Et si Jésus n’avait pas existé

Lors d’une conversation avec un futur moine trappiste, il m’a confié que « même si Jésus n’avait pas existé, cela ne changerait rien à sa foi. L’affirmation est déconcertante, mais très logique. Ce n’est pas un Jésus historique qui a fait l’histoire, mais le souvenir qu’il a laissé.

Qui se cache derrière le personnage de Jésus dont le nom hébreu est Yeshoua, Dieu (YWHW) sauve ? Répondre à cette question est impossible tant les souvenirs qu’a laissé le personnage sont différents parmi les transmetteurs de la tradition. Sans oublier les transformations que ces souvenirs ont subi délibérément pour coller au dogme. Ce que l’on peut affirmer, c’est que le personnage appelé Jésus était juif, ses compagnons étaient juifs respectueux de la religion juive et que leurs vies se sont déroulées en Judée en un temps très troublé où l’attente d’un sauveur du peuple, un messie était de plus en plus perceptible, jusqu’à l’éclatement de la grande révolte de 66 à 70.

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Sur le « verbe », le « logos » dans la monde grec

Que dit le Nouveau Testament de Jésus

Le Nouveau Testament nous présente Jésus sous plusieurs facettes : un Jésus évanescent, un Jésus discret, un Jésus autoritaire.

Épîtres de Paul

Les épîtres de Paul sont les premiers textes chrétiens d’après la tradition. Paul aurait écrit ces lettres dans les années 50. Étrange personnage que ce Paul qui part évangéliser le monde romain de langue grecque sans avoir connu Jésus. Il l’a vu en songe. Il ne connaît rien de lui, sinon qu’il est né d’une femme, qu’il a été crucifié et qu’il a ressuscité. De plus, il crée un néologisme pour le nommé : Jésus-Christ. Il affirme :

Car, je vous le déclare, frères : cet évangile que je vous ai annoncé n’est pas de l’homme et d’ailleurs, ce n’est pas par un homme qu’il m’a été transmis ni enseigné, mais par une révélation de Jésus-Christ. (Galates 1, 11-12)

Parfois on se demande s’il parle d’un personnage ou d’un concept. Cependant, on ne peut pas le juger d’après ses épîtres qui ne sont que des recadrages et des recommandations à des communautés qu’il a créées… on ne sait comment. Quels étaient les arguments qu’il a développés pour amener à croire en un personnage qu’il n’a pas connu ? On n’en sait rien.

Évangile selon Marc

L’Évangile selon Marc est le premier à avoir été écrit, apparemment durant la grande révolte des Juifs contre les Romains. Il est donc écrit par la génération suivante, probablement dans une communauté créée par Paul. La préface de l’évangile retient toute notre attention : la traduction peut être biaisée. Dans les versions françaises, on lit : « Commencement de l’Évangile de Jésus Christ Fils de Dieu ». C’est exactement ce que dit le dogme.
Le professeur Bart Ehrman, qui écrit en anglais, traduit : « Commencement de l’Évangile de Jésus, le Messie, fils de Dieu« . Ça a l’air d’être la même chose, mais à cause de la ponctuation, c’est très différent. Ici, Jésus est le messie, c’est dit clairement, alors qu’en français, on peut penser qu’on utilise la désignation de Paul : Jésus-Christ. Ensuite, en français, Jésus est le Fils de Dieu. Pas en anglais, c’est la fonction de Messie qui donne le statut de fils de Dieu. Le roi David était considéré comme un messie, il avait reçu l’onction des mains du prophète Samuel, ce qui lui conférait le statut de fils de Dieu : « Je (c’est Dieu qui parle) serai pour lui un père, et il sera pour moi un fils » (2Samuel 7, 14).

Notons l’ambiguïté de la notion d’évangile. « C’est l’Évangile de Jésus » : Jésus aurait-il écrit un évangile ? N’aurait-il pas fallu traduire par : « Commencement de la bonne nouvelle annoncée par Jésus, le Messie, fils de Dieu » ?

Dans cet évangile, la communauté de Marc se souvient de Jésus comme du messie que personne ne comprend. Il a de l’autorité, mais il est incompris aussi bien de sa famille que de ses disciples. Quand enfin Pierre croit reconnaître en lui le messie, Jésus recommande le secret : « Et il leur commanda sévèrement de ne parler à personne » (Marc 8, 30).

Les traducteurs des évangiles aujourd’hui n’emploient pas le terme hébreu « messie« , mais utilisent son interprétation grecque « christ« . Peut-être pour ne pas choisir entre les différentes significations que les Juifs donnaient à ce terme : un nouveau roi ou un messie cosmique qui détruirait les oppresseurs d’Israël et établirait le royaume de Dieu sur terre. C’est un thème récurrent dans l’Évangile de Marc.

Évangile selon Jean

Ici, on n’est plus dans le monde juif, mais dans une communauté grecque. Jésus est un être divin descendu du ciel, un être égal à Dieu. C’est exposé très clairement dans le prologue, un long poème : « [1] Au commencement était le Verbe et le Verbe était tourné vers Dieu et le Verbe était Dieu… [14] Et le Verbe s’est fait chair et il a habité parmi nous et nous avons vu sa gloire… » (Jean 1, 1-18). Le Verbe est un attribut de Dieu, il ne peut pas en être séparé, donc Jésus (le Verbe) est Dieu.

Le souvenir de Jésus dans la communauté de Jean est tout différent de celui présent dans la communauté de Marc. Ici, Jésus fait des miracles, non plus pour faire le bien, mais pour montrer sa puissance, il s’affiche comme Fils de Dieu. S’il guérit un aveugle, il déclare qu’il est « la lumière du monde », s’il procure de la nourriture, il déclare qu’il est « le pain de la vie », s’il ressuscite un mort, il déclare être « la résurrection et la vie ».

Il va même plus loin dans ses déclarations : « Moi et le Père, nous sommes un » (Jean 10, 30). A ces mots, les Juifs lui lancèrent des pierres. Il a fait plus fort : « En vérité, je vous le dis, avant qu’Abraham fût, Je Suis« . (Jean 8, 59). Cette nouvelle prétention lui a valu de nouveau d’être lapidé. Il faut savoir que « Je Suis« , est le nom par lequel Dieu s’est révélé à Moïse sur le mont Sinaï, c’est la traduction de YHWH ! Il y a donc un monde de différence entre le souvenir laissé par Jésus à Marc et à Jean. Chez Jean, il aurait pu être condamné pour blasphème, chez Marc, il fut condamné comme un perturbateur de l’ordre public, mort en brigand entre deux brigands.

Jésus serait le Maître de Justice des esséniens

J’ai déjà consacré un article au Maître de Justice. Ce personnage apparaît dans les manuscrits trouvés dans les grottes surplombant le site de Qumran dès 1947. Ces documents nous livrent peu de choses sur la vie du personnage. Il semble être le fondateur d’une secte appelée Yahad (l’Unité). Il aurait « reçu de Dieu la révélation du sens caché des Écritures« . Son autorité est fondée sur sa faculté à interpréter les textes bibliques, à expliquer la Loi.

Il aurait vécu au Ier siècle avant notre ère selon une des hypothèses le concernant. C’est cette période qui le relie à Jésus… à partir du Talmud qui fait de Jésus le disciple de rabbi Yeoshoua ben Pera‘hiya. D’après ce texte du Talmud, Jésus serait né la quatrième année du règne d’Alexandre Jannée, soit en 99 avant notre ère.

Le Maître de Justice est persécuté par le grand prêtre du temple de Jérusalem (appelé le prêtre impie dans les textes de Qumran) et il doit s’enfuir, probablement à Qumran ou à Damas.

Le Commentaire des Psaumes, dont des fragments ont été retrouvés dans les grottes 1 et 4, dit que le Maître de Justice est le Juste mentionné dans le psaume 37 (de la Bible) et qu’il a été mis à mort et ressuscité par Dieu :

« L’impie guette le juste et cherche à le mettre à mort. Yahvé ne l’abandonnera pas dans sa main et ne le laissera pas condamner quand il sera jugé » [Psaume 37, 32-33]. L’explication de ceci concerne le prêtre impie, qui a guetté le juste et l’a mis à mort, mais Dieu a délivré son âme de la mort et il l’a réveillé par l’esprit qu’il a envoyé vers lui. Et Dieu ne l’a point laissé périr quand il a été jugé.

En résumé, le Maître de Justice vécut au Ier siècle avant notre ère, comme Jésus dans le Talmud. Il fut un brillant prédicateur, interprète de la Loi, fondateur d’une secte. Il est mort, condamné par les prêtres du Temple et il ressuscita. C’est très peu pour prêter foi à cette identification, mais assez pour ne pas rejeter le parallèle entre la secte de Qumran et les premiers chrétiens : la secte disparaît quand les chrétiens apparaissent.

Jésus aurait été un fils de Judas le Galiléen

Un peu avant sa mort, Luigi Cascioli m’avait fait parvenir son livre la « Fable de Christ » dans lequel il argumente sur l’usurpation d’identité de Jésus. Sur base de ce livre, dont le sous-titre est sans ambages, il a intenté un procès à l’Église catholique, en fait au curé de son village, non seulement pour « usurpation d’identité » mais aussi pour « abus de crédulité populaire ». Il fut débouté et condamné à payer 1600 EUR : la Justice italienne ne s’immisçant pas dans une controverse religieuse. Il se tourna alors vers la Cour européenne des Droits de l’Homme à Strasbourg. Il n’a pas eu l’occasion d’en connaître le verdit, il est décédé en 2010.

Pour Luigi Cascioli, un ancien séminariste, Jésus serait Jean, fils de Judas le Galiléen (ou Judas de Gamala). Judas se révolta contre le recensement de Quirinus en 6 ou 7 de notre ère, lorsque les Romains annexèrent la Judée. Jésus/Jean aurait donc été un révolutionnaire comme son père, un zélote et aurait été crucifié comme tel, comme ses frères Jacques et Simon, ce que relate Flavius Josèphe dans le livre XX des Antiquités Juives. Remarquons que Simon et Jacques sont aussi des frères de Jésus, cités dans les évangiles, normal si « Jésus » est bien le fils de Judas le Galiléen.

A Fadus succéda Tiberius Alexander (46-48) … C’est aussi à ce moment que furent accablés les fils de Judas le Galiléen qui avait excité le peuple à se révolter contre les Romains lorsque Quirinus procédait au recensement de la Judée, comme nous l’avons raconté précédemment. C’étaient Jacques et Simon.

Luigi Cascioli n’apporte aucune preuve directe, mais de nombreux soupçons, à commencer par une affirmation du philosophe de langue grecque, Celse (IIe siècle), dans son ouvrage le « Discours véritable ».

Celui à qui vous avez donné le nom de Jésus était en réalité le chef d’une bande de voleurs dont les miracles qui lui sont attribués ne sont que des manifestations utilisant la magie et des tours ésotériques. La vérité est que tous ces soi-disant faits ne sont que des mythes que vous vous avez fabriqués sans pour autant être en mesure de donner à vos mensonges une teinte de crédibilité.

Des temps troublés, des temps messianiques

Luigi Cascioli insiste sur l’état insurrectionnel qui régnait au premier siècle de notre ère en Judée. Ces temps messianiques commencent avec la révolte de Judas et se terminent avec la grande révolte de 66-70(74) qui aboutit à la destruction des forces juives.
Cet état de révolte, d’insoumission est très bien décrit dans le « Rouleau de la Guerre » trouvé dans les grottes de Qumran. Les sectaires du Yahad, ou les esséniens si l’on veut, n’ont rien de pacifiques, ils se considèrent comme les « fils de la lumière » qui doivent détruire à tout prix les « forces des ténèbres », les « Kittim« , les envahisseurs romains. Le Livre de l’Apocalypse, dans le Nouveau Testament, défend les mêmes idées, celles du combat du Bien contre le Mal. Ils attendent la venue d’un messie pour les guider dans leur combat et s’asseoir sur le trône d’Israël.

Assur [Rome] tombera et personne ne l’aidera, la domination des Kittim disparaîtra en faisant succomber l’impiété sans laisser aucune trace et il ne restera même pas un refuge pour les fils des ténèbres. Le jour où les Kittim tomberont, il y aura un grand massacre en la présence du dieu d’Israël. (extrait du Rouleaux de la Guerre)

On vient de voir que deux des fils de Judas de Gamala avaient été crucifiés en 46-48 sous le procurateur romain Tiberius Alexander, qui soit-dit en passant était le neveu du philosophe juif Philon d’Alexandrie (mort en 45). Vers 52, sous le procurateur Félix, une forte armée se masse au sud de Jérusalem, elle est commandée par un autre fils de Judas, Jean… d’après Luigi Cascioli. Voici ce qu’en dit Flavius Josèphe dans le livre XX des Antiquités Juives :

Les actes des brigands remplissaient ainsi la ville d’impiétés de cette sorte… Beaucoup les écoutèrent et furent châtiés de leur folie, car Félix les livra au supplice quand on les amena devant lui. À ce moment-là vint à Jérusalem un Égyptien qui se disait prophète et qui conseilla à la populace de monter avec lui au mont appelé le Mont des Oliviers, qui se trouve en face de la ville, à cinq stades de distance. Il répétait, en effet, aux gens qu’il voulait leur montrer de là comment sur son ordre les remparts de Jérusalem s’écrouleraient et il promettait de leur frayer ainsi un passage. Félix, lorsqu’il apprit cela, ordonna à ses soldats de prendre les armes et, s’élançant hors de Jérusalem avec beaucoup de cavaliers et de fantassins, il attaqua l’Égyptien et ceux qui l’entouraient ; il en tua quatre cents et en fit prisonniers deux cents. L’Égyptien lui-même s’échappa de la mêlée et disparut. À nouveau les brigands excitaient le peuple à la guerre contre les Romains, en disant qu’il ne fallait pas leur obéir, et ils incendiaient et pillaient les villages de ceux qui leur résistaient.

Flavius Josèphe ne parle pas de Jean, mais d’un Égyptien ! « C’est une interpolation des scribes chrétiens pour effacer toute trace de Jean martèle Luigi Cascioli : que viendrait faire un étranger dans une révolte messianique en Judée ?« 

Malgré la sympathie que m’inspire cet homme qui va au bout de ses convictions, je dois avouer que tout n’est pas « irréfutable » dans sa démonstration. Jean, le fils de Judas le Galiléen, n’a pas plus d’existence historique que Jésus. Flavius Josèphe ne le cite pas parmi les fils de Judas.
Mais pourquoi Luigi Cascioli a-t-il choisi Jean, que personne ne cite alors que Judas avait un autre fils Jaïr dont on ne connaît peut-être pas la destinée, mais qui est le père de deux révolutionnaires cités par Flavius Josèphe : Ménahem qui défendit Jérusalem en tant que chef des sicaires lors du siège soutenu par Titus et Éléazar qui commandait les défenseurs la forteresse de Massada. NB : certains historiens font de Ménahem un fils de Judas, si c’est le cas, c’était un vieillard ! Son père s’est révolté 60 ans avant le siège de Jérusalem.

NB : Quelle est la différence entre un zélote et un sicaire ? Pas facile à dire, certains affirment que « sicaire » était le nom que les Romains leur donnaient car ils assassinaient avec un petit poignard (sica) et que « zélote » était celui qu’ils se donnaient, car ils étaient zélés dans la dévotion à Dieu.

Comment passe-t-on de Jean à Jésus ?

Voici la théorie de Luigi Cascioli : après la destruction du temple et des armées juives, le parti religieux du mouvement révolutionnaire change de stratégie. Dieu a puni les Juifs du parti politique armé pour avoir mal compris son message et tenter une action impie. Le messie ne sera pas un roi guerrier, mais un Sauveur spirituel qui apportera la paix et la vie éternelle, comme dans les cultes à mystères qui font fureur dans l’Empire. Le changement se reflète dans le dernier chapitre du Livre de l’Apocalypse (qui parle très peu de Jésus), après les catastrophes, les combats et la désolation vient la paix :

Au milieu de la place (de Jérusalem) … est un arbre de vie produisant douze récoltes… et son feuillage sert à la guérison des nations. Il n’y aura plus de malédiction. Le trône de Dieu et de l’agneau sera dans la cité et ses serviteurs lui rendront un culte. (Ap. 22, 2-3)

Mais qui est ce Sauveur ? Est-il à venir ou est-il déjà venu ? Dans les autres cultes, il est déjà venu. Il faut donc en trouver un. Mais qui, puisque personne ne l’a reconnu ? Un homme ayant existé ou un être céleste ?On choisit donc un prédicateur. Or l’ Égyptien, Jean pour Cascioli, se disait prophète, il fera donc l’affaire : il est normal qu’on ne l’ait pas reconnu, c’était prévu dans les écritures :

Comme un surgeon il (le Messie) a grandi comme une racine en terre aride ; sans beauté, sans éclat pour attirer nos regards et sans apparence qui nous eût séduit ; objet de mépris, abandonné des hommes, homme de douleur, familier de la souffrance… (Isaïe 53, 2-3)

Le parti religieux construira la vie du Messie d’après des passages de la Bible : tout était écrit, mais on n’a pas compris. Cet homme dont il valait mieux taire le nom, on l’appellera Yeshoua, le Sauveur en hébreu, donc Jésus. Il a maintenant un nom, on peut l’ajouter aux appellations génériques précédentes de Christ, Seigneur ou Sauveur. Christ devient Jésus-Christ.

Des traces dans les évangiles ?

Trouve-t-on dans les évangiles une trace de Jean, le zélote, fils de Judas de Gamala ? Changeons la question pour pouvoir y répondre : trouve-t-on des traces d’un révolté ayant passé son enfance à Gamala ? La réponse est OUI.
Dans les évangiles, la famille de Jésus réside à Nazareth. Cette ville est au bord de la mer, Jésus monte dans une barque pour prêcher. Elle se trouve à flanc d’un escarpement rocheux d’où on veut le précipiter. Or Nazareth est dans une plaine vallonnée à 40 km de la mer de Galilée (le lac de Génésareth). La description de Nazareth correspond en tout point au village de pêcheurs de Gamala.

Certains passages des évangiles font plus penser à un révolutionnaire, un zélote, qu’à un doux agneau :

  • N’allez pas croire que je sois venu apporter la paix sur la terre ; je ne suis pas venu apporter la paix, mais le glaive (Mt. 10,34)
  • Pensez-vous que je sois apparu pour établir la paix ? Non, je vous le dis, mais la division (Lc. 12,51)
  • Si quelqu’un vient à moi sans haïr son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères, ses sœurs, jusqu’à sa propre vie, il ne peut être mon disciple (Lc. 14,26)
  • Seigneur, permets-moi de m’en aller d’abord enterrer mon père… [Jésus répond] Suis-moi et laisse les morts enterrer leurs morts (Lc. 10,16)
  • Mais maintenant, que celui qui a une bourse la prenne, de même celui qui a une besace, et celui qui n’en a pas vende son manteau pour acheter un glaive (Lc. 22,36)
  • Je suis venu jeter un feu sur la terre, et comme je voudrais que déjà il fût allumé (Lc. 12,49)
  • Quant à mes ennemis, ceux qui n’ont pas voulu que je règne sur eux, amenez-les ici et égorgez-les en ma présence (Lc. 19,27)
  • Jésus dit : « J’ai jeté le feu sur l’univers et je veille sur lui jusqu’à ce qu’il l’embrase » (Thomas, logon 10)
  • Jésus dit : « Certainement les hommes pensent que je suis venu pour répandre la paix sur la terre. Mais ils ne savent pas que je suis venu y jeter la discorde, le feu, l’épée et la guerre… » (Thomas logon 17). On retrouve les mêmes propos dans Lc. 12,51 et dans Mt. 10,34.

Enfin, le choix de ses disciples n’est pas très judicieux pour un prédicateur, fils de Dieu, mais se comprend mieux pour un messie-roi qui veut reconquérir le pouvoir.
Nous trouvons deux zélotes, des frères de Jésus : Simon le zélote et Juda (Jude) le zélote.
Simon-Pierre est appelé Barjona, que les traducteurs ont rendu par fils de Jonas (bar Yona), alors que son père s’appelle Jean (Yehohanan en hébreu) dans les Actes de Pierre. « Barjona » en araméen signifie « hors-la-loi ». Si on l’appelle Pierre ou Képhas, c’est à cause de sa carrure.
J’ai consacré un artricle à Judas Iscariote, non pas l’homme de Kériote, mais plutôt le sicaire.
Ce n’est pas tout, les fils de Zébédée, Jean et Jacques sont dit « boanerges« , les fils du tonnerre.

Enfin, il faut se poser une question essentielle : pourquoi Jésus et ses disciples craignent-ils d’être persécutés ? Ce sont des juifs respectueux des Lois. Si les Juifs ne persécutaient pas les esséniens – qui vivaient en marge de la Loi, rejetaient le temple et ses sacrifices et suprême blasphème, avaient adopté un autre système de mesure du temps (solaire) que celui imposé par Dieu (lunaire) -, ils n’avaient aucune raison de persécuter les disciples de Jésus.

Conclusions

Même si Jésus, l’insaisissable, n’est pas Jean, le mystérieux, le raisonnement ci-dessus n’est pas inutile et amène une question essentielle : pourquoi au deuxième siècle, les théologiens chrétiens qui ont « connu » un Sauveur historique n’ont-ils pas réussi à convaincre ceux qui l’imaginaient céleste, comme Marcion ou les maîtres gnostiques Valentin, Basilide, Ptolémée ou Carpocrate. Pourquoi y a-t-il eu autant de sectes ayant des souvenirs tellement différents de Jésus ? Et qui peut dire que l’Église ait choisi le bon ?

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