L’athéisme chrétien

Les athées chrétiens rejettent tout élément surnaturel du christianisme, dont la notion d’un dieu intervenant dans les affaires humaines. Ils se déclarent de culture chrétienne et élaborent leur système éthique à partir des enseignements puisés dans le Nouveau Testament. Ce n’est pas un mouvement structuré, mais des initiatives personnelles qui revêtent différentes formes.

C’est Pierre, un ami, qui m’a fait découvrir le sujet qui s’est révélé plein de surprises… comme on va le voir.

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Le Graal et le Da Vinci Code

Le Da Vinci Code est un roman, une fiction écrite par l’auteur américain Dan Brown et publié en 2003.
Le récit commence par le meurtre de Jacques Saunière dans le musée du Louvre. Commence alors une enquête à rebondissements basée sur la résolution d’énigmes. Le dénouement est sensationnel : Marie Madeleine a été l’épouse de Jésus. Elle est venue en France avec leur(s) enfant(s) qui ont fait souche. Aujourd’hui ils seraient en Angleterre dans la famille Sinclar. Une société secrète, le Prieuré de Sion est chargée de les protéger, mais un « moine » de l’Opus Dei assassine tous ses membres : Jacques Saunière était son grand maître.

D’où viennent ces idées ?
Les recherches sont encore plus passionnantes et étonnantes que le scénario du da Vinci Code… entre vérités et conspirations.

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Constantin, un empereur chrétien ?

Deux auteurs chrétiens contemporains de l’empereur, Eusèbe de Césarée (265-339) et Lactance (250-325) ont laissé de Constantin (272-306-337) l’image d’un souverain pieux, un homme providentiel, plus préoccupé à satisfaire les chrétiens qu’à administrer l’État.
Mais comme l’a écrit un auteur chrétien de la génération suivante : « Eusèbe avait plutôt dessein de faire l’éloge de ce prince que de laisser à la postérité un récit fidèle des choses qui étaient arrivées en ce temps-là » (Socrate le scolastique (380-440), livre I de l’Histoire de l’Église).

Constantin était un homme pragmatique, calculateur, dont les succès ont pu faire croire qu’il était protégé des dieux, celui des chrétiens et d’autres aussi. Son histoire a été recomposée, vue à travers le prisme de la foi, celle d’un Constantin fantasmé que nous ont laissée les auteurs chrétiens.

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7 janvier, c’est Noël en Russie

Vladimir Poutine a décrété un cessez-le-feu unilatéral, les 6 et 7 janvier, pour Noël. Pourquoi Noël se fête le 7 janvier ?

En réalité, Noël se fête bien le 25 décembre, même dans la Russie orthodoxe. Cette date a été décidée par l’empereur romain Constantin pour harmoniser les fêtes religieuses dans son empire. Le 25 décembre était célébré par les adaptes de Sol Invictus et ceux de Mithra. Les chrétiens ont été priés de s’y conformer.

La Russie utilise le calendrier international comme la plupart des pays… mais seulement depuis le 31 janvier 1918. Auparavant, elle utilisait le calendrier julien, celui de Jules César, qui avait été amendé par le pape Grégoire XIII en 1579. Cette modification, qui alignait le calendrier sur l’astronomie, n’a pas été adopté par l’Église orthodoxe.

Donc, dans les pays orthodoxes (Russie, Serbie, Grèce), on fête le Nouvel an avant la Noël, car ils ont deux calendriers : un calendrier civil (grégorien) et un calendrier religieux (julien).

Remarquons que la révolution bolchévique d’octobre 1917 (le 23) a eu lieu le 7 novembre du calendrier grégorien.

Les apparitions de la Vierge à Fatima (Portugal)

En 1917, à Fatima, au Portugal, la Vierge serait apparue le 13 de chaque mois, pendant 6 mois, à trois enfants incultes mais pieux, bientôt rejoints par des milliers de personnes. Elle aurait confié aux enfants un secret en trois points.
Que s’est-il passé et quels sont ces secrets ?

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Le protestantisme

Au début du XVIe siècle, un moine allemand, docteur en théologie, Martin Luther, donna une interprétation personnelle d’une épître de Paul qui allait entraîner une réaction implacable du Vatican, qui ne voulait rien céder de son pouvoir temporel. Cet acharnement allait entraîner l’Europe dans des guerres dévastatrices entre chrétiens marquées par l’intolérance, le fanatisme et la violence aveugle.

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Avons-nous une âme

Cet article est inspiré du hors série 298 de novembre 2021 du périodique Science & Vie

De tout temps les humains se sont questionnés sur la mort d’un des leurs. Où est passée la vitalité qui animait ce corps maintenant inerte.

L’idée de l’existence de l’âme est associée aux croyances selon lesquelles la vie continue après la mort. Cette idée d’âme est liée à la conviction d’une vie future.

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1571 : La dernière croisade

Contexte géopolitique

Au XVIe siècle l’Empire ottoman ne cesse de progresser vers l’ouest.
En 1522, les Hospitaliers, chassés de Jérusalem avec les Templiers, perdent l’île de Rhodes. Ils s’installent à Malte.
En 1526, la Hongrie est conquise après le bataille de Mohacs. Plus que jamais Vienne est menacée.
En 1566, la république de Gênes perd l’île de Chios.
En 1570, la république de Venise perd l’île de Chypre. Lors du siège de Nicosie, plus de 20.000 habitants sont mis à mort.

Les navires turcs s’aventurent de plus en plus loin à l’ouest et effectuent des raids sur les côtes du sud de l’Italie, alors domaine des Habsbourg qui règnent sur l’Espagne, les Pays-Bas, le Saint Empire germanique, Milan, Naples, la Sicile et les Amériques.
Les Ottomans ont installé des régences à Alger, Tunis et Tripoli d’où partent les corsaires barbaresques qui perturbent le trafic maritime.
L’Empire ottoman est à son apogée. Le commerce en Méditerranée est menacé.

La Méditerranée en 1571. Cette carte est extraite de l’Atlas historique mondial de Christian Grataloup (Les Arènes)

En 1571, le pape Pie V crée la Sainte-Ligue avec Venise dans le but de s’opposer aux Ottomans. Ce n’est plus une croisade offensive, mais défensive. Ils sont bientôt rejoints par l’Espagne de Philippe II, les Hospitaliers de Saint-Jean (Malte) et les Génois. La participation du Vatican n’est pas symbolique, depuis la fin du XVe siècle, le pape possède une armée efficace qui a étendu ses possessions au détriment de ses voisins.

Mais où est la France, « fille aînée de l’Église » ? Depuis François Ier, la France, adversaire des Habsbourg est l’alliée de l’Empire ottoman. Elle se réfugie dans une discrète neutralité.

La bataille

La Sainte-Ligue rassemble une flotte importante : 202 bâtiments dont 6 galéasses, des navires à trois mâts, propulsés par des rameurs et qui embarquent des canons. L’armée compte 30.000 soldats et 50.000 rameurs. La flotte quitte Messine le 16 septembre 1571 en direction de la Grèce et plus spécialement du Golfe de Corinthe où est réunie une flotte ottomane de 230 navires.

Le commandement des chrétiens est confié à don Juan d’Autriche, bâtard de Charles-Quint, demi-frère de Philippe II. Le pape Pie V lui fait remettre un petit reliquaire contenant un morceau de la « Vraie-Croix » pour solenniser la croisade. Il a embarqué sur une frégate légère aux voiles écarlates, la Réale, qui lui permettra de diriger la manœuvre.
La flotte ottomane est dirigée par Ali Pacha, gendre du sultan Sélim II, le fils de Soliman le Magnifique.

Le 7 octobre, la bataille s’engage au large de Lépante. Ce n’est pas à proprement parler une bataille navale, mais un combat de fantassins à distance. Ce qui n’empêche pas des navires d’être coulés par les boulets tirés les galéasses.
Dès la première salve, un mât de la Sultane, le navire amiral ottoman est touché.

Aperçu artistique de la bataille

Le combat cesse vers 17 heures par la victoire de la Sainte-Ligue. Ali Pacha a été tué par un tir d’arquebuse, ses deux fils ont été fait prisonniers. Soixante-huit galères turcs ont été coulées et 118 saisies : la flotte est anéantie. Plus de 30.000 Turcs ont été tués contre 7.500 chrétiens. Des milliers de prisonniers turcs vont connaître les chaînes dans les galères de la chrétienté. En revanche 15.000 esclaves chrétiens ont été libérés.

Conséquences

Le grand vizir, premier ministre du sultan Sélim II aurait dit à un émissaire vénitien : « En s’emparant de Chypre, nous vous avons coupé un bras, en détruisant notre flotte à Lépante, vous nous avez rasé la barbe. Et une barbe rasée repousse avec plus de force. » Effectivement, si la défaite a semé la panique à Constantinople, elle n’a pas affaibli l’Empire ottoman qui n’a perdu aucun territoire. C’est même la république de Venise qui fait la mauvaise opération. Elle ne récupère pas Chypre, et pour relancer son commerce avec l’Empire ottoman, elle doit céder des territoires en Dalmatie (actuellement en Croatie) et doit payer 300.000 ducats, plus de 10 tonnes d’or ! Un ducat vénitien, à l’époque, contient 3,5 grammes de 99,47% d’or fin.

Ducat vénitien

Néanmoins, si la flotte ottomane a été vite reconstituée, la perte de 20.000 marins expérimentés va affaiblir l’Empire qui se contentera de contrôler le trafic maritime dans l’est de la Méditerranée, en laissant le contrôle de l’ouest à l’Espagne. Les corsaires barbaresques ne cesseront cependant d’arraisonner les navires chrétiens pour capturer des esclaves. Ce qui provoquera l’intervention d’une jeune nation, les Etats-Unis qui après avoir bombardé Alger et Tunis (déjà !) signera un traité en 1797 assurant la liberté de commerce contre paiement d’un tribut et la fourniture de quatre navires. Le course ne prendra fin qu’avec l’invasion française en 1830.