Le Coran contiendrait le compte-rendu des prêches d’un rabbin juif prononcés lors des pèlerinages à la Kaaba de La Mecque. Un jeune Arabe s’est laissé persuader par ces discours. Il sera nommé Mahomet. C’est l’idée que Joseph Bertuel a développée dans un ouvrage en trois volumes : L’islam, ses véritables origines. Par le choix des passages du Coran, il a rendu sa théorie cohérente.
Laissons-lui la parole.
Catégorie : Islam
Les interdits alimentaires
Il est consternant de noter que les interdits moraux tels que « tu ne tueras point« , « tu ne voleras pas » et « tu ne convoiteras pas la femme de ton voisin » ont été ignorés partout et de tout temps, alors que les interdits alimentaires ont été et sont toujours scrupuleusement respectés, devenant des marqueurs sociaux.
Tour d’horizon.
Lire la suite « Les interdits alimentaires »L’Arabie à l’aube de l’islam
Les écrits musulmans ont un terme pour qualifier cette époque » jâhiliya« , l’ignorance ! Ce terme nous renseigne sur le degré de connaissance des savants arabo-musulmans sur le contexte de l’Arabie pré-islamique… ils ne le connaissait pas.
Or, la Péninsule arabique n’était pas un monde fermé, ce monde était en contact avec les empires perse et byzantin et surtout avec le puissant royaume d’Himyar, tantôt sous domination du royaume d’Aksoum, tantôt indépendant (voir la carte).
Essayons d’y voir plus clair pour mieux comprendre la genèse du mouvement politico-religieux de Mahomet.
Lire la suite « L’Arabie à l’aube de l’islam »Le Jugement dernier
Tous les croyants espèrent atteindre le royaume de Dieu, le paradis.
Mais quand s’effectue le passage ? A la mort… ou au Jugement dernier ?
Le meutre de Samuel Paty
L’assassinat et la décapitation de Samuel Paty, professeur d’histoire et géographie au collège de Conflans-Sainte-Honorine, en octobre 2020, montre quels sont les dégâts que peuvent occasionner le mensonge et la haine relayés sur les réseaux sociaux.
Lire la suite « Le meutre de Samuel Paty »Les dissensions entre chiites et sunnites
On pourrait croire que les conflits entre chiites et sunnites au Proche-Orient ne sont qu’un remake des guerres de religions, opposant catholiques et protestants. Guerres qui ont ensanglanté l’Europe au XVIe et XVIIe siècle. Il n’en est rien. Au début, la différence entre les deux mouvements n’était pas religieuse mais politique et le rejet des uns et des autres ne sera que très progressif.
Lire la suite « Les dissensions entre chiites et sunnites »Avons-nous une âme
Cet article est inspiré du hors série 298 de novembre 2021 du périodique Science & Vie
De tout temps les humains se sont questionnés sur la mort d’un des leurs. Où est passée la vitalité qui animait ce corps maintenant inerte.
L’idée de l’existence de l’âme est associée aux croyances selon lesquelles la vie continue après la mort. Cette idée d’âme est liée à la conviction d’une vie future.
Lire la suite « Avons-nous une âme »1571 : La dernière croisade
Contexte géopolitique
Au XVIe siècle l’Empire ottoman ne cesse de progresser vers l’ouest.
En 1522, les Hospitaliers, chassés de Jérusalem avec les Templiers, perdent l’île de Rhodes. Ils s’installent à Malte.
En 1526, la Hongrie est conquise après le bataille de Mohacs. Plus que jamais Vienne est menacée.
En 1566, la république de Gênes perd l’île de Chios.
En 1570, la république de Venise perd l’île de Chypre. Lors du siège de Nicosie, plus de 20.000 habitants sont mis à mort.
Les navires turcs s’aventurent de plus en plus loin à l’ouest et effectuent des raids sur les côtes du sud de l’Italie, alors domaine des Habsbourg qui règnent sur l’Espagne, les Pays-Bas, le Saint Empire germanique, Milan, Naples, la Sicile et les Amériques.
Les Ottomans ont installé des régences à Alger, Tunis et Tripoli d’où partent les corsaires barbaresques qui perturbent le trafic maritime.
L’Empire ottoman est à son apogée. Le commerce en Méditerranée est menacé.

En 1571, le pape Pie V crée la Sainte-Ligue avec Venise dans le but de s’opposer aux Ottomans. Ce n’est plus une croisade offensive, mais défensive. Ils sont bientôt rejoints par l’Espagne de Philippe II, les Hospitaliers de Saint-Jean (Malte) et les Génois. La participation du Vatican n’est pas symbolique, depuis la fin du XVe siècle, le pape possède une armée efficace qui a étendu ses possessions au détriment de ses voisins.
Mais où est la France, « fille aînée de l’Église » ? Depuis François Ier, la France, adversaire des Habsbourg est l’alliée de l’Empire ottoman. Elle se réfugie dans une discrète neutralité.
La bataille
La Sainte-Ligue rassemble une flotte importante : 202 bâtiments dont 6 galéasses, des navires à trois mâts, propulsés par des rameurs et qui embarquent des canons. L’armée compte 30.000 soldats et 50.000 rameurs. La flotte quitte Messine le 16 septembre 1571 en direction de la Grèce et plus spécialement du Golfe de Corinthe où est réunie une flotte ottomane de 230 navires.
Le commandement des chrétiens est confié à don Juan d’Autriche, bâtard de Charles-Quint, demi-frère de Philippe II. Le pape Pie V lui fait remettre un petit reliquaire contenant un morceau de la « Vraie-Croix » pour solenniser la croisade. Il a embarqué sur une frégate légère aux voiles écarlates, la Réale, qui lui permettra de diriger la manœuvre.
La flotte ottomane est dirigée par Ali Pacha, gendre du sultan Sélim II, le fils de Soliman le Magnifique.
Le 7 octobre, la bataille s’engage au large de Lépante. Ce n’est pas à proprement parler une bataille navale, mais un combat de fantassins à distance. Ce qui n’empêche pas des navires d’être coulés par les boulets tirés les galéasses.
Dès la première salve, un mât de la Sultane, le navire amiral ottoman est touché.

Le combat cesse vers 17 heures par la victoire de la Sainte-Ligue. Ali Pacha a été tué par un tir d’arquebuse, ses deux fils ont été fait prisonniers. Soixante-huit galères turcs ont été coulées et 118 saisies : la flotte est anéantie. Plus de 30.000 Turcs ont été tués contre 7.500 chrétiens. Des milliers de prisonniers turcs vont connaître les chaînes dans les galères de la chrétienté. En revanche 15.000 esclaves chrétiens ont été libérés.
Conséquences
Le grand vizir, premier ministre du sultan Sélim II aurait dit à un émissaire vénitien : « En s’emparant de Chypre, nous vous avons coupé un bras, en détruisant notre flotte à Lépante, vous nous avez rasé la barbe. Et une barbe rasée repousse avec plus de force. » Effectivement, si la défaite a semé la panique à Constantinople, elle n’a pas affaibli l’Empire ottoman qui n’a perdu aucun territoire. C’est même la république de Venise qui fait la mauvaise opération. Elle ne récupère pas Chypre, et pour relancer son commerce avec l’Empire ottoman, elle doit céder des territoires en Dalmatie (actuellement en Croatie) et doit payer 300.000 ducats, plus de 10 tonnes d’or ! Un ducat vénitien, à l’époque, contient 3,5 grammes de 99,47% d’or fin.

Néanmoins, si la flotte ottomane a été vite reconstituée, la perte de 20.000 marins expérimentés va affaiblir l’Empire qui se contentera de contrôler le trafic maritime dans l’est de la Méditerranée, en laissant le contrôle de l’ouest à l’Espagne. Les corsaires barbaresques ne cesseront cependant d’arraisonner les navires chrétiens pour capturer des esclaves. Ce qui provoquera l’intervention d’une jeune nation, les Etats-Unis qui après avoir bombardé Alger et Tunis (déjà !) signera un traité en 1797 assurant la liberté de commerce contre paiement d’un tribut et la fourniture de quatre navires. Le course ne prendra fin qu’avec l’invasion française en 1830.
Le vaccin anticovid est-il halal ?
Cet article est inspiré d’un sujet de la télévision belge
C’est la question qu’a posée Joko Widodo, le président de l’Indonésie, le pays qui compte le plus de musulmans. Pour les musulmans, la question est vitale : pour se prémunir d’une maladie mortelle, faut-il risquer la « damnation éternelle » ?
Pourquoi le vaccin ne serait-il pas halal ? Certains vaccins utilisent de la gélatine fabriquée à partir de déchets animaux, dont des porcs. Ce sont les vaccins dit protéiques comme par exemple celui de la rougeole.
Après examen minutieux de la composition du vaccin chinois Sinovac, le Conseil théologique d’Indonésie l’a déclaré halal. Dans un article précédent, j’avais déjà fait référence à ce Conseil théologique qui devait statuer sur les prières à bord de la station orbitale ISS qui accueillait un Indonésien musulman (voir « la prière en question« ).
Aucun vaccin contre le/la Covid ne contient de gélatine, ce ne sont pas des vaccins protéiques.
Le roi du Maroc, Mahommed VI, a montré l’exemple en se faisant vacciner en public avec un autre vaccin chinois, le Sinopharm. Le président indonésien, rassuré, a fait de même.
Au 15 septembre 2021, l’Indonésie comptabilisait plus de 4 millions d’infections et près de 140.000 morts.
Les imams des pays arabes comme l’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis et le Bahreïn de même que le Pakistan ont également déclaré les vaccins halal.
Néanmoins, dans plusieurs pays, certains imams influents estiment qu’une fatwa, une loi islamique qui stipule que les vaccins sont halal est nécessaire pour décider les hésitants. C’est le cas de l’imam anversois Nordin Taouil, qui prévient que « Certains musulmans ne veulent pas être vaccinés parce qu’ils sont influencés par des théories conspirationnistes prétendant que le vaccin n’est pas autorisé par les autorités religieuses ».
Peut-on se faire vacciner durant le ramadan ?
Autre préoccupation : le ramadan. Les imams semblent d’accord à ce sujet : les vaccins, quels qu’ils soient, n’interfèrent nullement sur l’observation du jeûne, ils ne rompent pas le jeûne car ils n’ont aucun effet nutritionnel.
Et les médicaments sous forme de gélule ?
Les gélules sont faites avec de gélatine. Donc, elles peuvent potentiellement contenir des résidus de porc, et elles s’avalent comme un aliment. Les musulmans doivent-ils les proscrire ?
Les juristes de l’Organisation islamique des sciences médicales font remarquer que la nécessité l’emporte sur la prohibition. C’est pourquoi l’insuline pour le traitement du diabète, qui peut être fabriquée à base de pancréas de porc, est autorisée. Donc, les gélules comme médicaments sont halal.
Les mêmes juristes ont également jugé que les nombreux traitements chimiques pour produire la gélatine la rendent pure (istihala), et par conséquent autorisée. Les gélules comme complément alimentaire sont donc également halal.
La Sîra an-nabawîya
La biographie de Mahomet
La tradition raconte que le calife al-Mançur (754-775) convoqua l’historien ibn Ishâq (mort en 767) pour lui demander d’écrire un livre qui enseignerait à son fils al-Mahdi (calife de 775 à 785) tous les événements depuis Adam. ibn Ishâq s’exécuta. Le calife trouva le livre trop long, ibn Ishâq l’abrégea, ce fut la première biographie de Mahomet.
Cette version ne nous est pas parvenue. Plus de 50 ans plus tard, ibn Hicham (mort en 824) reprit le texte d’ibn Ishâq et l’abrégea de nouveau. Dans son introduction, il note : « Par souci de concision, je m’en tiendrai à la seule lignée qui descend directement d’Ismaël au prophète Muhammad ». Et il conçut un livre de 1600 pages qu’on lit encore aujourd’hui. Le texte actuel serait basé sur 17 manuscrits. La dernière édition a été publiée au Caire en 1955.
La Sîra se présente comme un ensemble de hadiths : tous les paragraphes sont précédés d’une chaîne de transmission : « X a entendu dire par Y qui le tenait de Z que Un tel a dit que…« . La version française de Wahib Atallah ne contient pas ces chaînes de transmission, ce qui facilite la lecture.
Le récit commence avec la naissance d’Ibrahim, fils d’Abraham et de son esclave égyptienne Maria (d’après la Sîra, Hagar d’après la Bible). C’est l’ancêtre de Mohamed, annoncé par deux prophètes. Il se termine à la mort du prophète de l’islam par le choix de Abu Bakr pour lui succéder à la tête de la Umma. (voir l’article sur Mahomet)
ibn Hicham est-il resté fidèle à ibn Ishâq ?
ibn Khaldun (1332-1406) considérait ibn Ishâq comme un des plus grands historiens de l’islam. Pour ibn Khaldun, le travail de l’historien ne se résume pas à établir des chaînes de transmission pour certifier un fait : « La meilleure manière de distinguer le vrai du faux consiste à faire l’examen critique des faits avant même d’apprécier la crédibilité des informateurs. Quand un récit est absurde, peu importe le crédit attaché ou non à son auteur « .
Or, la Sîra qui nous est parvenue contient nombre de faits peu crédibles, pour un lecteur neutre. Voici trois exemples :
- Amina, la mère de Mahomet racontait : « Lorsque je fus enceinte, je vis sortir de moi une lumière qui illumina les châteaux de Bosra en Syrie ».
- Mahomet déclare que lorsqu’il était enfant : « … je vis deux hommes habillés de blanc qui portaient une cuvette en or pleine de neige. Ils se saisirent de moi, m’ouvrirent le ventre et sortirent de mon cœur un caillot de sang noir qu’ils jetèrent. Puis ils lavèrent et purifièrent mon cœur avec cette neige ».
- alors que Médine (Yathrib) va être assiégée par les armées de La Mecque, Mahomet ordonne de creuser un fossé tout autour de l’oasis, mais la terre était très dure. « Mahomet demanda une cruche d’eau, y cracha, fit une prière à Dieu et répandit l’eau sur le sol : la couche dure se disloqua, s’effrita et devint comme une dune de sable. »
ibn Ishâq a été accusé d’avoir des affinités avec les chiites. Il aurait donné un rôle exagéré à Ali. Or dans la Sîra d’ibn Hicham, Ali, est certes considéré comme le cousin bien aimé de Mahomet et son beau-fils, mais là s’arrête son rôle. Jamais il n’est considéré comme le successeur désigné du prophète, ni comme le messie que Mahomet aurait annoncé. (voir l’article sur le Coran des chiites)
Mise en contexte du Coran
L’objectif avoué ou sous-jacent de la Sîra est la mise en contexte du Coran. Le récit doit coller au Coran et expliquer en quelles circonstances, tel verset a été suggéré à Mahomet. Ainsi, c’est à cause de la Sîra qu’on a l’habitude de diviser les révélations entre La Mecque et Médine.
Je crois que les évangiles ont la même origine que la Sîra : un membre d’une communauté, de la deuxième ou troisième génération, a dû demander : « Mais Jésus-Christ, qui c’est ? ». On a donc rédigé une vie de Jésus à partir des souvenirs que les anciens avaient gardés des histoires que les prêcheurs leur avaient racontés. Ce qui pourrait expliqué qu’il y en ait plusieurs… qui ont été uniformisés plus tard. Mais chaque grande communauté, probablement Jérusalem, Alexandrie, Antioche, ont insisté pour garder le leur.
Dans l’exemple des évangiles, la mise en contexte ne s’est pas faite : les évangélistes n’ont pas expliqué en quelles circonstances les paraboles ont été prononcées.
