Le Coran analysé par une IA

D’après la thèse de Jean-Jacques WALTER : Le Coran révélé par la théorie des codes.

L’analyse menée par Jean-Jacques Walter arrive à des conclusions pour le moins différentes de la tradition islamique. D’après les algorithmes, le Coran n’aurait pas un auteur, mais de 30 à 50. Il aurait été conçu non pas en un jour (Nuit du Destin) ou en 22 ans (prédication de Mahomet), mais en deux siècles.

L’auteur et la méthode

Jean-Jacques Walter est un ingénieur français qui a travaillé dans le domaine des technologies. A l’âge de 80 ans, il obtient un diplôme de docteur d’État en islamologie. Sa thèse porte sur « Le Coran révélé par la théorie des codes« . Le sujet de sa thèse a été refusé par plusieurs universités françaises pour « ne pas choquer les musulmans« . Il finira par la passer à Toulouse.

La méthode recherche la signature mathématique des textes. Chaque auteur a une façon identifiable d’écrire. Victor Hugo a un style différent d’Alexandre Dumas, mais deux textes d’Hugo, même écrits à dix ans d’écart portent la même signature numérique. Bien entendu, la méthode ne permet pas de désigner l’auteur d’un texte, mais elle peut reconnaître des textes écrits par un même auteur et les distinguer des écrits d’autres auteurs.

Jean-Jacques Walter a regroupé les versets parlant de sujets particuliers, par exemple « les légendes juives », « le messie », etc. et les a comparés au reste du Coran. La question posée est double : (1) les versets du groupe ont-ils été écrits par une seule personne et (2) cette personne est-elle différente des autres rédacteurs.

Dans un premier temps, la signature des versets étudiés est portée sur un graphique.

Le graphique ci-dessus représente la signature des versets concernant « le messie Jésus », (en bleu) comparé à un échantillon d’autres versets du Coran. Dans ce cas, conclut l’auteur, qu’il y a une chance sur un million que les versets sur le messie aient été écrits par le même rédacteur que les autres versets.

Ensuite, un autre outil permet de comparer les signatures des groupes sélectionnés. De 28 groupes sélectionnés au départ, il en reste 19 dont les rédacteurs sont différents (voir le chapitre suivant).

L’étude a porté sur le texte arabe du Coran, la théorie des codes s’appliquant à n’importe quels codes, à n’importe quelle graphie des lettres.

Conclusions de l’analyse

Jean-Jacques Walter a analysé 28 sujets dont les auteurs sont identifiables. Ces textes ont des signatures numériques particulières. Parmi ces sujets, on trouve : Le Christ, le Paradis, l’incitation à la guerre, les associateurs, les nazaréens, les mots « islam » et « musulmans », etc.

La Mecque – Médine

Il n’a pas été possible de caractériser les versets attribués à Médine de ceux écrits à La Mecque. Cette séparation est artificielle. Des versets de Médine ont une signature identiques à certains versets de La Mecque et sont différents des autres versets.

Pour Jean-Jacques Walter, cette distinction entre les versets de La Mecque et ceux de Médine ont eu pour objectif de dater les versets et de permettre d’abroger les versets de La Mecque, plus anciens, par ceux de Médine. Or les versets attribués à la période mecquoise sont plus libéraux que ceux de Médine qui imposent plus de contraintes et de violence.

Monothéisme et associateurs

D’après Jean-Jacques Walter, l’islam n’est pas un appel à un monothéisme pur, mais c’est un mouvement contre le christianisme trinitaire (celui qui défend la trinité instaurée au concile de Nicée). C’est bien ce que semble indiquer les inscriptions du Dôme du Rocher (voir mon article).

Les versets concernant les associateurs (les chrétiens) et ceux appelant à un monothéisme pur représenté par Allah ont une provenance commune. Ce qui n’est pas le cas pour les versets condamnant l’idolâtrie.

Le messie et les femmes

Les versets parlant de Jésus et ceux cadrant le rôle des femmes dans la société musulmane ont la même origine. Or les versets consacrés aux femmes parlent du rôle réduit à la sphère privée, de la répudiation, de la polygamie, toute chose ignorée du christianisme.

Jean-Jacques Walter en conclut que la source de ces versets est une secte chrétienne qui a gardé les traditions juives, une secte judéo-chrétienne dont nous parle Eusèbe de Césarée (265-339) dans son Histoire ecclésiastique (livre III, 27) intitulé « l’hérésie des ébionites » (ébionite signifie pauvre) :

Ces nouveaux hérétiques furent à bon droit appelés ébionites parce qu’ils avaient sur le Christ des pensées pauvres et humbles. celui-ci leur apparaissait dans leur conception comme un être simple et « vulgaire » [NB : du peuple, humble]… L’observance de la loi mosaïque leur était nécessaire parce qu’ils ne devaient pas être sauvés par la seule foi au Christ…
Il y en avait cependant d’autres qui portaient le même nom et qui se gardaient de la sottise de ceux-ci. Ils ne niaient pas que le Seigneur fût né d’une vierge et du Saint-Esprit… Ils gardaient le shabbat et le reste des habitudes judaïques…

Dans la Bible, plusieurs patriarches sont polygames : Abraham, Jacob, Salomon et le Talmud de Jérusalem (Yevamot 44a) limite le nombre de femme à quatre, comme dans l’islam.

La guemara explique : La mishna nous enseigne de bons conseils ; dans le cas d’un maximum de quatre femmes, oui, s’il peut subvenir à leurs besoins, il est alors acceptable de les épouser toutes.

Philon d’Alexandrie (juif « progressiste » né vers -20 et mort en 45) a écrit :

La vie publique est pour les hommes. Il est plus convenable pour les femmes de rester à la maison et de vivre retirées.

C’était aussi l’avis de Tertullien (150-220), un des Pères de l’Église chrétienne.

Un Coran rédigé en deux siècles

La méthode ne permet pas de dater les textes du Coran. Jean-Jacques Walter déduit cette durée en comparant les versets pour lesquels le locuteur n’est pas Allah. Dans la plupart des cas, ces versets sont précédés de « Dis… », sauf certains. Pour l’auteur, les versets non précédés de « Dis… » auraient été introduits lors de la période libérale du mutazilisme (voir mon article) dans le première moitié du IXe siècle. Comme le nombre de Coran en circulation à cette époque était devenu trop important, ces versets n’ont pas été corrigés.

Une ombre au tableau

Jean-Jacques Walter est un catholique naïf, candide. Dans une émission, sur radio Notre-Dame (visible sur YouTube : https://www.youtube.com/watch?v=Qnr22vzrLQU), il affirme qu’il serait possible de convertir les musulmans au catholicisme, en leur montrant que « le seigneur Jésus » les aime ! Il préconise également que tous les musulmans de France qui professent que la loi islamique est supérieure aux lois de la république n’ont rien à faire en France. Il faudrait les expulser vers les pays musulmans qui voudraient bien les accueillir : tout musulman peut devenir citoyen de tout pays musulman.

Cette position a probablement influencé le choix des thèmes analysés, mais ne doit pas remettre en cause son travail. Sa thèse a été validée par un jury composé d’islamologues et de scientifiques.

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