Le 1er mai

Dans la plupart des pays industrialisés, la 1er mai est un jour férié légal, donc payé, célébrant la « Fête du travail« .
Le premier pays à avoir accordé ce jour de congé est l’Allemagne. En 1933, Adolf Hitler est chancelier depuis mars et déclare le 1er mai, jour férié en l’honneur des travailleurs. Son parti, le NSAP, ne s’intitule-t-il pas « Parti national socialiste des travailleurs allemands » ? C’est la Fête national du peuple allemand. Mais dans la foulée, il dissout tous les syndicats et crée le « Front du travail », seul organisme représentatif des travailleurs.

1er mai, jour de grève et de manifestation

Avant 1933, en Allemagne et dans les pays industrialisés, le 1er mais était l’occasion pour le prolétariat de revendiquer la semaine de 48 heures (6 x 8 heures, seul le dimanche, consacré à la messe, était chômé). C’était un jour de grève et de manifestation depuis 1889, lorsque la IIe Internationale des ouvriers, réunie à Paris, à l’instigation de Friedrich Engels (1820-1895) grand ami de Karl Marx (1818-1833), décréta le 1er mai, « Fête des travailleurs ». Notons le glissement sémantique : Fête des travailleurs est devenue Fête du travail.
(Note : un prolétaire est une personne dont le seul bien sont ses enfants : il produit mais ne possède rien).

Le 1er mai 1891, à Fourmies dans le nord de la France, l’armée tire sur le cortège des manifestants qui se dispersaient. Comme d’habitude, les femmes défilaient en tête. La fusillade fait neuf morts, quatre femmes et cinq hommes. Il y aura 35 blessés. L’année suivante, les travailleurs vont arborer une fleur d’églantier rouge à leur boutonnière. Cette fleur sera remplacée par le muguet en 1907. L’églantier est un rosier sauvage qui pousse partout dans les corons du nord, même sur les crassiers (terrils). La rose rouge des partis « socialistes » n’est qu’une récupération bourgeoise de ce symbole de la lutte des classes. Les ouvriers n’envoyaient pas leurs secrétaires acheter des roses pour défiler, ils les trouvaient sur le chemin du travail. Il est probable que le muguet a supplanté l’églantine car on le trouvait dans les bois de toutes les régions fin avril-début mai.

Avec l’invasion de l’Europe par les Nazis en 1939-1940, le 1er mai devint un jour férié dans les pays occupés. Ce fut également à cette occasion que la Fête des mères fut définitivement adoptée. La carte d’identité est également une idée allemande. Elle fut imposée aux belges envahis en 1914 et en France sous le régime de Vichy en octobre 1940.

Origine du 1er mai

Mais d’où vient cette journée de revendication et pourquoi le 1er mai.
Tout commence aux Etats-Unis. Le 30 avril était le jour de la clôture de la comptabilité et par conséquent, la fin des contrats annuels des ouvriers. Le 1er mai, pour marquer la solidarité des travailleurs, les syndicats organisaient des défilés et en profitaient pour réclamer la journée de 8 heures.

Début mai 1886, le défilé de Chicago avait mis longtemps à se disperser. Il restait environ deux cents manifestants quand une bombe fut lancée sur la police faisant un mort. Dans la bagarre qui suivit, sept autres policiers trouvèrent la mort. Aux Etats-Unis, le deuxième amendement reconnaît aux citoyens le droit de porter des armes.

Huit anarcho-syndicalistes sont arrêtés, un par policier tué. Lors de sa plaidoirie, le procureur Julius Grinnel déclare  : « Nous savons que ces huit hommes ne sont pas plus coupables que les milliers de personnes qui les suivaient, mais ils ont été choisis parce qu’ils sont des meneurs. Messieurs du jury, faites d’eux un exemple, faites-les pendre, et vous sauverez nos institutions et notre société. » Cinq seront condamnés à mort. Quatre seront pendus, le cinquième s’étant suicidé en captivité.

En 1893, le gouverneur de l’ Etat de l’Illinois (dont la capitale est Chicago) John Peter Algeld gracia les 3 syndicalistes encore détenus, en raison de la fragilité de l’enquête et du processus judiciaire. Il déclara également qu’il suspectait le chef de la police de Chicago d’avoir organisé et peut-être même commandité l’attentat.

Note : Définition de l’anarcho-syndicalisme d’après le Dictionnaire de la science politique et des institutions politiques : « Globalement, l’anarcho-syndicalisme érige les syndicats en organismes centraux de l’action politique et des transformations sociales dans la perspective d’une rupture révolutionnaire fondée en même temps sur une prise de conscience progressive de leur pouvoir par les masses populaires. De ce fait, il se présente à la fois comme un projet d’organisation et comme le vecteur d’une nouvelle éthique de la responsabilité à diffuser dans l’ensemble de la société ».

Plus simplement, les anarcho-syndicalistes veulent prendre le pouvoir par l’action directe, par la force, hors des structures de l’Etat. Ils s’opposent aux partis, même socialistes et communistes, qui veulent changer la société légalement, par la victoire aux élections.
La CGT (Centrale générale des travailleurs) en France était, à sa création en 1895, un mouvement anarcho-syndicaliste. La CNT (Centrale nationale des travailleurs, créée en 1910) en Espagne l’est restée jusqu’à sa disparition après la guerre civile de 1936-1939 et la prise de pouvoir de Franco.

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