter les chars. Cette armée consomme 60.000 litres d’eau par jour, soit quatre camions-citernes actuels. La logistique ne suit pas, elle a précédé la colonne : des jarres ont été enterrées préventivement. C’est probablement suite à cette expédition que les Égyptiens laissèrent des garnisons en Canaan pour contrôler la zone.

Aujourd’hui, on retrouve encore des traces de cette armée. Mais rien des Hébreux. Les fouilles des villes citées n’ont rien donné.

… sur la conquête de Canaan

On peut se poser une question essentielle : pourquoi les Hébreux se rendent-ils à Canaan pour échapper aux Égyptiens alors que ceux-ci contrôlent la région.

Situation du Proche Orient sous Ramsès II. Cette carte est issue de l’Atlas historique mondial de Christian Grataloup (Les Arènes)

Suivant le récit biblique, les Hébreux, sous la conduite de Josué, passent donc le Jourdain et attaquent la ville de Jéricho dont les murailles d’effondrent au son des trompettes. Puis ils conquièrent toutes les villes de Canaan, massacrant la population. Heureusement pour la morale, cette histoire n’est qu’un mythe. Jéricho a bien été détruite, mais par un tremblement de terre. À l’époque qui nous occupe, celle du bronze récent (1500-1200 avant notre ère), elle avait été reconstruite mais la ville n’était plus fortifiée. La ville d’Ai, également mentionnée dans le Livre de Josué, avait été détruite vers 2400 avant notre ère.

L’archéologie ne trouve donc aucune preuve de l’arrivée massive ou non de conquérants extérieurs. De plus, vers le XIe siècle avant notre ère, la population de Canaan ne s’élevait qu’à 45.000 habitants répartis dans quelques dizaines de hameaux. Qu’étaient donc devenus les centaines de milliers d’Hébreux ?

Y a-t-il d’autres sources ?

Aucune source autre que la Bible ne parle de Moïse. Paradoxalement, alors que quatre livres lui sont consacrés et que son nom est le plus cité de la Bible, Moïse n’est jamais mentionné dans les 35 autres livres de la Bible, sauf dans deux psaumes récents (77,21 et 105,26). L’Exode, lui, est évoqué incidemment dans le livre d’Osée et celui d’Amos, mais Moïse n’y est pas mentionné. C’est Dieu qui conduit les Hébreux.

Pourtant moi, je suis YHWH, ton dieu depuis le pays d’Egypte… Moi je t’ai connu au désert (Osée 13,4-5).
Et moi (Dieu) je vous ai fait monter du pays d’Egypte, et pendant 40 ans, menés dans le désert pour que vous possédiez le pays de l’Amorite (Amos, 2-10).

A partir du IIIe siècle avant notre ère, quelques auteurs grecs (Manéthon, Hécatée d’Abère, Lysimaque, Apion), probablement au contact des communautés juives ayant fui l’invasion babylonienne, ont interprété différemment l’Exode. Pour eux, il ne s’agit pas de la fuite de centaines de milliers d’esclaves, mais de l’expulsion de quelques lépreux des terres d’Egypte. Sous la conduite de Osarseph/Moïse, ils ont fondé Jérusalem. Même Tacite a propagé cette idée. Cette animosité envers les Juifs fait vraisemblablement suite au repli sur elles-mêmes des communautés juives exilées et à leur actes de purification, comme s’ils ne voulaient contaminer personne ou se protéger d’une maladie.

Que nous apprend l’analyse des textes de la Bible ?

L’analyse des livres de la Bible révèle certains détails qui nous permettent de dater le texte. Ainsi, les Hébreux travaillent à la construction de deux villes Pi-Ramsès (bâtie sous Ramsès II) et Pithom (Per-Atou). Cette dernière n’est connue qu’au VIe siècle, fondée par le pharaon Nékao II, contemporain des derniers rois de Juda, avant l’invasion babylonienne. Ce récit n’a donc pu être écrit qu’à cette époque… au plus tôt.

Les Hébreux fabriquent des briques en terre. Cette technique est utilisée essentiellement par les Babyloniens. Pi-Ramsès, redécouverte récemment, était bâtie en pierre.

L’histoire de Moïse, abandonné dans les eaux du Nil, est identique à celle de Sargon, roi fondateur de l’Empire akkadien au deuxième millénaire, histoire populaire dès le VIIe siècle chez les Assyriens et les Babyloniens. On remarquera qu’il n’y a pas de bitume en Egypte, mais bien dans les pays riches en pétrole, comme la Mésopotamie.

L’histoire de Moïse a donc été mise par écrit lors de la captivité de l’élite juive à Babylone, ou lors de la période perse qui a suivi. Moïse est le prédicateur du monothéisme qui ne se propagera qu’à partir du Ve siècle avant notre ère. Son histoire démontre qu’il faut avoir confiance en Yahvé, malgré les vicissitudes infligées au peuple élu pas toujours reconnaissant faut-il le dire.

Le retour des exilés de Babylone ne s’est pas fait sans heurts avec la population restée sur place. Cette résistance aux nouveaux venus, qui étaient restés plus de 50 ans en exil, nous a probablement valu les épisodes de la conquête sanglante de Canaan.

Moïse n’est donc pas un personnage historique, c’est la figure mythique du fondateur d’une nation liée à la croyance en un dieu unique.

On peut maintenant se poser une autre question : d’où viennent les Hébreux s’ils n’ont pas échappé à l’esclavage en Egypte grâce à Moïse et s’ils n’ont pas conquis Canaan sous la conduite de Josué ? Et quand Yahvé est-il devenu leur (seul) dieu ? Je tenterai de répondre à ces questions dans les prochains articles.

Chronologie biblique

L’objectif de cet article est d’offrir un cadre pour des articles à venir sur Moïse, David et Salomon et la destruction du temple de Jérusalem.

Légende biblique

Tout commence le 23 octobre 4004 (avant notre ère) comme l’a « calculé » James Ussher, archevêque d’Armagh en 1650. En 6 jours, Dieu crée la terre, les cieux, les animaux, la végétation, l’homme et la femme… puis il se repose.
On connaît deux fils d’Adam et Ève : Abel et Caïn. Caïn, le cultivateur, tue Abel, l’éleveur, par jalousie : Dieu préfère le fumet d’un barbecue aux effluves du pain qui cuit. Avis aux croyants végans.
Mais c’est d’un troisième fils qu’est née l’humanité : Seth, l’ancêtre des patriarches, dont Noé. Âgé de 600 ans, Noé survit à l’anéantissement de toute vie sur terre. Dieu regrettant sa création provoque le déluge. Nous sommes en –2349. Note : bien qu’elles reflètent la chronologie biblique, ces dates sont fantaisistes, elles n’ont aucune valeur historique.

Les trois fils de Noé se séparent et vont peupler la terre : Sem l’Asie, Japhet l’Europe et Cham l’Afrique : « Tels furent les fils de Noé, selon leur clan et leur langue, d’après leurs pays et leurs nations. »

Rideau. On n’en saura pas plus.
Le temps a passé, l’horloge marque –1923, le deuxième acte débute par l’entrée en scène d’Abraham venu de Mésopotamie, littéralement, « le pays entre deux fleuves » : l’Euphrate et le Tigre. Dieu le choisit pour donner naissance à son peuple, le peuple élu. Il a deux fils : Ismaël et Isaac. Isaac engendrera, entre autres, Jacob qui après avoir lutté contre un « ange » sera appelé Israël, ce qui signifie : « celui qui a lutté avec Dieu« .

La généalogie des patriarches touche à son terme : Jacob (Israël) aura 12 fils, avec 4 femmes différentes. Vous avez deviné, ils vont donner naissance (indirectement) aux 12 tribus mythiques d’Israël. L’entente n’est pas parfaite entre eux : Joseph est vendu par ses frères à une caravane qui va en Egypte. Après des péripéties, Joseph devient vizir du pharaon en –1715. Il fera venir toute sa famille en Egypte lorsqu’elle ne trouvera plus de quoi se nourrir en Canaan.

D’où vient ce nom de Canaan ? C’est le nom d’un des fils de Cham (le fils de Noé qui a hérité de l’Afrique). Désobéissant aux directives de Noé, il se serait arrêté en chemin. C’est la Palestine romaine aujourd’hui occupée par Israël et les territoires palestiniens. J’utiliserai indifféremment les noms de Canaan ou de Palestine pour désigner cette région.

Rideau. Le troisième acte commence. On est entre –1451 et –1266 suivant les livres de la Bible, les descendants de Jacob, les Hébreux, sont maintenant réduits en esclavage au pays de Pharaon. Dieu mandate Moïse pour les en sortir et les ramener à Canaan. Je n’insiste pas sur cet épisode que je commenterai prochainement.

Quand la pièce reprend, les Hébreux se choisissent un roi : Saül. On a fait un bond dans le temps, nous sommes à la fin du XIe siècle avant notre ère. Vont lui succéder David (1009-970) puis son fils Salomon (970-931). J’en reparlerai.

On entre enfin dans l’Histoire

Les Hébreux forment deux Etats distincts et rivaux. Israël au nord, avec comme capitale Samarie, plus étendu, plus riche, plus puissant et Juda au sud autour de Jérusalem, petit pays pauvre.

En –722, les Assyriens, venant du nord de la Mésopotamie, envahissant Israël et déportent une partie de sa population pour la remplacer par des étrangers. Beaucoup d’Israélites se réfugient chez leur voisin, à Jérusalem.

Petit aparté : Abraham est un personnage des récits du sud de la Palestine (Juda), plus précisément d’Hébron. Par contre, Jacob est un héro du nord de la Palestine (Péniel). Ils ont été réunis artificiellement par Isaac… qui ne joue aucun rôle dans le récit biblique. Leur union « familiale » a été consacrée après la fuite des Israélites vers Jérusalem pour créer une histoire commune à tous les Hébreux.

En -597, puis en –586, c’est au tour de Juda d’être envahi par les Babyloniens de Nabuchodonosor II, peuple du sud de la Mésopotamie. Le temple attenant au palais royal est détruit et l’élite judéenne, la cour et les prêtres, emmenée en captivité à Babylone. C’est un événement majeur de l’histoire des Hébreux. J’en reparlerai.

La roue tourne, les Perses venus d’au delà du Tigre, chassent les Babyloniens (-539) et libèrent les Hébreux qui retournent à Jérusalem et bâtissent un second temple, inauguré en –515. Les Perses créent la satrapie de Transeuphratène qui englobe la province de Judée et s’étend du l’Euphrate à la Mer Rouge. Ce détail a son importance.

Les Perses seront défaits par Alexandre le Grand qui annexe la Judée en –332 avant notre ère. Les Judéens vont vivre sous domination grecque pendant près de 300 ans. Après une révolte contre les Grecs vers –160, une dynastie judéenne, les Hasmonéens, va acquérir une certaine autonomie. Mais faute de s’entendre lors d’une succession, les Romains interviennent en –63 et portent sur le trône le père de celui que l’on nomme Hérode le Grand. Il doit son surnom à l’embellissement de la ville de Jérusalem et principalement son temple.

Paradis et Enfer

Chez les juifs

Dans le proto-judaïsme, la religion des juifs avant la destruction du temple de Jérusalem en 70 par les légions romaines de Titus, YHWH (Yahvé) n’est pas un dieu personnel, c’est le dieu de la communauté, comme tous les dieux de l’Antiquité (Amon, Baal, Zeus, Jupiter). Il ne récompense donc pas les bienfaits : à la mort, le corps retourne à la terre et l’âme vers Dieu : « Alors la poussière retournera à la terre dont elle vient et l’âme reviendra à Dieu qui l’a donnée » (Eccl. 12,7). Il n’y a pas de Paradis, il n’y a pas d’Enfer. Les bonnes actions sont récompensées dans le monde d’ici-bas.

Vu les origines diverses des livres de la Bible, on peut y retrouver des influences différentes, comme l’existence de spectres (livre des Rois) ou la résurrection (livre de Daniel). Après 70, la vision du monde à venir (la venue du Messie), la fin des temps va fortement évoluer, et la résurrection est envisagée… mais sera-t-elle physique ou spirituelle ? Le débat n’est pas clos.

Chez les chrétiens

Tout change avec le christianisme dont le Paradis devient un « argument de vente ». Pour le christianisme, le Paradis et l’Enfer sont des réalités physiques, ils existent… quelque part. Pour le chrétien, il est facile d’accéder au Paradis. Il suffit de se faire baptiser pour effacer le péché originel qui marque les hommes depuis Adam et Ève, et d’avoir la foi, c’est-à-dire croire à tout ce que le clergé dit, sans poser de question. Mais alors à quoi sert le jugement dernier si dès la mort on séjourne dans le félicitée éternelle face à Dieu ou au contraire on est soumis aux caprices sadiques de Satan et ses anges déchus ?

Face à l’incohérence de cette théologie eschatologique (concernant la fin du monde), le philosophe allemand Friedrich Nietzsche se déchaîne contre le catholicisme dans son ouvrage « L’Antéchrist » :

« Avec l’avènement du christianisme, c’est tout le sens du monde antique qui est perdu. Le contact avec la réalité cède le pas à un monde de pure fiction qui fausse, nie et dévalue cette réalité :

  • monde des causes imaginaires : Dieu, l’âme, le Moi, la Vérité.
  • monde d’effets imaginaires : péché, rédemption, grâce, châtiment, rémission des péchés.
  • monde où des êtres imaginaires, Dieu, esprits, âmes, commercent entre eux, où l’on a qu’une science imaginaire de la nature, ignorant le concept de cause naturelle.
  • monde où l’on traite d’une psychologie imaginaire de repentir, de remords, de tentation du Diable, de la présence de Dieu et des saints.
  • monde théologie imaginaire : le royaume de Dieu, le jugement dernier, la vie éternelle. »

Dans les évangiles, c’est le jugement dernier imminent qui prédomine, on ne parle pas de Paradis ni d’Enfer après la mort. Le judaïsme est toujours présent dans les débuts du christianisme.

Au fil du temps, la notion de Paradis et d’Enfer, associée à la bonté de Dieu, va poser certains problèmes : que deviennent les enfants innocents non baptisés, tous les péchés sont-ils équivalents ?

Les enfants non baptisés, sur lesquels pèsent toujours le péché originel ne peuvent pas aller au Paradis, mais ne méritent pas l’Enfer. Ils sont donc dans un état intermédiaire où ils ne souffrent pas, mais où ils n’ont pas de contact avec Dieu. Ce sont les limbes. En 2007, une commission du Vatican a « précisé » : « L’idée des limbes, que l’Église a employée pendant des siècles pour désigner le sort des enfants qui meurent sans baptême, n’a pas de fondement clair dans la Révélation, même si elle a été longtemps utilisée dans l’enseignement théologique traditionnel. » Cependant, cela « demeure une opinion théologique possible  ». Comprenne qui pourra.

Il existe des dizaines d’endroits en Europe, appelés sanctuaires à répit, où l’enfant est ressuscité un court instant pour permettre de le baptiser.

Notons que dans les débuts du christianisme, il fallait être adulte pour être baptisé. L’aspirant devait être instruit de la foi avant d’accéder au baptême. Clovis a dû se soumettre à deux ans d’étude avant d’être baptisé.

Les défunts, morts en état de grâce (ayant reçus les sacrements ad hoc), mais n’ayant pas fait une pénitence suffisante de leur vivant vont au Purgatoire, un lieu de purification, dont le terme apparaît au XII° siècle.
Il est intéressant de se pencher sur le catéchisme de 1992 :

Question 210 : Qu’est-ce que le purgatoire ?
Le catéchumène répond : Le Purgatoire est l’état de ceux qui meurent dans l’amitié de Dieu, assuré de leur salut éternel, mais qui ont encore besoin de purification pour entrer dans le bonheur du Ciel.

Question 211 (plus intéressante) : Comment est-ce que nous pouvons aider les âmes à être purifiées au purgatoire ?
À cause de la Communion des saints, les fidèles qui sont encore des pèlerins sur terre sont capables d’aider les âmes dans le Purgatoire en offrant des prières en suffrage pour eux, spécialement dans le Sacrifice eucharistique. Ils peuvent aussi les aider par des aumônes, les indulgences, et les œuvres de pénitence. 

Et voici les fameuses « indulgences ». Au début du XV° siècle l’antipape Jean XXIII permet la distribution d’indulgences pour réduire le temps de purgatoire. (Jean XXII est considéré comme antipape, car à l’époque, il y avait deux papes). En 1476, le pape Sixte IV décrète que les indulgences peuvent s’acheter. Il est ainsi à l’origine du commerce des indulgences dans l’Église catholique. On estime que l’abbaye de Montserrat en aurait fait imprimer 200 000 en trois ans, vers l’an 1500. C’est grâce à la vente d’indulgences que la basilique saint-Pierre de Rome a été construite.

Luther et Calvin vont s’élever contre ce commerce qui sera un des déclencheurs de la réforme (protestantisme).

Chez les musulmans

L’islam reprend les mêmes notions ambiguës de Paradis, d’Enfer et de jugement dernier que le christianisme. Le jugement dernier se fera même sous l’égide de Jésus.

Le Paradis est une oasis rafraîchie par des cours d’eau et ombragée par des arbres fruitiers.

« Hommes et femmes, ceux qui pratiquent les bonnes œuvres et qui croient en Dieu entreront dans le Paradis. » (Co. 4, 124). Ici, pas de rémission des péchés, le péché originel introduit par les chrétiens n’existe pas. Il suffit de croire, de se soumettre à Dieu.

L’Enfer, c’est le désert brûlant. Un des mots utilisés à de multiples reprises dans le Coran est Géhenne, un mot hébreu/araméen signifiant la vallée de Hinnom, une vallée étroite et profonde qui s’étendait au sud et au sud-ouest de la Jérusalem antique. D’autres mots sont utilisés dans le Coran : le feu, la fournaise, le brasier, etc.

« Le feu de l’Enfer est réservé aux incrédules. Ils ne seront pas condamnés à mort et leur supplice ne sera pas allégé. C’est ainsi que nous rétribuerons les négateurs» (Co. 35, 36). L’Enfer est réservé à tous les non musulmans… et aux injustes épouvantés par leur actes passés (Co. 42, 22).

Fêtes juives, fêtes chrétiennes

Jusqu’au IVe siècle de notre ère, les chrétiens et les juifs célébraient conjointement les fêtes liturgiques. La fixation des fêtes chrétiennes débuta au concile de Nicée en 325.

La Pâque juive célèbre la sortie d’Egypte des Hébreux sous la conduite de Moïse. Les Pâques chrétiennes, célébrées le dimanche suivant, rappellent la résurrection de Jésus. Jésus aurait été crucifié le vendredi et serait ressuscité trois jours plus tard, … le dimanche. Arithmétique chrétienne. Dans l’Évangile de Jean, la crucifixion a lieu le jeudi. Le compte est bon.

Dans la mythologie chrétienne, l’Ascension correspond au dernier jour que Jésus a passé parmi les apôtres, après sa résurrection. Il était resté sur terre quarante jours. 40 est un nombre passe-partout dans la Bible. Il est synonyme de beaucoup. Il a plu 40 jours lors du déluge, Moïse est resté 40 jours sur le mont Sinaï, les Hébreux ont erré 40 années dans le désert, David et son fils Salomon ont régné 40 ans, Jésus a passé 40 jours dans le désert, etc.

Cinquante jours après Pâque (Pessah), 7 semaines dans l’arithmétique juive, on célèbre la fête des moissons (Chavouot). Cinquante jours après Pâques, les chrétiens fêtent la Pentecôte. Dix jours après l’ascension de Jésus, les apôtres ont reçu la visite du Saint-Esprit (le troisième avatar de Dieu) qui leur a donné le don des langues pour qu’ils puissent partir en mission pour convertir tous les peuples.

Où sont les femmes ?

C’est la question que l’on peut se poser en voyant les fidèles d’une mosquée. En fait, elles sont cachées, soit derrière un paravent (moucharabieh) soit à l’étage. De toutes façons, hors de la vue des hommes. Quelles sont les raisons de cet ostracisme ? Tout d’abord, les musulmanes ne sont pas obligées d’assister au prêche du vendredi, ensuite, elles ne peuvent pas distraire les hommes… elles pourraient provoquer leur « chute » en éveillant leur désir, comme l’a écrit Tertullien aux sujet des femmes chrétiennes. Cela me rappelle une scène du film d’animation autobiographique (Persépolis : 2007) de la dessinatrice iranienne, Marjane Satrapi. A l’université de Téhéran, son professeur lui reproche sa tenue non conforme (son foulard est mal noué). Elle lui demande alors d’obliger ses condisciples masculins à cacher leurs bras et leur cheveux, car leur vue l’excite sexuellement ! Mais cet aspect des choses, la sexualité féminine, a échappé aux mâles dominants.

Est-ce que cela peut changer ? Apparemment. En France, deux projets de mosquées mixtes pourraient voir le jour : les mosquées Fatima et Simorgh (oiseau mythologique perse). Elles seront ouvertes à tous, croyants et non-croyants. Le foulard ne sera pas obligatoire. Les femmes prieront dans la même salle que les hommes… mais les uns à droite et les autres à gauche, comme dans les églises chrétiennes d’il y a quelques années. Et dans la mosquée Fatima la prière sera dirigée, en français, par une femme imam : Kahina Bahloul.

Qu’en est-il du judaïsme ? Pour les juifs, le père a l’obligation d’enseigner la Torah à ses fils… mais pas aux filles car comme le dit le Talmud : « Il ne lui transmettrait que des futilités. » De nos jours, les femmes ont accès aux études des textes sacrés, même chez les juifs orthodoxes.

Si dans la plupart des synagogues, les femmes sont séparées des hommes, il n’est pas rare que des femmes rabbins dirigent l’office du samedi et que des femmes soient appelées à venir lire la Torah.

Et dans le christianisme ? Dans le protestantisme, les femmes peuvent officiellement être pasteures depuis 1965, en France. C’est même une femme qui y préside le Conseil national de l’Église protestante réunie : Emmanuelle Seyboldt.

On est loin de ces ouvertures dans le catholicisme. Saint Paul n’a-t-il pas dit : « Que les femmes se taisent dans les assemblées (Co. 4, 34-35). » Jean-Paul II a clos le débat en 1994 dans la déclaration « Ordinatio Sacerdotalis » : « L’Église n’a en aucune manière le pouvoir de conférer l’ordination sacerdotale des femmes et cette position est définitive. » Cette interdiction a été confirmée par Benoît XVI et François Ier qui a déclaré : « Le dernier mot, clair, a été dit par saint Jean-Paul et cela demeure ainsi. » Le prêtre est l’image du Christ ! De plus, les femmes en raison de leurs menstruations ne peuvent pas s’approcher de l’autel.

Jusqu’en 1054, les femmes pouvaient être diacres (diaconesses). Même Paul cite Phoebé, « notre sœur, ministre de l’Église ». Un diacre, célibataire ou marié, est l’assistant d’un prêtre ou d’un évêque. Il peut célébrer des baptêmes et des mariages dans des circonstances exceptionnelles. Par contre, il ne peut pas recevoir la confession, ni consacrer le pain et le vin. De nos jours, malgré l’appel à l’ouverture, les diaconesses ne sont pas reconnues car le diaconat prépare à la prêtrise qui est inaccessible aux femmes.

Sources : Le Monde des religions n° 95 – mai 2019. Articles de Bénédicte Lutaud, Virginie Larousse et Macha Fogel.

Les pèlerinages

Quel est le pèlerinage qui attire le plus de fidèles ? La Mecque ?
Non, la Kumbha Mela, un pèlerinage hindou organisé tous les trois ans et qui a lieu, à tour de rôle, dans les villes saintes d’Allahabad, Haridwar, Ujjain et Nashik.  Alors que l’hindouisme ne compte qu’un milliard d’adeptes, le pèlerinage de 2013 a attiré 120 millions personnes. Il faut dire que les dieux ont perdu quelques gouttes de l’élixir d’immortalité dans le Gange et qu’on ne sait jamais…

Quel est le plus grand pèlerinage du monde musulman ? La Mecque ?
Non, la marche d’Arbaïn, le pèlerinage chiite au tombeau de l’imam Hussein, le fils d’Ali, le petit fils de Mahomet, tué à Kerbala en Irak. Il rassemble plus de 17 millions de fidèles.

Le suivant est celui de La Mecque avec 2 à 3 millions de personnes. L’accès au pèlerinage est limité par un quota imposé à chaque pays.

Le pèlerinage au Mur des Lamentations à Jérusalem attire de nombreux juifs, mais comme il est permanent, on ne peut pas chiffrer le nombre de personnes qui s’y rendent, mais on estime que 1 à 2 millions de « touristes » visitent ce lieu symbolique du judaïsme. Pour rappel, ce mur de soutènement est le dernier vestige du temple détruit par les Romains en 70 de notre ère.

Le mur est tout en bas de l’image

1967 : Israël conquiert Jérusalem

Curieux titre !
Jérusalem n’est-elle pas la ville phare d’Israël ? En 1948, à la fin de la guerre ayant débouché sur la création de l’Etat hébreu, l’ONU a partagé la ville en deux. La vielle ville, à l’est, avec tous les édifices religieux, musulmans et chrétiens, de même que le Mur des Lamentations, les fondations du temple d’Hérode détruit par les Romains en 70, a été rattachée à la Jordanie, l’enceinte ottomane servant de frontière.

Mai 1967, Gamal Abdel Nasser, le président égyptien prêche l’invasion d’Israël, l’éradication des Israéliens, leur rejet à la mer. Des manifestions monstres déferlent dans les rues des villes égyptiennes, des drapeaux israéliens sont brûlés et des effigies de Juifs pendues aux lampadaires… Heureusement le plupart des Juifs ont été expulsés d’Egypte lors de l’affaire du Canal de Suez.

Remontons dans le temps. Nasser est colonel dans l’armée égyptienne. En 1952, il participe au renversement du roi Farouk proche des Britanniques et devient le deuxième président en 1956. Socialiste et pan-arabe, il nationalise, la même année, la Compagnie du Canal de Suez, dont les actionnaires français, britanniques et américains avaient refusé de financer la construction du barrage d’Assouan. En octobre, l’ONU ayant avalisé la nationalisation, les Français et les Britanniques signent un accord secret avec Israël pour prendre le contrôle du canal et renverser Nasse. Israël doit attaquer l’Egypte, les troupes françaises et britanniques s’interposant en prenant le contrôle du canal. Très vite, l’armée égyptienne est submergée. Les Français et les Britanniques débarquent à Port Saïd. Début novembre, l’affaire est réglée… C’est sans compter sur l’ONU dont la résolution de renvoyer les belligérants chez eux est approuvée unanimement. Américains et les Russes ont marqué leur accord.
Résultat final : le canal est nationalisé, les Casques bleus déployés dans le Sinaï, les Juifs expulsés, les cadres et employés français et britanniques priés de rentrer chez eux. C’est ainsi qu’un jeune homme de 17 ans vint s’installer avec sa famille à Nice. Il s’appelait Claude François.

Revenons au printemps 1967.  La tension monte, l’armée égyptienne occupe le Sinaï d’où les troupes de l’ONU se sont retirées à la demande de Nasser. En 1966, l’Egypte avait signé un accord militaire avec la Syrie. Aujourd’hui, le 30 mai, un général égyptien prend le commandement de l’armée jordanienne… bien que le roi Hussein se déclare toujours adversaire de la guerre. Israël est encerclée.
Elle mobilise… mais rien ne se passe. Les militaires, dont Yitzhak Rabin et Moshe Dayan, préconisent une action préventive, le président israélien, Zalman Shazar hésite. L’économie israélien est à l’arrêt, toutes les forces vives sont mobilisées. Le pays ne tiendra pas longtemps d’autant plus que Nasser bloque le port d’Eilat dans le golfe d’Aqaba depuis le 23 mai.
Les militaires vont alors instiller un climat de terreur dans le pays : la rumeur parle d’un nouvel holocauste, les terrains de sport, les parcs et les vergers sont réquisitionnés pour creuser 50.000 tombes ! C’est la panique dans la population. Le président Shazar cède enfin après un mois d’hésitation.
Le commandement militaire israélien a eu ce qu’il voulait, mais il n’était pas dupe, il savait que l’Egypte, malgré les provocations, n’était pas prête à la guerre.

Les puissants s’en sont mêlés : les Etats-Unis de Johnson ont fait savoir à Israël que le déploiement des troupes égyptiennes dans le Sinaï n’est que défensif. En relation avec Johnson, Alexeï Kossyguine a prévenu Nasser qu’en cas d’attaque d’Israël, il n’aura aucun soutien.

Mais la machine est lancée, ce n’est pas l’Egypte qui attaquera ! Le 5 juin, au matin, les avions israéliens surgissent de la Méditerranée et détruisent l’aviation égyptienne au sol. La plupart des avions sont complètement détruits. Simultanément les chars israéliens et l’infanterie pénètrent dans le Sinaï, mettant en déroute l’armée égyptienne : 10.000 morts, plus de 4.000 prisonniers.

Mais le soir même, Nasser, mal informé par ses généraux, persiste, il fanfaronne et annonce la victoire. La population descend dans la rue et manifeste sa joie. Par contre, la radio israélienne reste muette sur l’issue de ce premier jour. Croyant la victoire acquise l’armée jordanienne bombarde Israël, les Israéliens ripostent et les para entrent dans la vieille ville de Jérusalem et conquièrent la rive occidentale du Jourdain (la Cisjordanie) alors administrée par la Jordanie. Le 7 juin, les opérations militaires sont terminées sur le front jordanien.

Le 9 juin, l’armée israélienne attaque la Syrie et conquiert le plateau du Golan. La confusion est grande en Syrie : la radio anticipe l’avancée des troupes israéliennes en annonçant des prises de villes qui n’ont pas encore eu lieu. Les Etats-Unis et l’URSS, qui a menacé d’intervenir, imposent un cessez-le-feu qui prend effet le 10 juin. La guerre des six jours est finie, Israël a triplé son territoire et annexé toute la ville de Jérusalem.

6jours

Épilogue

C’est l’euphorie dans la population. Des foules se précipitent dans la vieille ville de Jérusalem conquise pour prier au Mur des Lamentations, qui était interdit aux Juifs. Les ultra orthodoxes annoncent l’imminence des temps messianiques : tous les Juifs de la Diaspora peuvent rentrer dans le grand Israël qui a, ou plutôt aurait, retrouvé les frontières du royaume de David. Actuellement, encore près de 60% des Juifs, soit 8 millions de personnes, sont installés hors d’Israël. Des commandos essaient même de détruire le Dôme du Rocher dans la vielle ville. Ils sont repoussés par l’armée qui protègent les lieux de culte musulmans.

Le gouvernement ne partage par cet enthousiasme. Il est certes heureux de l’issue de la guerre, même s’il déplore 779 morts et plus de 2.500 blessés, mais il s’attend à ce qu’une résolution de l’ONU l’oblige à ramener les troupes vers leurs bases. Cette résolution ne viendra jamais, les Etats-Unis opposant leur veto.

Comme en 1948, lors de la création de l’Etat d’Israël, des milliers de Palestiniens prennent le chemin de l’exil vers les camps de réfugiés.

Fin 1967, les pays arabes, réunis à Khartoum, prennent une résolution commune :

  • pas de paix avec Israël,
  • pas de reconnaissance d’Israël,
  • aucune négociation avec l’Etat hébreu.

Pour avoir outrepassé ces résolutions (accords de Camp David), le président Anouar el-Sadate a payé de sa vie, assassiné en octobre 1981 lors d’un défilé par des membres du Djihad islamique égyptien.

Mais quel est aujourd’hui le statut de Jérusalem-est ? Jamais Israël n’a mentionné l’annexion de Jérusalem-est, bien qu’en 1980, le Knesset, le parlement israélien, ait proclamé Jérusalem capitale de l’Etat, une et indivisible. Jérusalem n’est pas annexée, elle est réunifiée… nuance diplomatique.

Récemment, le 19 juillet 2018, la Knesset a promulgué une loi faisant de l’Etat hébreu, l’Etat-nation du peuple juif. Israël devient le porte-parole de tous les Juifs du monde alors que la grande majorité vit en dehors du pays. Le loi spécifie également que les implantations dans les territoires occupés sont d’intérêt national. L’arabe perd par la même occasion son statut de langue officielle alors que 20% de la population est d’origine arabe, soit musulmane, soit chrétienne.