Les apparitions de la Vierge à Fatima (Portugal)

En 1917, à Fatima, au Portugal, la Vierge serait apparue le 13 de chaque mois, pendant 6 mois, à trois enfants incultes mais pieux, bientôt rejoints par des milliers de personnes. Elle aurait confié aux enfants un secret en trois points.
Que s’est-il passé et quels sont ces secrets ?

Contexte politique

En 1910, la monarchie portugaise a été remplacée par une république laïque et anti-religieuse. Les couvents ont été fermés. L’opposition grandit entre les villes et les campagnes où la plupart des habitants sont incultes et les curés très influents.

Les apparitions

Trois très jeunes bergers raconteront, plus tard, avoir vu, dès 1916, un personnage translucide se présentant comme l’ange du Portugal. Il leur demanda de prier pour la paix. A cette époque, les apparitions sont courantes au Portugal qui est entré en guerre aux côtés des Français.

Ces enfants, issus d’une famille de petits propriétaires possédant une maison, des terres et des moutons, s’appellent Lucie (Lucia) dos Santos, née en 1907, et ses cousins François (Francisco), né en 1908 et Jacinthe (Jacinta) Marto, née en 1910.

Jacinthe, Lucie et François

Le 13 mai 1917, la Vierge Marie leur apparaît. Elle leur demande de réciter leur chapelet tous les jours et de prier pour la paix. Elle leur donne rendez-vous tous les mois, à la même heure (vers midi), au même endroit.

Le 13 juin, l’apparition a de nouveau lieu. Les enfants sont seuls car on ne les a pas crus. Elle leur demande d’apprendre à lire. A partir de ce moment, les enfants vont faire pénitence et se priver de nourriture.

Le 13 juillet, la Vierge annonce qu’elle fera un miracle et qu’elle révèlera un secret le 13 octobre qui sera sa dernière apparition.

Le 13 août, elle n’apparaît pas… et pour cause, les enfants ont été arrêtés par le gouverneur régional qui les interroge. L’Église reste très prudente. Mais les habitants ont envie d’y croire et sous la pression de la foule, les enfants sont libérés. Ils verront la Vierge le 19 août.

Le 13 septembre, la foule s’est assemblée. La Vierge fait son apparition. Seuls les enfants la voient. Lucie peut lui parler, François (9 ans) ne l’entend pas mais sa sœur (7 ans) oui.

Vient enfin le 13 octobre. Il fait un temps de chien ce qui n’a pas empêcher de 50 à 200.000 personnes de se rassembler. Quand la pluie cesse, Lucie ordonne à la foule de fixer le soleil. Plusieurs personnes témoigneront d’avoir vu le soleil danser dans les couleurs de l’arc en ciel. Naïvement, plus tard, le Vatican déclarera qu’aucun scientifique n’a pu expliquer ce phénomène.

La foule le 13 octobre 1917. Il est dommage que le photographe n’ait pas photographié le miracle.

Ces apparitions méritent une réflexion. Si la Vierge est venue demander de prier pour la paix, pourquoi n’est-elle pas apparue quelques mille kilomètres plus au nord, sur les champs de batailles de France et de Belgique, la guerre se serait immédiatement arrêtée et toute la terre se serait convertie au christianisme.

Et ensuite

Malgré les interrogatoires, les enfants ne révèleront pas le secret. Ils ne se contrediront jamais, sauf sur des détails. Rappelons que François n’entend pas la Vierge.
En 1919, François décède de la grippe espagnol. L’année suivante, c’est au tour de sa sœur Jacinthe. Lucie assurera que la Vierge lui avait dit que ses cousins la rejoindraient bientôt.

En 1922, le Vatican ordonne (enfin) une enquête canonique qui aboutira en 1930 par la reconnaissance d’un miracle. On ne parle plus des secrets.
Entretemps, en 1925, Lucie est entrée au couvent pour échapper aux pèlerins qui vont jusqu’à lui couper des mèches de cheveux et enlever des bouts de ses vêtements. Elle résidera dans le couvent de Tuy, au nord-ouest de l’Espagne.

En 1935, on exhume le corps de Jacinthe pour le transporter dans le sanctuaire de Fatima. Et miracle, le corps est intact. C’est un signe de sainteté ! Les enfants seront effectivement canonisés (reconnus comme saints) en 2017 par le pape François qui fera le déplacement à Fatima.

Exhumation du corps de Jacinthe. On aperçoit son petit visage.

Un miracle ? Le célèbre archéo-antropologue Philippe Charlier a une autre explication. Suite à ses privations, Jacinthe n’avait plus que la peau sur les os lors de sa mort, donc pas de graisse. Elle n’a pas été portée en terre, mais son cercueil de plomb a été placé dans un caveau. Or sans eau, il n’y a pas de putréfaction. Son aspect est donc conforme à l’environnement, elle s’est momifiée.

Les secrets

En 1941, sous la pression de l’évêque Lucie se décide à mettre par écrit les deux premiers secrets. Son texte sera publié en 1942.

  1. Son premier secret est un vision traditionnelle de l’enfer peuplé de démons grimaçants.
  2. Le second déclare que la guerre (celle de 1914-1918) va se terminer, mais que sous Pie XI, une autre guerre viendra si on ne cesse d’offenser Dieu. Il faudra convertir la Russie au « cœur immaculé de Marie » sinon elle répandra ses erreurs sur le monde et sera la cause de la guerre.
    Ici, Wikipédia vient à la rescousse : « Le Cœur Immaculé de Marie est une dévotion catholique au cœur de la Vierge Marie, en tant que symbole de la miséricorde, de l’absolu de sa foi, de sa confiance et de l’accueil du Christ au plus intime de sa personne.« 

Que peut-on en penser ?
La prophétie de 1917 cite Pie XI qui n’est devenu pape qu’en 1922 ! Au moment de la prophétie, la révolution bolchévique n’avait pas encore eu lieu. Elle débutera le 7 novembre 1917.

Pourquoi avoir attendu si longtemps pour annoncer qu’une nouvelle guerre aurait lieu ? La révélation est bien tardive et vient après les événements.

On peut expliquer l’aversion de Lucie pour le communisme quand on sait qu’elle résidait dans le couvent de Tuy en Espagne lorsque le 17 juillet 1936, les généraux basés au Maroc (dont Franco) fomentent un coup d’État contre la république et traversent avec leur armée le détroit de Gibraltar à l’aide d’avions mis à leur disposition par l’Italie fasciste. La guerre civile va durer deux ans et demi. De leur côté des anarchistes, les « colonnes de feu » de Buenaventura Durruti, sillonnent le pays pour encourager la collectivisation des terres et contrer l’influence de l’Église. Des grands propriétaires et des curés sont fusillés. Les couvents sont inspectés à la recherche de tombes de nouveaux-nés et de religieuses enceinte.
Lucie a dû être traumatisée par ces événements.

En 1944, elle souffre d’une pneumonie. Sa maladie la décide à mettre par écrit le troisième secret. Elle confie la lettre à l’évêque qui la classe sans la lire. En 1957, le pape Pie XII réclame la lettre qu’il confie à la bibliothèque du Vatican… sans l’ouvrir.

En 1948, elle entre au carmel de Coimbra au Portugal. Ce type de couvent (le carmel) est une véritable prison. Lucie va y vivre en recluse, sans aucun contact avec l’extérieur jusqu’à sa mort.

Le 13 mai 1981on tire sur le pape Jean Paul II. Interloqué par la date (le 13 mai), il demande à lire la révélation de Lucie et déclare que toute sa vie est racontée dans cette lettre ! Mais il tait le secret.
Il attend 2005 pour charger le cardinal Joseph Ratzinger (futur Benoit XVI) de faire une déclaration à la presse. La révélation est une vision allégorique de persécutions des chrétiens. On y lit entre autres :

[Nous vîmes] divers autres évêques, prêtres, religieux et religieuses monter sur une montagne escarpée, au sommet de laquelle il y avait une grande croix en troncs bruts, comme s’ils étaient en chêne-liège avec leur écorce ; avant d’y arriver, le Saint-Père traversa une grande ville à moitié en ruine et, à moitié tremblant, d’un pas vacillant, affligé de souffrance et de peine, il priait pour les âmes des cadavres qu’il trouvait sur son chemin ; parvenu au sommet de la montagne, prosterné à genoux au pied de la grande croix, il fut tué par un groupe de soldats qui tirèrent plusieurs coups avec une arme à feu et des flèches ; et de la même manière moururent les uns après les autres les évêques et les prêtres, les religieux et religieuses et divers laïcs, hommes et femmes de classes et de catégories sociales différentes.

Le 13 mai 1982, Jean-Paul II fait le pèlerinage à Fatima où il a rencontré Lucie qui exceptionnellement a pu sortir du carmel de Coimbra.

Le pape et Lucie

Elle meurt la même année que le pape Jean-Paul II, en 2005. Elle avait 97 ans.

Un nouveau miracle ?

A l’occasion de sa visite, le pape Jean-Paul II a fait don au sanctuaire de Fatima de la balle qui l’avait touchée l’année précédente. Elle s’adapte exactement à la couronne qui y est exposée. Les amateurs de séries policières remarqueront que la balle et indemne, elle ne s’est pas déformée sous le choc… ou alors, elle a été refondue.

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