Le procès de Jésus

Introduction

Le procès de Jésus qui a conduit à sa condamnation à mort ne nous est connu que par les seuls évangiles, à l’exception de tout autre texte. Or la grande majorité des historiens ne croient plus à l’historicité des évangiles. Ce sont des livres de propagande proclamant l’histoire de Jésus en tant qu’histoire du salut, pas une relation historique objective. C’est dire la difficulté de démêler les faits historiques et fictifs.

Les événements racontés par les évangiles, avec de notoires différences entre les quatre livres, se déroulent à Jérusalem, vers les années trente de notre ère, à l’occasion des fêtes de la Pâque juive. Lors des fêtes, le préfet romain et une troupe de légionnaires se déplaçaient de Césarée Maritime, le siège du gouvernement, à Jérusalem pour prévenir toute révolte. Le préfet séjournait dans l’ancien palais d’Hérode, à l’ouest de la ville, tandis que le gros de la troupe était caserné dans la forteresse Antonia, qui dominait le temple.

La fête de Pâque (Pessa’h en hébreu) se déroule sur 8 jours. Elle débute le 14 nisan, le premier mois du printemps, et se termine le 21. Elle célèbre les derniers jours de l’esclavage des Hébreux en Egypte et leur libération selon le mythe de Moïse (voir mon article sur Moïse). Le 14 nisan, Dieu envoie la dixième plaie sur l’Egypte : l’ombre de la mort va visiter toutes les maisons la nuit et emporter le dernier né. Les Hébreux avertis doivent sacrifier un agneau d’un an et badigeonner l’encadrement de la porte avec son sang : la mort passera sans entrer (Pessa’h signifie « passer au dessus« ). Dans cette nuit d’angoisse, ils vont manger l’agneau rôti et du pain sans levain.

Résumé des événements cités par les évangiles.

Jésus entre triomphant dans Jérusalem.
Jour J-1 : Jésus célèbre son dernier repas et annonce que Judas va le trahir.
Jour J : La nuit de J-1, Jésus est arrêté dans le jardin de Gethsémani sur le mont des Oliviers. Chez les Juifs, le jour commence quand la nuit tombe. Les musulmans disent quand il est impossible de distinguer un fil blanc d’un fil noir.
Il est présenté devant le Sanhédrin qui le condamne à mort pour blasphème.
Il est présenté devant le préfet Ponce Pilate pour confirmer la sentence. Celui-ci ne reconnaît pas de faute à Jésus.
Les juifs demandent la libération de Barabbas en échange de Jésus.
Jésus est condamné. Il est fouetté et conduit sur le lieu de son supplice.
Il meurt sur la croix.
Il est descendu de la croix et mis provisoirement dans un tombeau.
Jour J+2 : Jésus n’est plus dans le tombeau.

L’entrée dans Jérusalem

Pour la fête de Pâque, Jésus est entré dans Jérusalem monté sur un ânon, comme l’avaient prédit les prophètes (« Dites à la communauté de Sion, voici ton roi qui vient à toi ; humble, il vient monté sur une ânesse, sur un ânon, le petit d’une bête de somme. » (Livre de Zacharie 9,9). Il a été  suivi par une foule nombreuse et enthousiaste qui agitait des branches de palme en criant « Hosanna ! ». Quel beau tableau bucolique ! Mais est-il historique ?

La supplique « Hosanna », qui signifie, « de grâce, sauve-nous » fait partie de la liturgie des Hoshannot qui a lieu lors de la fête des Cabanes (Souccot),  qui en automne célèbre l’assistance divine reçue dans le désert lors de l’Exode. C’est aussi à cette période que l’on coupe les feuilles des palmiers… et pas au printemps.
De plus, la foule nombreuse des admirateurs de Jésus va s’évaporer et Jésus va se retrouver bien seul (voir plus loin).

Le dernier repas de Jésus

D’après les évangiles synoptiques, ceux qui adoptent une trame identique : Matthieu, Marc et Luc, le dernier repas de Jésus prend place « le premier jour des pains sans levain« , soit le (jeudi) 14 nisan. Ce repas est très spécifique, bien codifié pour les Juifs, or il ne semble pas que Jésus et ses apôtres ont organisé un tel repas. On dirait plutôt un repas communautaire à la manière des esséniens qui partageaient le pain et le vin.
Pour Jean, le quatrième évangile, c’est le (mercredi) 13 nisan qu’a lieu le dernier repas de Jésus, donc un repas normal.

L’arrestation

Peu avant son arrestation, Jésus s’est attaqué aux changeurs et aux marchands qui se trouvaient sur le parvis du temple, qui est le plus vaste lieu de culte de l’Empire romain. Pour la Pâque, des Juifs venaient de partout, ils étaient trois millions selon Flavius Josèphe qui n’est pas à une exagération près. Ils devaient donc changer la monnaie de leur pays par la seule monnaie que les prêtres acceptaient pour payer les animaux des sacrifices, le shekel de Tyr. Le shekel de Tyr avait été choisi pour sa stabilité.
En s’attaquant aux changeurs Jésus voulait peut-être s’attaquer aux sacrifices. Cette « rébellion » de Jésus  a dû passer inaperçue, sinon, un tel acte, juste sous les yeux des soldats romains, cantonnés dans la forteresse Antonia, aurait été immédiatement réprimé.

C’est donc la nuit, sur le Mont des Oliviers, que Jésus est arrêté par « une troupe armée d’épées et de bâtons, envoyée par les grands prêtres et les anciens » (Mt. 26:42) ou par une cohorte romaine (500 à 600 soldats) selon Jean. Pourquoi amener une troupe armée alors qu’ils ne sont qu’une douzaine, armés peut-être, Jésus leur a conseillé d’acheter des armes (Lc 22,36) mais peu dangereux… ils vont d’ailleurs fuir. Et qui va assister à tous ces événements pour les consigner par après si tous les disciples se sont volatilisés ?

Mais pourquoi avoir attendu la nuit ?
Pour éviter les émeutes nous dit-on. Mais le peuple de Jérusalem ne prend pas le parti de Jésus lorsque Pilate lui demande de choisir entre lui et Barabbas. Et durant la période de Pâque, le mont des Oliviers rassemblait tous les pèlerins qui n’avaient pas trouvé de logement dans Jérusalem (ville de 50 mille âmes). C’était un vaste terrain de camping. Autant dire que l’arrestation de Jésus n’est pas passée inaperçue.

Parution devant le Sanhédrin

La grande question de ce chapitre est « Qu’est-ce que le Sanhédrin… au début du premier siècle de notre ère ?  » D’après la tradition chrétienne, c’est la plus haute autorité religieuse de Judée. Déclarer cela est aussi fantaisiste que dire qu’il existe une haute autorité religieuse chrétienne qui regroupe les catholiques, les protestants et les orthodoxes sous la présidence du pape. Car à l’époque qui nous occupe, LA religion juive n’existe pas ! Trois sectes, aussi divergentes et éloignées que les doctrines chrétiennes citées, se partagent les faveurs des juifs. Le judaïsme se développera en parallèle et en opposition avec le christianisme au deuxième siècle, après la destruction du temple par les Romains. Quelles sont ces trois sectes ?

  • Les sadducéens qui collaborent avec l’occupant, appliquent les 613 articles de loi de la Torah, ils ne croient pas à la vie après la mort et estiment que les récompenses d’une vie pieuse s’acquièrent durant l’existence.
  • Les pharisiens, proches du peuple, disent qu’il existe une loi orale, remontant à Moïse, conjointement à la loi écrite, la Torah. Bien entendu, ils sont dépositaires de cette loi qui sera finalement mise par écrit et éditée au IVe siècle, c’est le Talmud. Ils croient en la pérennité de l’âme et à la résurrection des corps.
    Les sadducéens se moquent de cette résurrection ce qui apparaît dans un passage des évangiles (Mt 22, 23-33): « Rabbi (ils s’adressent ici à Jésus, mais ça pourrait être un pharisien), Moïse a dit : Si un homme meurt sans avoir d’enfants, son frère épousera la veuve (loi du lévirat , Dt 25:5-10)… Eh bien, à la résurrection, duquel des frères sera-t-elle la femme ?« 
  • Enfin, les esséniens ne reconnaissent aucune autorité au temple et à ses prêtres. Ils condamnent les sacrifices d’animaux. Suprême blasphème, ils ne reconnaissent pas la mesure du temps fixée par Dieu dans la Bible : ils utilisent un calendrier solaire ! Ils célèbrent les mêmes fêtes que les autres juifs, mais pas aux mêmes dates… et aucun n’a été accusé par le Sanhédrin.

Le Talmud a réservé tout un traité au Sanhédrin, mais il ne s’applique pas à celui du début du premier siècle. Le Sanhédrin devait donc être soit le conseil municipal de Jérusalem, soit plus probablement, l’organe de gestion du temple. Comme c’est le cas de nos jours : depuis la prise de Jérusalem-est par les Israéliens en 1967 (voir : 1967 : Israël conquiert Jérusalem) l’esplanade des mosquées est gérée par le WAQF, une fondation religieuse islamique contrôlée par la Jordanie (voir : le Dôme du Rocher). Cette comparution devant le Sanhédrin est donc pour le moins invraisemblable. D’autant plus que nous sommes le (vendredi) 15 nisan, et c’est un jour de shabbat, ce que seul l’évangile de Jean semble savoir : « ceux qui l’avaient amené n’entrèrent pas dans la résidence (de Ponce Pilate) pour ne pas se souiller. » Les juifs se sont purifiés, leurs actions sont très limitées, alors, juger un homme et le condamner à mort, il ne faut pas y penser. En toute logique, Jean ne mentionne pas la parution de Jésus devant le Sanhédrin.

Un dernier point pour appuyer là où ça fait mal. Dans les Actes des Apôtres, alors que les Romains (pas les Juifs) ont arrêté Paul à la demande du Sanhédrin, le « tribun » commandant la forteresse Antonia écrit au procurateur résidant à Césarée  : « J’ai constaté que l’accusation portait sur des discussions relatives à leur loi, mais sans aucune charge qui méritât la mort ou les chaînes » (Ac 23.28). Le rédacteur des Actes connaissait la loi romaine, ce qu’ignoraient les évangélistes. Or on attribue les Actes à l’évangéliste Luc. Comprenne qui pourra.

Parution devant Ponce Pilate

Tous les évangiles sont d’accord, Ponce Pilate (préfet de 26 à 36) connu pour son mépris des juifs et pour sa cruauté, ne reconnaît aucune charge contre Jésus.
Fin de l’histoire. Jésus est libre, il ne sera pas crucifié et le christianisme n’existera pas. Ce n’est pas une uchronie, mais la logique implacable des évangiles.

Il faut donc un miracle pour sauver l’histoire. Un miracle, plutôt un mensonge éhonté : « A chaque fête, le gouverneur avait coutume de relâcher à la foule un prisonnier, celui qu’elle voulait » (Mt 27,15). Cette coutume n’a jamais existé. Mais continuons le récit sur base de ce mensonge. Pilate demande aux Juifs de choisir entre Jésus le nazaréen et Jésus Barabbas, un meurtrier, un rebelle. En fait il leur demande de choisir entre Jésus le Fils du Père et Jésus le fils du père (traduction de l’araméen Bar(fils) Abba (père)). Pilate, fâché par la tournure des événements déclare en se lavant les mains : « Je suis innocent de ce sang, C’est votre affaire » (Mt 27,24). Et « Tout le peuple répondit : Nous prenons son sang sur nous et sur nos enfants ! » (Mt 27,25).

A cause de cette entorse à l’Histoire, à cause de ce mensonge, des millions de Juifs ont été persécutés par les chrétiens. En 1997, Mgr Louis-Marie Billé, président de la Conférence des évêques de France a bien exprimé la repentance des chrétiens pour ces persécutions. En 2000, à Jérusalem, le pape Jean-Paul II  a demandé pardon « pour les nombreux péchés commis autrefois par l’Eglise catholique, notamment son attitude envers les Juifs, les hérétiques, les femmes et les peuples indigènes ». Le communiqué du Vatican ne mentionne pas combien de millions d’avés et de paters le pape a dû réciter pour être absous. Mais personne n’a jamais dit que tous ces péchés avaient été commis à cause d’un mensonge ! Donc, oui, les chrétiens demandent pardon… mais c’était quant même la faute des Juifs, ce sont eux qui ont condamné Jésus.

Petite devinette. Il semble que Ponce Pilate et Jésus discutent entre eux. En quelle langue ? Jésus est sensé parler l’araméen, langue imposée par les Perses à tout le Proche Orient vers 500 avant notre ère, et Ponce Pilate parle le grec. Or, depuis -330, tout le Proche Orient et l’Egypte sont sous domination grecque (conquis par Alexandre le Grand). En 300 ans, la culture grecque s’est donc imposée en Judée. Des gymnases, des bains publics et même un théâtre ont été construit à Jérusalem. La toge doit être aussi populaire que la tunique courte et le manteau qui la recouvrait dans les rues de la cité. On peut donc penser que Jésus parlait grec. D’autant plus que Nazareth, qui aurait été son lieu de résidence, n’était qu’un faubourg de la ville grecque de Sépphoris (non mentionnée dans les évangiles).

La crucifixion

Je laisse au folklore la couronne d’épines et le manteau rouge dont Jésus a été affublé pour retenir la flagellation qui précédait l’exécution. Le condamné était avili, il était présenté à la foule nu et en sang. En route vers son supplice, Jésus a-t-il porté sa croix, n’a-t-il été lié qu’au seul patibulum (le bois horizontal) dans tel cas, il n’a pas pu être aidé, ou a-t-il été transporté vers le lieu où les croix étaient dressées en permanence, comme lors de la révolution française où la guillotine attendait sur l’actuelle Place de la Concorde ou comme au Moyen-âge où le gibet gardait trace des exécutions passées ? Je ne prendrai pas parti.

Jésus a-t-il été cloué sur la croix ? Pour rester logique avec les évangiles, la réponse est NON… sinon il aurait été impossible de descendre Jésus de la croix. Il aurait gardé des « souvenirs » de son supplice. Les Romains utilisaient des clous de section carrée d’une vingtaine de centimètres (voir mon article sur la crucifixion).

Le pied d’un crucifié garde le clou fiché dans son talon.

Dans l’apocryphe « Actes d’André », daté de la fin du IIe siècle, nous trouvons une description plus « réaliste » d’une crucifixion, celle d’André : « Ils vinrent et se contentèrent de le lier aux pieds et aux aisselles, sans rien lui clouer, ni les mains, ni les pieds, sans non plus lui briser aucune articulation, car ils voulaient le tourmenter en le laissant suspendu, et qu’il soit dévoré vivant, la nuit, par les chiens ».

La mort de Jésus

La crucifixion est un supplice oriental ou carthaginois, adopté par les Romains. Il mène à une mort très lente : le supplicié met parfois des dizaines d’heures ou plusieurs jours à mourir étouffé par le poids de son propre corps, quand les jambes ne peuvent plus le soutenir. Jésus meurt en trois heures… pour donner un semblant de vérité au récit : il doit être mis au tombeau avant la tombée de la nuit et ses os ne doivent être brisés. Les suppliciés avaient les tibias brisés pour que les jambes ne puissent plus soutenir le poids du corps. Cette mise à mort accélérée devaient intervenir lorsque le lieu du supplice n’était pas gardé en permanence.

Dans les évangiles, on n’a pas une description réelle d’une crucifixion, mais une série de confirmation de prophéties issues de la Bible pour prouver que Jésus est bien le messie attendu. La crucifixion est une mise en scène de passages de la Bible :

  • Psaume 22 : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné »  (verset 2), « …ils partagent entre eux mes habits et tirent au sort mon vêtement » (verset 19)  et « Ils ont percé mes mains et mes pieds » (verset 17).
  • Isaïe 53, 5 : « Il a été transpercé à cause de nos péchés ».
  • Exode 12, 46 : « Vous n’en briserez aucun os ». en parlant de l’agneau sacrifié lors de la Pâque.

S’il faut en croire Matthieu (27, 45) y eut-il une éclipse solaire lors de la crucifixion, ce qui permettrait de dater l’événement : « À midi il y eut des ténèbres sur toute la terre jusqu’à trois heures » ou Marc (15, 33) ou Luc (23, 44) qui ajoute que le soleil avait disparu. Il ne faut pas prendre cette affirmation au pied de la lettre, c’est un rappel du livre de Joël  (2, 31) : «  Le soleil se changera en ténèbres, et la lune en sang, avant l’arrivée du jour de l’Éternel, de ce jour grand et terrible ».

Pour avoir une éclipse solaire, il faut que la lune et le soleil soient du même côté de la terre, c’est-à-dire à la nouvelle lune. Or la Pâque (15 nisan) tombe toujours à la pleine lune, les mois commençant à la nouvelle lune. A la pleine lune, la terre se trouve entre le soleil et la lune. De plus, une éclipse solaire ne dure que quelques minutes, au maximum 7 minutes et 31 secondes à la latitude de Jérusalem pour être précis. La version officielle actuelle est qu’un orage a éclaté.

Conclusion

En toute logique après ce que je viens d’écrire, la conclusion ne peut tenir qu’en une seule question : que s’est-il passé, quand Jésus est-il mort, comment est-il mort. On peut me rétorquer que Paul parle déjà de la crucifixion. Dans la première Épître aux Corinthiens écrite par Paul en 54-56, soit quinze ans avant le premier évangile, celui de Marc, on lit « Car j’ai décidé de ne rien savoir parmi vous, sinon Jésus Christ, et Jésus Christ crucifié » (1Co 2, 2). Paul sait comment Jésus est mort. C’est le seul endroit de ses épîtres. Ce qui intéresse Paul, qui n’a pas connu Jésus, c’est la résurrection :  » Christ est mort pour nos péchés, selon les écritures. Il a été enseveli, il est ressuscite le troisième jour, selon les écritures. » (1Co 15, 3-4). Il ne connaît pas l’histoire de Jésus, il la déduit des écritures, la Bible hébraïque, vu qu’aucun texte n’a encore été écrit sur Jésus.

Ce qui m’a toujours déconcerté dans les traductions des épîtres de Paul, c’est qu’il appelle Jésus : « Jésus-Christ« , comme si Christ était son nom de famille et qu’il parle de « l’évangile que je vous ai apporté« . Il me semble plus correct de traduire Jésus-Christ par « Jésus le Messie » et l’évangile par son sens en grec : « la bonne nouvelle« .

On peut refaire l’Histoire en supprimant du récit toute intervention des Juifs.
Jésus est arrêté alors qu’il trouble l’ordre dans le temple. Il est condamné à mort par les Romains comme menace pour la sécurité de l’empire. Il est crucifié et son corps reste pendu à la croix. Il est ensuite jeté dans une fosse commune. Le corps n’est pas récupéré par ses disciples qui déclarent qu’il a disparu, qu’il est ressuscité. C’est moins glorieux, mais plus en phase avec l’Histoire.

Le folklore

Le folklore chrétien s’est emparé de la mort de Jésus pour en faire le « chemin de croix », le jeu de la Passion qui reconstitue en une dizaine de tableaux, les stations, le jugement et la mort de Jésus. Il a son origine dans la liturgie du Vendredi saint des chrétiens de Jérusalem. Les franciscains, présents en Terre sainte depuis 1220, suivent  le rite en usage dans l’Église orthodoxe locale et le transposent progressivement dans leurs églises en Italie. C’est seulement sous le pape Clément XII, en 1731, que la permission fut donnée de créer des chemins de croix dans d’autres églises que celles des franciscains. Aujourd’hui, beaucoup d’églises contiennent un chemin de croix sous forme de tableaux sur leurs murs.

En 1991, lors de son chemin de croix, Jean-Paul II a supprimé 5 stations sans référence bibliques (les 3 chutes de Jésus, sa rencontre avec Marie, sa mère et avec Véronique) pour les remplacer par d’autres.

En 2018, le pape François a demandé à 15 jeunes traditionalistes de 16 à 27 ans, de réécrire le jeu de la passion en 14 stations. Première constatation, « avec l’enthousiasme typique de leur âge« , nous dit le journal catholique La Croix, ils ont réintroduit les 5 stations supprimées par Jean-Paul II. Seconde constatation, la première station pointe de nouveau les Juifs comme responsables de la mort de Jésus. François n’a donc rien appris. Voici ce que dit le journal La Croix sur cette première station. Remarquons que le mot « Juif » n’est jamais cité :

De l’Évangile selon Luc (Lc 23, 22-25) : Pour la troisième fois, il leur dit : « Quel mal a donc fait cet homme ? Je n’ai trouvé en lui aucun motif de condamnation à mort. Je vais donc le relâcher après lui avoir fait donner une correction. » Mais ils insistaient à grands cris, réclamant qu’il soit crucifié ; et leurs cris s’amplifiaient. Alors Pilate décida de satisfaire leur requête. Il relâcha celui qu’ils réclamaient, le prisonnier condamné pour émeute et pour meurtre, et il livra Jésus à leur bon plaisir.

Je te vois, Jésus, devant le gouverneur, qui par trois fois tente de s’opposer à la volonté du peuple et à la fin, choisit de ne pas choisir, devant la foule qui, interrogée par trois fois, décide toujours contre toi. 

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